De Petit Pont au Grand Pont, les ponts de Paris racontent l’histoire d’une ville où l’architecture dialogue avec la Seine et le temps, entre utilité et poésie.
Ponts de Paris, paysage de pierre et d’eau
Par Eliane Hurtado
(Extrait de ma thèse de professorat d’arts plastiques)
On ne peut imaginer Paris sans ses ponts. Ils ne sont pas seulement œuvres d’architectes et d’ingénieurs, mais aussi un indice de civilisation. On a vu leur nombre s’accroitre avec elle et diminuer en période barbare.
A l’origine leur construction était étroitement liée à la religion. Pontifex (pontife) désignait les faiseurs de ponts. Le Moyen-âge confiait souvent ces constructions à des religieux. Ces moines, dits frères pontifes fixaient leur résidence à proximité du pont pour entretenir ce dernier et porter aide aux voyageurs, tandis que d’autres religieux faisaient des quêtes pour subvenir à ces frais.
Les ponts qui n’avaient pas été élevé par les frères Pontifes étaient maudits par le peuple, comme étant œuvres du Diable.
A l’aube de son histoire, Paris n’est qu’une bourgade, mais admirablement située au croisement d’une voie fluviale et de voies terrestres.
A l’époque Gauloise, deux ponts de bois permettaient, sur le chemin d’Orléans et le chemin de Soissons, de traverser la Seine. Le plus petit de ces ponts reliait l’ile à la rive gauche, le plus grand, à la rive droite. Pendant des siècles on ne les nommera que Petit Pont et Grand Pont.
Ces ponts barraient à la flottille des Vikings la route fluviale vers la riche Bourgogne. Au XIIème siècle, la corporation des bateliers dite « marchands d’eau de Paris » est plus active, et le bateau qui est leur emblème deviendra la nef héraldique de Paris.
De nos jours, si quelques gros bateaux jaugeant mille tonnes et plus s’aventurent le long des quais, ce sont surtout les péniches qui sillonnent la Seine.
Bien qu’un pont soit surtout une œuvre utilitaire, il doit s’intégrer dans le site, faire corps avec lui, voire dominer.
L’échelle, la forme, la couleur, les matériaux, sont autant de facteur entrant en jeu pour lui permettre de satisfaire ces deux exigences.
La technique moderne permet des hardiesses qui seront acceptables dans la mesure où elles serviront le paysage. Je crois que la pierre qui a une existence presque charnelle l’emportera sur le béton et le métal.
Paris est un cadeau de la Seine, les eaux n’y sont pas un luxe, une magnificence, mais la nature même.






