Huit ans après avoir quitté le cinéma avec Phantom Thread, Daniel Day-Lewis revient avec Anemone (Les Racines du mensonge), sorti le 25 mars 2026. Un retour simple, lié à un projet de famille : le film est réalisé par son fils, Ronan Day-Lewis, pour son premier long métrage.
Avec « Anemone », Daniel Day-Lewis sort de sa retraite dans un drame familial entre mémoire et fractures
Par la rédaction
Le retour de Daniel Day-Lewis ne ressemble pas à un grand événement pensé pour faire du bruit. Il s’inscrit plutôt dans quelque chose de simple et personnel. Le film est écrit à deux, avec son fils Ronan Day-Lewis, et s’appuie sur des thèmes proches : la mémoire, les liens familiaux, ce qui reste du passé.
Le fait de revenir devant la caméra sous la direction de son fils donne une autre tonalité au projet. Ici, Daniel Day-Lewis est plus discret, moins démonstratif. Il semble laisser de la place au regard de Ronan, comme s’il accompagnait davantage qu’il ne dirigeait, dans un film qui cherche encore sa forme.
Une histoire de filiation et de silence
Anemone , sous-titré Les Racines du mensonge dans sa version française, explore les déchirures d’une famille marquée par le conflit nord-irlandais. Ray Stoker, interprété par Day-Lewis, vit retiré du monde, isolé dans une forêt. Son frère, incarné par Sean Bean, vient le retrouver après des années de silence.
Le film progresse lentement, distillant ses informations par fragments. Le passé ne s’explique pas frontalement : il affleure, se suggère, s’impose par touches successives. Cette construction narrative, volontairement opaque au départ, installe une tension diffuse, mais peut aussi désorienter.
Une mise en scène très travaillée
Ronan Day-Lewis filme comme un artiste : la nature est partout : la forêt, l’eau et les tempêtes, avec de belles images, surtout en extérieur.
Mais à force de vouloir soigner chaque plan, le film en fait parfois trop. Certains effets et certaines scènes ralentissent le rythme et rendent l’ensemble un peu plus lourd, malgré une vraie envie de créer quelque chose de fort visuellement.
Deux frères face au passé
Au centre du film, Daniel Day-Lewis reste très présent, sans en faire trop. Son jeu est simple et retenu : beaucoup passe par les silences, les regards, les gestes. Son personnage avance doucement, sans chercher à impressionner.
Face à lui, Sean Bean joue son frère, Jem, celui qui revient pour renouer le lien. Il apporte une présence calme, plus fragile qu’à l’habitude, et avance avec précaution. Entre les deux hommes, tout se joue dans ce qu’ils ne disent pas. Leur relation donne au film ses moments les plus justes et les plus humains.

Un premier film encore en recherche
Anemone porte la marque d’un premier long métrage. L’envie de cinéma est là, visible dans les images et dans le travail sur les ambiances, mais l’ensemble reste inégal. Le film prend parfois son temps et peine à garder une ligne claire.
Le projet retient aussi par sa dimension familiale et par le retour de Daniel Day-Lewis, sans que cela suffise toujours à équilibrer le film.

Fiche technique
- Titre : Anemone (Les Racines du mensonge)
- Réalisation : Ronan Day-Lewis
- Scénario : Ronan Day-Lewis, Daniel Day-Lewis
- Avec : Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton, Samuel Bottomley
- Genre : Drame psychologique
- Durée : 2h06
- Pays : Royaume-Uni / États-Unis
- Sortie : 25 mars 2026
- Distribution : Condor Distribution



