« Ce qu’il reste de nous » : le destin d’une famille palestinienne sur trois générations

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"Ce qu'il reste de nous", de Cherien Dabis - Photo @ NOUR FILMS

Le film Ce qu’il reste de nous (Ally baqi mink), réalisé par la cinéaste américano-palestinienne Cherien Dabis, sort en salles le 11 mars 2026. À travers l’histoire d’une famille de Jaffa, cette fresque suit près de quatre-vingts ans de destin palestinien, entre mémoire, exil et transmission.

Ce qu’il reste de nous : au cinéma le 11 mars, le nouveau film de Cherien Dabis traverse 80 ans d’histoire palestinienne

Par la rédaction

Un récit familial pour raconter l’histoire palestinienne

Avec son nouveau film, « Ce qu’il reste de nous« , la réalisatrice Cherien Dabis présente son troisième long-métrage. Ce film raconte une grande histoire de famille qui couvre plusieurs décennies de l’histoire palestinienne.

L’histoire commence en 1948, à Jaffa. Charif vit avec sa femme et leurs quatre enfants dans une maison au milieu d’orangers. C’est un homme cultivé, amoureuse des lettres et des livres, il transmet à ses enfants, et notamment à son fils Sélim, le goût de la poésie et de la connaissance.

Mais les bombardements et la violence de la guerre bouleversent leur vie quotidienne. Charif est convaincu que les armées arabes viendront les sauver, et il attend avant de quitter sa terre. Face au danger, il finit par faire partir sa famille vers Naplouse, où un oncle peut les accueillir. Lui, il reste pour protéger sa maison et ses terres. Il est ensuite arrêté par les soldats israéliens et forcé de travailler pour le nouvel État. Il ne reverra jamais sa maison.

Le film suit ensuite la vie de ses descendants à travers des périodes clés : 1948, 1978, 1988 et 2022. Chaque génération est marquée par les conséquences de cette perte de racines.

Entre mémoire, exil et transmission

Le film montre comment les souffrances du passé se transmettent de génération en génération.

Pour Charif, perdre sa terre est un choc profond qui le marque toute sa vie. Son fils Sélim, lui, grandit dans un territoire occupé. Il doit faire face chaque jour à des contrôles, des limitations et des humiliations.

La troisième génération, celle de Noor et des autres jeunes, connaît une autre situation. Elle n’a pas connu le passé heureux de ses grands-parents. Cependant, elle ressent une colère forte, causée par la violence et les difficultés que leurs familles ont subies.

La réalisatrice a choisi de montrer cette histoire de manière simple, sans effets spectaculaires ni longs discours. Elle filme la vie des gens : leur quotidien, leurs relations familiales, leurs gestes de tous les jours. Avec cette approche, le film permet de mieux comprendre ce conflit, qui est souvent présenté de manière réduite dans les médias.

"Ce qu'il reste de nous", de Cherien Dabis
« Ce qu’il reste de nous », de Cherien Dabis – Photo @ NOUR FILMS

Un film né d’une expérience personnelle

L’idée du film est née d’un souvenir d’enfance de Cherien Dabis. Lors de son premier voyage en Palestine, à l’âge de huit ans, sa famille a été retenue longtemps à un poste de contrôle par des soldats israéliens.

Cette expérience marque profondément celle qui allait devenir réalisatrice. Très jeune, elle comprend ce que signifie être palestinien dans un environnement de tensions constantes.

Avec Ce qu’il reste de nous, elle cherche à montrer une dimension humaine à cette histoire, qui est souvent racontée sous un angle politique ou dans les médias. Le film met en lumière la résistance quotidienne, mais aussi la capacité des familles à transmettre leur mémoire et leur dignité.

Une fresque historique et intime

Le film alterne entre des scènes fortes en émotions et des passages plus contemplatifs. Cette manière de construire le récit, un peu comme dans les séries actuelles, fait avancer l’histoire et montre les liens entre les différentes générations.

Plus que la guerre, « Ce qu’il reste de nous » s’intéresse surtout à la façon dont la vie continue : le lien avec une maison, une langue, une culture. Le film se termine sur une idée simple, montrée dans une de ses scènes : préserver son humanité peut être une forme de résistance.

Fiche du film

  • Titre : Ce qu’il reste de nous
  • Titre original : Ally Baqi Mink
  • Réalisation : Cherien Dabis
  • Avec : Saleh Bakri, Cherien Dabis, Adam Bakri
  • Genre : Drame
  • Pays : Allemagne, Chypre, Palestine, États-Unis, Jordanie, Émirats arabes unis
  • Durée : 2h25
  • Sortie en salles : 11 mars 2026
  • Distribution : Nour Films

Synopsis :
De 1948 à aujourd’hui, trois générations d’une famille palestinienne portent les espoirs et les blessures d’un peuple. Une fresque où l’histoire collective rencontre l’intime.

Photos @ Nour Films
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Soleil Launière
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La mention « La rédaction » indique que l'article est préparé par Rami Jamoussi et Monia Boulila.