La magie du pinceau de Shu Benru / Michel Benard

Shu Benru, moine, poète, calligraphe et peintre de l’intemporel.

Nous accueillons, dans notre espace Mompezat, siège de la Société des Poètes français, (S.P.F)  une exposition d’exception et de prestige programmée dans le cadre des journées internationales de l’association Confucius rattachée à l’université d’Arras et que nous devons à la poétesse et professeure Madame Jin Siyan, directrice de l’institut Confucius à Arras,  et très active et engagée dans de nombreux échanges culturels. Aujourd’hui nous lui devons ce privilège et extraordinaire bonheur de pouvoir exposer les œuvres remarquables d’un grand maitre et érudit, moine, poète, calligraphe et peintre, Shu Bernu.

 

Voyage étrange

Vivant actuellement en chine, ce haut dignitaire, en tant que moine bouddhiste zen est responsable du temple Jingye sur le mont Zhonghan.

Son œuvre touchant à la perfection, nous invite à un voyage étrange et inconnu où la beauté et la grandeur dominent même à nos regards occidentaux non avisés.

En réalité la calligraphie et la peinture sont des arts majeurs d’un extrême raffinement, de grande exigence, qui ne supportent aucune concession à plus juste titre lorsqu’on est moine dans l’ordre bouddhiste zen. D’ailleurs je devrais dire « chan », car cette branche de pensée est d’origine chinoise et non pas japonaise comme nous serions tentés de le croire.

 

Un chemin singulier

Notre moine calligraphe a emprunté un chemin assez singulier. Après des études de médecine traditionnelle, pleinement récompensées par un brillant doctorat, Shi Bernu se sentit attiré par la pensée philosophique et spirituelle du bouddhisme, en réponse à cet appel il s’orienta vers une formation, puis à une initiation avec de grands maîtres et ermites érudits, jusqu’à enfin devenir moine. Puis parcours presque naturel pour un initié, il prendra la voie calligraphique se révélant être également un engagement spirituel, avec sa discipline jumelle, la peinture.

Originaire de la province de Fujian, au terme de ses études de médecine, il deviendra abbé, maître et moine responsable du temple de Jingye.

Shu Benru à l’espace Mompezat

 

Calligraphie et  peinture

La calligraphie comme la peinture dans l’esprit du bouddhisme zen, participent au même principe, l’œuvre est déjà en premier lieu, une quête spirituelle, un lâché prise, c’est aussi dans la gestuelle le contrôle du vide où le trait prédomine.

Ce trait issu du souffle est d’une extrême poésie, nous nous laissons transporter dans les méandres, les signes inconnus, les paysages perdus révélant la temporalité humaine et la folie arrogante de sa vanité.

La calligraphie et la peinture sont des disciplines à parts entières, des actes transcendants côtoyant le sacré. C’est aussi se placer dans une position intérieure de détachement absolu.

Le calligraphe, imprégné par l’exigence de sa discipline, fait le vide en lui, par le principe de non-action, en état de méditation il transcende le réel et fait parler en lui la voix initiatrice du passé pour saisir dans son geste le présent, « ici et maintenant. »

Il laisse parler l’encre, contraste alterné de la dualité du noir et du blanc.

 

Shu Benru se rapproche de l’essentiel

Pour le peintre-calligraphe il s’agit de s’imprégner de l’essentiel de la vie dans un bourgeon, un roseau, un reflet, un rayon de lune, d’effleurer l’infiniment grand et l’infiniment petit.

Il y a dans l’écriture picturale de Shu Benru un dépassement de la tradition qui se concrétise par une modernité du trait, un voyage intérieur permettant à l’artiste de côtoyer momentanément le nirvana.

C’est une véritable quête au travers de l’observation du quotidien, de la vie, de l’homme, qui souvent apparait dans les œuvres, vulnérable, insignifiant, face à l’univers. Ce qui n’empêche pas cependant l’homme de rivaliser de suffisance et d’orgueil tout aveuglé qu’il est de ses illusions.

L’œuvre calligraphique et picturale de Shu Benru a ce pouvoir que lui confèrent les grands artistes et maîtres au rayonnement universel, bien loin de nos insipidités soi-disant artistiques contemporaines. A ce stade de perfection, l’œuvre peut atteindre tous les publics, érudits, profanes, occidentaux, orientaux, par son authenticité. Shu Benru se rapproche de l’essentiel, d’une certaine forme de la vérité.

Avec Shu Benru, nous sommes placés au cœur d’une sorte d’alchimie de la création, du mystère du geste, de l’élan énergétique ou s’imbriquent érudition et intuition, questionnement et révélation.

 

La magie du pinceau

A partir d’un geste intuitif l’ancien peut devenir contemporain en lui insufflant une impression nouvelle.

A la pointe de son pinceau de soie le temps n’a plus d’emprise sur la calligraphie, le signe, l’idéogramme deviennent éternels.

Une calligraphie ou une peinture chez Shu Benru sont comme une sorte d’autoportrait où toute la personnalité du maître est contenue dans le jeu de l’écriture.

L’inconscient révèle les signes masqués, les formes voilées, ici la notion de temps s’estompe, seule l’énergie peut se métamorphoser dans une pensée, un poème.

Il faut simplement lâcher prise et se laisser transporter par la magie hypnotique et énigmatique de la ligne.

Tout repose sur la maitrise : « Celui qui est maître de lui-même est plus grand que celui qui est le maitre du monde. » Bouddha.

 

Michel Bénard

 

Shu Benru à l’espace Mompezat

Peinture

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