Zanzana… Zanzana / Aymen Hacen

Les jeudis littéraires

Zanzana… Zanzana

Cela fait plusieurs années que nous suivons attentivement l’expérience musicale du groupe Zanzana. D’abord découvert au resto-bar L’Opéra, à Hammamet, Zanzana est devenu pour nous une sorte de pierre de touche de la musique pop-rock en Tunisie.

Commencement 

Et pour cause. En voulant écrire sur Zanzana, une petite recherche s’est imposée sur la Toile, notamment YouTube, et voilà ce que les férus de vraie bonne musique peuvent apprécier, d’autant plus que le cadre spatio-temporel est des plus originaux : le 12 septembre, dans le cadre du Festival SiccaJazz (Le Kef), précisément dans la mine de plomb de Sidi Salem : Zanzana Band invité par SiccaJazz

 

Un style, déjà…

Que Zanzana interprète des airs latinos – à l’instar de l’hommage de Carlos Puebla, Hasta la victoria, Commandante, au moment où le Che quitte le gouvernement cubain, en 1965, pour ouvrir de nouveaux foyers révolutionnaires dans le monde, en l’occurrence au Congo – ou typiques du rock, voire du métal, la maestria est toujours au rendez-vous. Zanzana déploie en effet son identité artistique grâce à une culture pop-rock des plus exigeantes. À ce titre, le spectateur attentif reconnaîtra la griffe de Mark Knopfler, le célèbre guitariste de Dire Straits, dans le jeu, lumineux, du guitariste et chanteur de Zanzana, Maher Jalel.

Il s’agit du « fingerstyle » à la guitare électrique – jeu au doigt en français –, technique ou style reposant sur le pincement et non sur l’utilisation du médiator. Comme le montrent ces différentes séquences

 

Zanzana vs mouche + CO2

Le nom du groupe est Zanzana, qui, en dialectal tunisien, signifie à la fois bourdonnement ou bruit de mouche, ou bruit désagréable en arrière-fond, renvoie également à « la zanzana », qui est le fait de s’asphyxier par dioxyde de carbone alias CO2. Dans les deux cas, celui du bruit ou de l’asphyxie, le groupe tunisien Zanzana n’a rien à voir avec le mot arabe de « zenzena », qui signifie geôle ou cellule de prison. Autrement dit, notre Zanzana se déchaîne comme musique et air frais. D’où notre attachement à Maher Jalel et à ses compères, que nous nommons comme suit :

Zanzana… Zanzana Zanzana… Zanzana  Zanzana… Zanzana Zanzana… Zanzana

Le vertigineux batteur lunetté, Karim Maamouri

L’imperturbable Riadh Bergaoui à l’orgue, que nos enfants l’appellent au conservatoire « Sidi Riadh »

L’inébranlable Ahmed Zouitine à la guitare basse.

Mais nous souhaitons avoir une pensée spéciale, émue même, pour Moez Asmar Ben Abdallah, bien qu’il ait quitté le groupe, comme cela peut souvent arriver. C’est que la voix de Moez Asmar, qui se situe à mi-chemin entre celle de Bob Marley et de Kurt Cobain, ainsi que son jeu éblouissant de la guitare basse, ont toujours fait notre bonheur, et celui des mélomanes.

 

Bientôt 20 ans

En 2023, Zanzana célébrera son vingtième printemps. Nous sommes sûrs que le groupe nous réservera une vraie surprise à l’occasion de son anniversaire. Généralement, en musique, on est mûrs, et plus encore, à l’âge de vingt ans.

Nous souhaitions immortaliser par écrit notre amitié pour Zanzana et ses membres. Ce n’est pas une question de célébrité mais de fidélité. À la vie, à la musique. À chaque spectacle, nous avons chanté et dansé en compagnie de Maher, Karimou, Sid’Ahmed et Sidi Riadh. Chaque fois que le groupe a interprété Losing my religion, du splendide R.E.M, c’était pour nous, pour nous faire vibrer de l’intérieur. C’est une question de musique, de poésie et de vie.

Alors, Zanzana, merci pour tout ça !

 

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