À la Maison Européenne de la Photographie, l’exposition American Images de Dana Lixenberg révèle plus de trente ans de portraits et de récits sur l’Amérique.
Dana Lixenberg : l’Amérique intime révélée dans l’exposition American Images à la Maison Européenne de la Photographie Paris
Par Rami Jamoussi
À la Maison Européenne de la Photographie, une exposition intitulée « American Images » met en lumière plus de trente ans de travail de la photographe néerlandaise Dana Lixenberg. Présentée jusqu’au 24 mai 2026, l’exposition offre un regard singulier sur les États-Unis : un regard patient, humain et attentif aux visages.
Avec plus de 200 clichés, l’exposition dévoile une œuvre qui parcourt des mondes très variés. D’un côté, elle présente des portraits de personnes célèbres – comme Tupac Shakur, Whitney Houston ou Prince. De l’autre, on voit des habitants inconnus de quartiers populaires ou de régions isolées. Entre ces deux groupes, Dana Lixenberg crée toujours la même relation : un regard direct et respectueux.

Une photographie lente et immersive
Dana Lixenberg utilise souvent un grand appareil photo spécial (une chambre 4×5). C’est un outil qui demande du temps et beaucoup de concentration. Cette façon de travailler influence profondément sa manière de prendre des photos. Le temps qu’elle passe avec les personnes qu’elle rencontre est très important. Avant de prendre la photo, elle observe attentivement, écoute et dialogue.
Grâce à cette méthode, elle crée des portraits très intenses. Les regards sont vrais, les poses sont simples et naturelles, sans aucun artifice. Les images ne cherchent pas à impressionner, mais elles mettent avant tout en valeur la présence humaine.
Le spectateur a l’impression de rencontrer réellement les personnes photographiées. Cette connexion est au cœur du travail de Lixenberg.

Un projet au long cours
Un des projets principaux de l’exposition est « Imperial Courts », un travail photographique débuté en 1993 dans un quartier d’habitations modestes à Watts, Los Angeles.
En revenant régulièrement à Imperial Courts, Dana Lixenberg inscrit ses portraits dans la durée et donne à voir l’évolution d’une communauté.
À travers ces images, on découvre des enfants qui grandissent, des familles qui évoluent et le passage des générations. Ce projet va plus loin qu’un simple reportage. Il devient une mémoire en images pour cette communauté.
Entre célébrités et anonymes
Un autre aspect intéressant du travail de Dana Lixenberg est sa façon de photographier les célébrités. Dans les années 1990, elle prend des photos pour des magazines internationaux.
Mais ses images de stars ne ressemblent pas aux portraits de célébrités habituellement très mis en scène. Que ce soit pour Tupac Shakur ou Whitney Houston, les photos restent simples et sobres, presque silencieuses.
Les artistes y apparaissent comme des personnes avant d’être des figures célèbres. Cette manière de faire rapproche leurs portraits de ceux des anonymes. Lixenberg supprime ainsi la distance entre les deux mondes.

Photographier l’Amérique autrement
L’exposition American Images offre un autre regard sur les États-Unis. Loin des images toutes faites, Dana Lixenberg photographie une Amérique du quotidien, discrète, parfois fragile, souvent oubliée.
Elle se rend aussi dans des lieux isolés comme Shishmaref, un village d’Alaska menacé par l’érosion et le changement climatique. Là encore, elle s’intéresse d’abord aux habitants, à leur vie et à leur lien avec leur terre.
Au fil de ses projets, Dana Lixenberg compose un portrait sensible des États-Unis. Et derrière chaque photographie, on devine une véritable rencontre.
En parcourant l’exposition à la Maison Européenne de la Photographie, on comprend que le vrai sujet de la photographe n’est pas seulement l’Amérique. Ce sont surtout les personnes qu’elle photographie, leur présence et leur dignité.



