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Entretien avec Antonino d’Esposito / Hyacinthe

Entretien avec Antonino d’Esposito / Hyacinthe

L’ombre de la nuit Poésie, vie à l’infini         Entretien avec Antonino d’Esposito : « Je pense que la littérature italienne contemporaine est en train de chercher son maître ou sa maîtresse de référence »   Né le 27 juin 1988, Antonino d’Esposito est traducteur de l’arabe vers l’italien et du français vers l’italien. Docteur

L’ombre de la nuit

Poésie, vie à l’infini

 

 

 

 

Entretien avec Antonino d’Esposito :

« Je pense que la littérature italienne contemporaine

est en train de chercher son maître ou sa maîtresse de référence »

 

Né le 27 juin 1988, Antonino d’Esposito est traducteur de l’arabe vers l’italien et du français vers l’italien. Docteur en traduction de l’Université L’Orientale de Naples, musicien diplômé en violon et alto, il enseigne le français à l’institut pour l’hôtellerie de Vico Equense, à la province de Naples.

Il est membre des éditions italiennes MReditori : https://mreditori.it/

 

 

Rencontre

 

Hyacinthe : Vous êtes l’un des rares éditeurs italiens à publier systématiquement des auteurs arabes qui ne soient forcément connus ou reconnus par la nomenklatura. Comment choisissez-vous vos auteurs ? Comment travaillez-vous en tant qu’éditeur ?

 

Antonino d’Esposito : Même si nous avons publié et allons publier des auteurs de renom, tel que Talal Haidar, notre objectif est celui de donner voix aux écrivains arabes jeunes ou peu connus dans le panorama italien. Surtout, nous pensons que c’est important de faire confiance à tous les écrivains qui se heurtent aux schémas traditionnels et en subissent les conséquences. En général, nos traducteurs sont les « dealers » des livres que nous publions. Les contacts directs avec des écrivains, studieux et académiques, nous fournissent beaucoup de noms parmi lesquels choisir.

 

Hyacinthe : Poète et traducteur de poésie, comment travaillez-vous ?

 

Antonino d’Esposito : Plutôt que poète, je préfère dire que parfois j’écris des poèmes, en particulier en napolitain. Quand je pense au mot « poète », me viennent à l’esprit Leopardi, Qabbani, Bonnefoy et beaucoup d’autres face auxquels je disparais. En tant que soi-disant poète, je travaille à l’improviste, j’écris ce qui surgit à l’intérieur de moi et je le confie au papier. En tant que traducteur, mon travail se fait plus méthodique, précis et ciselé. La traduction a un enjeu fondamental : être un pont entre deux cultures !

 

Hyacinthe : Quels sont vos modèles, références et maîtres à penser aussi bien littéraires que politiques ? De quel œil voyez-vous la littérature (arabe, française et italienne) contemporaine ?

 

Antonino d’Esposito : Mes modèles littéraires sont nombreux ; pour la poésie je regarde principalement aux grands poètes italiens (Leopardi, Foscolo, Montale, Ungaretti) ; mais, sans doute, la grande littérature mondiale ne m’échappe pas, j’adore par exemple Kafka, Alice Munro, Ghassan Kanafani, Albert Camus. Pour ce qui concerne la politique, je plaide le cinquième amendement ; la politique italienne me déçoit chaque jour ! Heureusement que la littérature existe et nous vient en aide ! Je pense que la littérature arabe, répandue du Maroc à l’Iraq, offre au monde un immense trésor à découvrir : c’est un univers peu connu qui, d’après moi, vit actuellement un perpétuel printemps. Les lettres françaises sont également vivantes grâce au flux francophone qui ne cesse d’inonder les rayons des libraires. Par contre, je pense que la littérature italienne contemporaine est en train de chercher son maître ou sa maîtresse de référence.

 

Hyacinthe : Si vous deviez tout recommencer, quels choix feriez-vous ? Si vous deviez incarner ou vous réincarner en un mot, en un arbre, en un animal, lequel seriez-vous à chaque fois ? Enfin, si un seul de vos textes devait être traduit dans d’autres langues, en arabe par exemple, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

 

Antonino d’Esposito : Si je devais tout recommencer, je choisirais le violoncelle et non le violon. C’est peut-être le seul changement que je ferais dans ma vie. Quand je m’approchai de la musique classique pour la première fois, j’en savais très peu. Côté réincarnation, j’aimerais renaître : en tant que mot « عاشق » la racine arabe ع/ش/ق m’a toujours fasciné ; comme arbre je choisis le citronnier, symbole de ma terre avec ses fleurs au parfum enivrant ; comme animal je choisirais un être de la mer, un dauphin, une baleine, un requin aussi pour m’éloigner le plus possible des hommes et errer dans l’eau.

J’aimerais infiniment voir mes poèmes napolitains traduits en arabe; c’est en napolitain, je pense, que ma voix intérieure s’exprime parfaitement.

 

 

 

 

 

 

 

1 Commentaire
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1 Commentaire

  • Rekik ahmed
    22 juillet 2021, 15 h 56 min

    Merci pour cet entretien si attachant par sa sensibilité et surtout par la sincerité des reponses et des reflexions .

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