Fondé en 1626 comme Jardin royal des plantes médicinales, le Muséum national d’Histoire naturelle fête en 2026 ses 400 ans. À travers quatre siècles d’histoire scientifique, l’institution a façonné une manière singulière d’observer, de classer et de transmettre le savoir sur le vivant, tout en se positionnant aujourd’hui au cœur des grands enjeux contemporains liés à la biodiversité.
Le Muséum national d’Histoire naturelle
De l’observation du monde à la science du futur, 400 ans d’une institution en mouvement
Par la rédaction
Quatre siècles pour construire un regard scientifique sur la nature
L’histoire du Muséum national d’Histoire naturelle commence officiellement le 6 janvier 1626, lorsque Louis XIII consacre par édit royal la création du Jardin royal des plantes médicinales. Implanté dans les faubourgs de Paris et inauguré en 1640, ce jardin répond alors à un objectif précis : former les médecins et étudier les vertus thérapeutiques des plantes. Mais très tôt, le lieu dépasse ce cadre utilitaire pour devenir un espace d’observation plus large de la nature.
Au fil du XVIIᵉ et du XVIIIᵉ siècle, le jardin s’affirme comme un centre intellectuel majeur. La botanique, la zoologie et la minéralogie y prennent une place croissante, portées par des savants qui conçoivent la nature comme un système à décrire, à classer et à comprendre. La figure du comte de Buffon marque durablement cette période : pendant près de cinquante ans, il contribue au rayonnement de l’institution et impose une ambition encyclopédique, où l’observation minutieuse nourrit une réflexion globale sur le vivant.
La Révolution française constitue un tournant décisif. En 1793, la Convention crée officiellement le Muséum d’Histoire naturelle. L’institution devient alors un lieu public, dédié à la recherche, à l’enseignement et à la diffusion des savoirs, incarnant une science accessible et inscrite dans le projet républicain. Les XIXᵉ et XXᵉ siècles voient défiler de grandes figures scientifiques — Cuvier, Lamarck, Jussieu, Saint-Hilaire, Chevreul, Becquerel ou encore Théodore Monod — dont les travaux lient étroitement l’histoire du Muséum à celle des sciences naturelles.
Progressivement, le Muséum élargit son champ d’action bien au-delà du Jardin des Plantes. Jardins botaniques, stations marines, réserves zoologiques et sites de recherche s’ajoutent à ses implantations. L’ouverture du Parc zoologique de Paris en 1934, puis du Musée de l’Homme en 1938, illustre cette volonté d’articuler recherche scientifique, patrimoine et transmission au grand public. Aujourd’hui, le Muséum regroupe douze sites en France métropolitaine et conserve des collections naturalistes parmi les plus importantes au monde.
Un héritage scientifique tourné vers les enjeux du XXIᵉ siècle
Fêter quatre cents ans d’existence ne revient pas, pour le Muséum, à figer son histoire dans une célébration patrimoniale. L’année 2026 s’inscrit au contraire dans une dynamique tournée vers l’avenir, où l’institution affirme son rôle central face à l’effondrement de la biodiversité et aux bouleversements environnementaux contemporains.
Centre scientifique de premier plan, le Muséum pilote aujourd’hui des programmes de recherche d’envergure internationale. Le projet DIVE-Sea, intégré au programme ATLASea, vise la constitution d’un atlas des génomes marins afin de mieux comprendre la diversité et l’évolution du vivant océanique. Dans le même temps, le programme DynaBIOD s’intéresse à la biodiversité terrestre, en étudiant l’évolution des plantes et des invertébrés sous la pression croissante des activités humaines.
Ces travaux s’appuient sur un réseau de sites, de laboratoires et de chercheurs, mais aussi sur une conviction ancienne : la science ne peut progresser sans partage. Depuis ses origines, le Muséum favorise les échanges entre chercheurs et citoyens. En 2026, cette dimension participative se renforce avec de nouveaux programmes de sciences citoyennes, notamment autour de l’observation des insectes, invitant le public à contribuer directement à la recherche.
La programmation anniversaire prolonge cette ambition. Tout au long de l’année, expositions, événements scientifiques, rendez-vous culturels et contenus numériques viendront rappeler que le Muséum demeure un lieu vivant, en dialogue constant avec la société. Le Jardin des Plantes, habillé aux couleurs des 400 ans, deviendra un espace de médiation sensible, mêlant histoire, botanique et usages contemporains des plantes. L’exposition Artistes au Muséum, présentée à l’automne 2026 à la Grande Galerie de l’Évolution, mettra en lumière quatre siècles de relations entre création artistique et sciences naturelles.

À l’aube de son cinquième siècle, le Muséum national d’Histoire naturelle poursuit ainsi une mission inchangée dans ses principes, mais renouvelée dans ses moyens : étudier le vivant, transmettre le savoir et éclairer les choix collectifs. Héritier d’une longue tradition scientifique, il s’affirme plus que jamais comme un acteur clé pour penser notre rapport au monde naturel et préparer les réponses aux défis à venir.




