Sélectionné en compétition officielle pour la Berlinale 2026 « Rose », le nouveau film de Markus Schleinzer avec Sandra Hüller a bouleversé le festival. Dans ce film Sandra Hüller joue le rôle une femme qui a survécu à la guerre de Trente Ans vivant sous l’identité d’un homme
« Rose » de Markus Schleinzer à la Berlinale : Sandra Hüller dans un rôle de femme sous identité masculine au 17e siècle
Par la rédaction
Berlinale 2026 : Sandra Hüller dans « Rose » de Markus Schleinzer
Présenté en compétition officielle à la Berlinale 2026, Rose marque le retour du réalisateur autrichien Markus Schleinzer avec son troisième film ancré dans l’histoire européenne. Ce long métrage retrace le destin d’une ancienne combattante de la guerre de Trente Ans qui, afin de subsister dans une société très traditionnelle, choisit d’adopter une identité masculine au sein d’un village protestant du XVIIe siècle. Le rôle majeur est interprété par Sandra Hüller, une actrice prépondérante du cinéma allemand actuel. Sa présence confère au récit une structure volontairement épurée et concise.
Un film historique sur les normes sociales et l’identité
Le récit du film s’appuie sur des recherches consacrées à des femmes ayant vécu sous apparence masculine à différentes périodes de l’histoire. Installée dans une ferme délabrée, Rose acquiert progressivement la confiance des résidents par son assiduité au travail et sa pratique spirituelle, au point de contracter un mariage convenu avec la fille d’un agriculteur voisin.
Le film met en évidence la rigidité des structures sociales et religieuses de l’époque : le mariage perçu comme transaction, le travail comme preuve d’intégration, et le genre comme contrainte déterminante dans l’accès à la liberté individuelle.
La mise en scène adopte une esthétique rigoureuse : images monochromes, narration sobre, et métrage concis. L’ensemble favorise l’analyse des attitudes et des dynamiques interpersonnelles, au détriment du sensationnalisme dramatique.
Sandra Hüller, un rôle central
Dans ce rôle, Sandra Hüller donne vie à un personnage profondément marqué par les traumatismes de la guerre et par la nécessité vitale de s’intégrer discrètement à un environnement menaçant. Son interprétation se caractérise par une grande sobriété : une économie de dialogue, une gestuelle contenue et une attention constante à ce qui l’entoure.

L’actrice s’inscrit ainsi dans la continuité d’une trajectoire artistique solide au sein du cinéma d’auteur européen. Révélée au début des années 2000, elle s’est affirmée à travers des rôles exigeants, notamment dans « Toni Erdmann », avant d’atteindre une reconnaissance internationale accrue en 2023 grâce à ses prestations remarquables dans « Anatomie d’une chute » et « La Zone d’intérêt ».
Avec « Rose », elle réaffirme son engagement envers des projets où le développement psychologique du personnage prime sur l’éclat de la performance.
Markus Schleinzer : un cinéma de la rigueur
Ancien directeur de casting pour des cinéastes européens, Markus Schleinzer propose une série de films peu nombreux mais de grande qualité. « Rose » reprend les thèmes qu’il avait déjà explorés dans ses films d’avant : l’étude des relations de pouvoir, l’attention portée aux milieux sociaux et une réalisation très contrôlée.
Ce film se caractérise par une écriture courte et un style visuel sobre. Il insiste sur la fidélité historique et la précision des décors. La musique chantée et les images contribuent à installer une ambiance forte et pesante, centrée sur la vie de tous les jours et l’épuisement des rescapés de guerre.
Une œuvre accessible mais exigeante
Sans renoncer à son esthétique rigoureuse, Rose apparaît comme le film le plus accessible de Schleinzer à ce jour. L’histoire reste simple et directe, se concentrant sur l’évolution du personnage principal et ses échanges avec les gens du village.
La relation entre Rose et Suzanna, son épouse, apporte une dimension plus intime au récit, révélant les difficultés d’une société où les identités sont très contrôlées.
À la Berlinale 2026, le film est ainsi perçu comme une contribution forte au cinéma européen actuel : un travail historique attentif aux organisations sociales, porté par la présence continue de Sandra Hüller, dont l’interprétation guide le déroulement de l’histoire sans jamais exagérer.
Photos : Crédits @ Wikimédia
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