Peaky Blinders : The Immortal Man (Peaky Blinders : L’Homme immortel) sort le 20 mars sur Netflix. Situé en 1940, le film confronte Tommy Shelby à son fils Duke, dans une Angleterre gagnée par la tentation fasciste. Une conclusion tendue et familiale pour la saga créée par Steven Knight.
Peaky Blinders: The Immortal Man , l’héritage de Tommy Shelby
Par la rédaction
Sortie le 20 mars sur Netflix, Peaky Blinders: The Immortal Man signe le grand retour de Tommy Shelby, plus d’une décennie après les débuts de la série emblématique. Conçu comme l’ultime chapitre de cette saga, le long-métrage nous plonge en 1940, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. L’ordre mondial est bouleversé, entraînant dans ce tourbillon le destin d’une famille.
Créée par Steven Knight et portée à l’écran par Cillian Murphy, la série raconte l’ascension d’un clan criminel de Birmingham dans l’Angleterre d’après-guerre. Ce film, sous la direction de Tom Harper, oriente la narration vers une sphère plus personnelle et aux enjeux politiques, explorant la thématique cruciale de la transmission.
Un père face à son fils
Tommy Shelby a visiblement vieilli. Les cheveux sont gris et son regard est devenu encore plus impénétrable. Il donne l’impression de s’être éloigné de ses anciennes occupations. Cependant, le poids du passé ne disparaît jamais vraiment.
Barry Keoghan incarne Duke Shelby, le fils né hors mariage, qui a désormais pris la tête des Peaky Blinders. Ce jeune homme ambitieux, peu enclin à respecter les anciennes coutumes, cherche à accroître son emprise. Pour cela, il n’hésite pas à envisager des alliances potentiellement dangereuses.
Dans la bande-annonce, Ada Shelby, toujours incarnée par Sophie Rundle, interpelle son frère en lui faisant remarquer que son fils gère les Peaky Blinders avec une approche digne de 1919. L’histoire semble ainsi se rejouer, mais au sein d’un monde qui a considérablement évolué.
1940 : la tentation fasciste
L’histoire se déroule dans une Grande-Bretagne où les mouvements fascistes gagnent du terrain. Un personnage incarné par Tim Roth offre à Duke une alliance politique en contrepartie d’un soutien à l’Allemagne nazie.
Le film dépasse la simple question du pouvoir criminel pour explorer celle du pouvoir idéologique. L’enjeu central n’est plus de déterminer qui domine Birmingham, mais plutôt de savoir quelle action entreprendre lorsque l’Histoire impose des choix cruciaux.
Tommy, qui a passé sa vie à manipuler les rapports de force, se retrouve face à une menace qu’il ne peut pas acheter.
Le retour au Garrison
La bande-annonce révèle Tommy franchissant une nouvelle fois les portes du Garrison Pub. Bien plus qu’un simple arrière-plan, cet établissement incarne le véritable cœur de la série, son point d’ancrage initial.
Revenir au Garrison symbolise un retour aux sources, mais aussi la constatation que le temps a laissé sa marque. Les physionomies ont changé, tout comme les allégeances.
Autour de Cillian Murphy, plusieurs personnages emblématiques de la série sont présents : Stephen Graham, Ned Dennehy, Packy Lee. De nouvelles recrues rejoignent le casting, notamment Rebecca Ferguson. Cependant, une absence notable suscite des interrogations : Arthur Shelby ne fait pas partie des premières images.
Une conclusion… et un passage de relais
Peaky Blinders: The Immortal Man est présenté comme la conclusion de la saga. Pourtant, l’univers ne s’arrête pas là. Une nouvelle série située en 1953 serait en préparation. Une autre génération pourrait prendre la suite.
Le film s’impose ainsi comme une passerelle. Il marque la fin d’une période et ouvre la voie à la suivante.
Ce que raconte vraiment le film
Le titre interroge. Qui est The Immortal Man ( l’homme immortel ) ?
Tommy Shelby ? Son nom ? Ou le mécanisme du pouvoir lui-même ?
Depuis 2013, le personnage a survécu aux guerres, trahisons, et deuils. Il a toujours réussi à s’extirper des situations les plus périlleuses. Cependant, dans cette nouvelle œuvre, le conflit ne se limite plus au monde extérieur. Il devient familial, profondément intime.
Le personnage de Duke incarne une génération qui n’a pas connu la brutalité des conflits mondiaux. Il ne porte pas les mêmes stigmates. Son rapport à la violence est distinct : plus direct, dénué du lourd héritage du passé.
Le film semble ainsi soulever une question essentielle : que transmet-on à ses enfants ? Un empire ? Une ligne de conduite ? Ou bien une blessure ?
La véritable pérennité ne réside peut-être pas dans l’existence d’un homme, mais plutôt dans la transmission d’un héritage. Un système de domination qui mute, s’adapte et change constamment de façade. Tommy Shelby peut vieillir et s’effacer, mais le pouvoir, lui, perdure.
Dans un contexte marqué par la montée des extrémismes, le retour de la saga « Peaky Blinders » prend une signification particulière. La narration fictive se mêle à la réalité historique, et le récit légendaire se mue en une mise en garde.



