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Messiah, une série substantielle / Hyacinthe

Messiah, une série substantielle / Hyacinthe

L’ombre de la nuit Poésie, vie à l’infini   Messiah, une série substantielle  (Première partie)  Par Hyacinthe     C’est par hasard, en cherchant l’étymologie du mot arabe « massih : مسيح », que je suis tombé sur la série Messiah, mise en ligne sur Netflix mercredi 1er janvier 2020. Personne autour de moi ne m’en avait parlé

L’ombre de la nuit

Poésie, vie à l’infini

 

Messiah, une série substantielle

 (Première partie)

 Par Hyacinthe

 

 

C’est par hasard, en cherchant l’étymologie du mot arabe « massih : مسيح », que je suis tombé sur la série Messiah, mise en ligne sur Netflix mercredi 1er janvier 2020. Personne autour de moi ne m’en avait parlé et ce qui a d’autant plus suscité mon étonnement, c’est que nombre de mes amis cultivent, professionnellement et intellectuellement, ce goût pour la religion, la politique, les Écritures saintes, la réécriture de celles-ci et la réécriture en général.

 

Bref, ce manquement est à noter car beaucoup des adeptes de Netflix et des échecs m’ont vite averti de l’existence du Jeu de la dame, série que j’ai vue à trois reprises en tout : deux fois la semaine où je l’ai découverte, une troisième quelques mois après pour me faire une dernière opinion. Mon avis est plutôt positif, mais je n’ai pas été tenté d’écrire dessus, pourtant écrire sur les échecs, étudier les échecs, parties, histoire, anecdotes, fait partie de mes arcs. Pour Messiah, c’est différent. Au bout du troisième épisode, les mots, certains mots se sont imposés à moi et m’ont inspiré l’idée de partager, dans cette rubrique dédiée à la poésie et aux lettres, quelque chose qui ne s’en éloigne pas, du moins qui s’y apparente. Les propos, à la fois clairs et ambigus du personnage central, ce Jésus du XXIème siècle m’ont étonné, ému ; certaines de ses actions m’ont littéralement fait pleurer, comme la scène de la résurrection de l’enfant palestinien sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem. Peut-être cela m’a-t-il rappelé l’enfant Mohammad al-Dorra assassiné sous le regard impuissant de son père le 30 septembre 2000. Mais ce qui est sûr, sans haine aucune, cela m’a fait penser qu’une telle réincarnation, celle d’un nouveau Christ aimant et pacificateur, serait nécessaire en ce millénaire qui, d’année en année, de guerre en pandémie, nous montre que l’homme est un loup pour l’homme.

 

Sans doute la série Messiah, créée par Michael Petroni, qui avait déjà écrit La Reine des damnés (2002), d’après la superbe Ann Rice, et Le Rite (2011), avec l’extraordinaire Anthony Hopkins, met-elle en scène ces déchirements entre les hommes, les religions, la foi et l’absence de foi, cumulés tout au long des siècles derniers. À ce titre, deux scènes, précisément deux face à face sont à analyser comme de véritables scènes de théologie et de jurisprudence. Dans l’épisode 2, intitulé « Celui qui a des oreilles », un premier face à face entre le Messie et l’agent du Mossad Aviram Dahan qui se trouve confondu par le premier qui, en peu de mots, lui rappelle ses paradoxes, notamment le jour où, à Megiddo, il a perdu la foi face à un enfant palestinien. Dans l’épisode 3, « Le doigt de Dieu », c’est face à un autre jeune palestinien que le même agent du Mossad nie l’existence de Dieu en entamant une séance de torture.

 

Ce qui est étonnant dans ces scènes comme dans d’autres, c’est la clarté du propos qui devient ambigu, comme si la vérité n’était pas définitive et que nous ne voyions ni ne savions tout. Est-ce cependant rien qu’il faut dire ? Non, sûrement pas, parce que Messiah, à travers ce superbe jeu d’écritures et de réécritures, ce va-et-vient entre l’hébreu et l’arabe en passant par l’anglais (ou le français quand on regarde la série dans cette langue) est loin de contenir des propos nihilistes. Au contraire, sans prosélytisme ou haine de la religion ou favoritisme pour une religion au détriment des autres, Messiah semble chercher quelque chose d’autre, quelque chose qui, comme ce Christ, qui est loin d’être un Antéchrist, parce que ses propos ne sont pas sataniques et ses actes ne sont ni malveillants ni diaboliques, se trouve au cœur du monothéisme, entre ses trois grandes religions dont il révèle la substance, ou pour ainsi dire qu’il substantialise.

 

Je ne puis me contenter de ces lignes pour parler de ce qui m’a tant plu et ému. Une suite s’impose… À jeudi prochain…

 

 

 

 

Messiah, série Netflix en 10 épisodes de 38 à 56 minutes, créée par Michael Petroni, avec Mehdi Dehbi : Al-Massih ; Tomer Sisley : Aviram Dahan, officier du Mossad ; Ingrid Donnadieu : Eva Geller, officier de la CIA ; John Ortiz : révérend Felix Iguero.

 

 

 

 

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