Mort de Valentino Garavani : disparition d’un maître de la haute couture italienne

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Valentino Garavani au Festival de Cannes 2007 - Photo : Georges Biard / Wikimédia

Valentino Garavani est mort à Rome à l’âge de 93 ans. Fondateur de la maison Valentino, le couturier italien laisse une œuvre majeure qui a marqué durablement la haute couture et l’histoire de la mode internationale.

Valentino Garavani s’éteint à Rome, la haute couture italienne perd l’une de ses figures fondatrices

Par la rédaction

Valentino Garavani est mort à l’âge de 93 ans, ce mardi, dans sa résidence de Rome, entouré de ses proches. L’annonce a été faite par la Fondation Valentino Garavani et Giancarlo Giammetti dans un communiqué officiel. Avec lui disparaît l’un des derniers représentants d’une génération de couturiers qui ont façonné la mode du XXᵉ siècle en la liant durablement à une idée de rigueur, de beauté et de permanence.

Mort de Valentino
Valentino Garavani au Festival de Cannes 2007 – Photo : Georges Biard / Wikimédia

Une chapelle ardente sera installée au PM23, Piazza Mignanelli, à Rome, les mercredi 21 et jeudi 22 janvier, de 11 heures à 18 heures. Les funérailles auront lieu le vendredi 23 janvier à 11 heures, en la basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs, Piazza della Repubblica, à Rome.

Né le 11 mai 1932 à Voghera, dans le nord de l’Italie, Valentino Garavani se forme d’abord à Milan avant de s’installer à Paris en 1949. Il étudie à l’École des Beaux-Arts et à la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, puis fait ses premières armes chez Jean Dessès. Cette immersion parisienne marque durablement son regard, entre discipline du dessin, sens de la coupe et respect du vêtement comme architecture du corps.

De retour en Italie, une rencontre décisive survient en 1960 sur la Via Veneto : Giancarlo Giammetti, alors étudiant en architecture. Leur collaboration, à la fois créative, stratégique et humaine, durera toute une vie. Ensemble, ils fondent la maison Valentino à Rome, avant de présenter en 1962 une première collection remarquée à Florence, qui installe immédiatement le nom Valentino sur la scène internationale.

Au fil des décennies, la maison Valentino s’impose comme l’un des piliers du luxe italien, avec un langage reconnaissable entre tous. Une attention extrême portée aux lignes, aux matières, à la couleur — notamment ce rouge devenu signature — et une vision de la féminité fondée sur l’équilibre plutôt que sur la provocation. Valentino Garavani n’a jamais cherché la rupture spectaculaire. Son travail s’inscrivait dans une continuité, celle d’une élégance pensée pour durer.

Fondée à Rome en 1960, la maison Valentino demeure aujourd’hui l’une des marques de luxe italiennes les plus reconnues, active dans la haute couture, le prêt-à-porter, la maroquinerie et les accessoires. Passée de main en main après le retrait du fondateur, elle conserve un héritage qui continue d’irriguer ses collections, bien au-delà de la présence physique de son créateur.

Ces dernières années, Valentino Garavani revenait régulièrement sur les moments clés de son parcours à travers le compte Instagram Realmrvalentino. La dernière image publiée le montrait sur un podium parisien en 1991, main dans la main avec Yasmeen Ghauri. D’autres archives rappelaient la constance de son regard, comme cette robe en mousseline rose portée par Pat Cleveland dans la collection automne-hiver 1974. Un demi-siècle de création défile ainsi, sans nostalgie excessive, mais avec la conscience d’un travail accompli.

« I know what women want. They want to be beautiful », répétait-il souvent, notamment dans le documentaire Valentino: The Last Emperor. Cette phrase, simple en apparence, résume une vision qui n’a jamais quitté son œuvre : placer la femme au centre, non comme concept abstrait, mais comme présence réelle, à accompagner, à servir, à respecter.

Avec la mort de Valentino Garavani, c’est une certaine idée de la couture italienne qui se referme. Une mode fondée sur le temps long, la précision et le dialogue constant entre tradition et modernité. Son nom demeure, inscrit dans l’histoire d’une élégance qui a traversé les époques sans jamais se dissoudre.

Mort de Valentino Garavani
Valentino à l’hôtel – casino Bellagio de Las Vegas, Nevada – Phto : Monsieur Satterly / Domaine public / Wikimédia

Photo de couverture @ Wikimédia

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Souffle inédit est inscrit à la Bibliothèque nationale de France sous le numéro ISSN 2739-879X.
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