Couleur Framboise : Mehdi Djaadi, un seul-en-scène sensible à La Scala Paris

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Mehdi Djaadi - Photo : Fabienne Rappeneau

À La Scala Paris, Couleur Framboise se présente comme un théâtre simple et proche de la vie. Seul sur scène, Mehdi Djaadi propose un récit personnel qui rejoint quelque chose de plus large. Son écriture semble ancrée dans le réel, avec sincérité, sans chercher à en faire trop.

Couleur Framboise : Mehdi Djaadi, une parole rare sur l’intime masculin à La Scala Paris

Par la rédaction

Le spectacle s’appuie sur une matière délicate : l’impossibilité de devenir père. Un sujet rarement abordé du point de vue masculin, que l’artiste choisit d’explorer avec retenue. Sur scène, il ne semble pas chercher à convaincre ni à émouvoir à tout prix. Il raconte.

Couleur Framboise Mehdi Djaadi
Mehdi Djaadi – Photo : Fabienne Rappeneau

Dire sans démontrer

Dans Couleur Framboise, l’histoire semble avancer simplement, par petites scènes. Les moments s’enchaînent, les voix changent, et tout se répond naturellement. Sur scène, Mehdi Djaadi passe d’un personnage à l’autre avec presque rien, juste un geste, une attitude, une nuance dans la voix.

Le spectacle semble trouver son propre rythme. On sourit souvent, mais le rire reste discret. Il est là pour accompagner, pour alléger. Et puis, l’émotion peut surgir tout doucement et sans bruit.

Masculinité, foi et héritage

Au-delà de l’histoire personnelle, Couleur Framboise explore des sujets plus vastes. Que signifie être un homme aujourd’hui ? Comment trouver sa place face aux pressions de la famille, de la culture et de la religion ?

Le spectacle traite de ces questions sans faire de grands discours. Il les montre à travers les scènes et aussi les moments de silence. La foi, en particulier, est présente de manière subtile mais importante. C’est comme un guide intérieur qui parcourt l’histoire sans jamais s’imposer.

Une présence scénique maîtrisée

La mise en scène de Thibaut Evrard accompagne le texte avec simplicité. Rien n’est exagéré. L’espace reste ouvert, presque vide, pour laisser toute la place aux mots et à l’interprétation.

Dans ce cadre simple, Mehdi Djaadi laisse apparaître une présence calme et attentive. Il ne cherche pas à impressionner. Il parle directement, presque comme s’il se confiait, ce qui peut créer un lien immédiat avec le public.

Une écriture du réel

Ce qui marque, dans Couleur Framboise, c’est la capacité à tenir ensemble plusieurs registres sans les opposer. L’intime et le collectif. Le rire et le doute. Le récit personnel et les questions universelles.

Le spectacle ne propose pas de réponse. Il ouvre un espace. Un espace où l’on peut reconnaître des fragilités, des contradictions, des attentes. Un espace où la parole circule sans être figée.

À La Scala Paris, cette proposition pourrait trouver sa place. Dans une époque où le théâtre oscille souvent entre démonstration et divertissement, Couleur Framboise choisit une voie plus discrète : celle d’une parole tenue, simple, profondément humaine.

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La mention « La rédaction » indique que l'article est préparé par Rami Jamoussi et Monia Boulila.