À l’occasion des 150 ans de la naissance de Constantin Brancusi, la Galerie Negropontes propose un regard sur Brancusi à travers un cycle d’expositions inédites, explorant la persistance et l’actualité de son héritage artistique.
Un regard sur Brancusi, l’écho des formes : art et design en dialogue à la Galerie Negropontes Paris
Par la rédaction
À l’occasion des 150 ans de la naissance de Constantin Brancusi, la Galerie Negropontes inaugure en 2026 un cycle d’expositions ambitieux intitulé Un regard sur Brancusi. Déployé entre Paris et Venise, ce programme propose une relecture contemporaine de l’héritage du sculpteur à travers un dialogue subtil entre photographie, art et design. Le premier volet, Art et Design, présenté à Paris du 16 janvier au 18 avril 2026, ouvre ce cycle sous le signe de la correspondance formelle et sensible.
Au cœur de l’exposition, les photographies de Dan Er. Grigorescu consacrées à l’œuvre de Brancusi occupent une place centrale. Réalisées entre 1964 et 1967, ces images ne cherchent ni à documenter ni à illustrer les sculptures du maître, mais à en capter l’essence. Photographe autodidacte, Grigorescu développe un regard à la fois rigoureux et méditatif, multipliant les prises de vue d’une même œuvre sous des lumières et des angles variés. Le noir profond, les contrastes marqués et l’économie de moyens isolent la sculpture de tout contexte, pour en révéler la tension intérieure, la condensation de lumière et la géométrie vivante.
Ce regard photographique, qui fait écho à la manière dont Brancusi lui-même photographiait ses œuvres, devient le fil conducteur de l’exposition. Autour de ces images emblématiques s’articulent des créations contemporaines d’artistes et de designers représentés par la Galerie Negropontes. L’exposition fait ainsi émerger un réseau de correspondances où les formes, les matières et les volumes dialoguent à travers le temps.
La photographie de Mademoiselle Pogany, visage réduit à une énergie lumineuse et polie, trouve un prolongement naturel dans la table basse en onyx de Gianluca Pacchioni, dont la silhouette sculpturale prolonge la douceur et la continuité des lignes. Les Fruits étranges de Perrin & Perrin, par leurs volumes resserrés et polis, captent la lumière avec la même intensité, tandis que la table d’appoint Gesto de Claudia Campone, taillée dans la pierre de lave, introduit une dynamique subtile par la torsion de ses formes arrondies. Le miroir Muse d’Hervé Langlais, avec son ovale allongé et sa surface polie, évoque quant à lui La Muse endormie, dans une réinterprétation contemporaine de la pureté des courbes.

Le rapport intuitif de Brancusi au matériau, cette capacité à percevoir la sculpture déjà contenue dans le bloc, résonne fortement dans la pratique de Mauro Mori. Sculpté dans la masse d’un bois d’Albizia soigneusement sélectionné, son banc Cuddle Long déploie une ligne continue et organique, presque accueillante, comme si la forme avait attendu d’être révélée.
Cette logique de correspondance se poursuit autour du Baiser, sculpture emblématique de la fusion des corps. La photographie de Grigorescu dialogue ici avec les bronzes patinés de Perrin & Perrin, dont la densité et l’unité des volumes prolongent l’idée de tension intérieure contenue. La tapisserie Pinton, réalisée d’après un carton de Pierre Dimitrienko, transpose cette intensité dans la matière textile, tandis que les sculptures Scudo de Mauro Mori et le duo Forêt intérieure — œuvre collective mêlant bois brûlé et cristal — explorent, chacune à leur manière, la notion d’unité et de dualité.

La verticalité essentielle du Torse, ramené à l’épure par l’objectif de Grigorescu, trouve un écho dans le miroir Ciel et Terre d’Hervé Langlais, dressé entre ancrage terrestre et élévation. Les céramiques de Linda Ouhbi, aux silhouettes doucement galbées, prolongent cette réduction formelle où la courbe et la ligne suffisent à suggérer une présence presque corporelle. Enfin, les multiples visions de la Colonne sans fin dialoguent avec les sculptures modulaires de Mauro Mori, dont les géométries répétées interrogent la tension entre rigueur et organicité.
Un regard sur Brancusi – Art et Design ne se contente pas de célébrer une figure majeure de la modernité. L’exposition met en lumière la vitalité d’un héritage qui continue d’irriguer la création contemporaine. À travers le regard de Grigorescu et les œuvres qui lui répondent, la Galerie Negropontes propose une lecture renouvelée de Brancusi, attentive aux résonances silencieuses entre forme, matière et pensée.
Agenda
Un regard sur Brancusi – Art et Design
Galerie Negropontes, Paris
Du 16 janvier au 18 avril 2026
14–16 rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris



