Présenté en première mondiale au Festival de Cannes 2026, The Man I Love (L’homme que j’aime) d’Ira Sachs bouleverse avec un Rami Malek habité dans un drame intime sur le sida et l’amour dans le New York des années 80.
Festival de Cannes 2026 : Rami Malek au sommet dans The Man I Love le nouveau drame d’Ira Sachs
Par la rédaction
Au cœur de la 79e édition du Festival de Cannes 2026, un film a profondément marqué les festivaliers par sa délicatesse et sa douleur silencieuse : The Man I Love, le nouveau long métrage du réalisateur américain Ira Sachs.
Présenté en compétition officielle et dévoilé en première mondiale le 20 mai 2026 au Grand Théâtre Lumière, le film s’est rapidement imposé comme l’une des œuvres les plus humaines et émouvantes de cette édition.
Sur le tapis rouge, l’équipe du film a attiré tous les regards : Rami Malek, Rebecca Hall, Tom Sturridge, Ebon Moss-Bachrach ou encore Luther Ford ont foulé les marches sous les applaudissements. Parmi les invités aperçus lors de cette montée des marches figuraient également Demi Moore, Halsey et Chloé Zhao.
Dans le New York de la fin des années 1980, The Man I Love raconte l’histoire de Jimmy George, un artiste de performance incarné avec beaucoup de sensibilité par Rami Malek. Fragile, malade, mais encore profondément vivant, Jimmy traverse une période où chaque instant semble suspendu entre l’espoir et la fin.
À une époque où le sida faisait encore peur et restait entouré de silence, il essaie malgré tout de continuer à aimer, créer, sortir, ressentir et profiter des moments qui lui restent.

Ira Sachs filme cette histoire avec beaucoup de douceur et de retenue. Le mot « sida » est rarement prononcé. Tout passe par les regards, les silences, les corps fatigués et les émotions contenues. C’est ce qui rend le film si touchant. Jimmy apparaît comme un homme épuisé, parfois perdu, mais qui garde encore en lui un immense besoin d’amour et de beauté.
Autour de lui, il y a Dennis, son compagnon joué par Tom Sturridge, sa sœur Brenda interprétée par Rebecca Hall, et plusieurs proches qui tentent chacun, à leur manière, de rester présents. Certains protègent trop, d’autres aiment avec urgence, comme s’ils voulaient retenir le temps.
Sans grands discours, The Man I Love parle surtout de la fragilité humaine, de l’amour face à la peur et de ces liens qui deviennent encore plus forts quand la vie semble nous échapper.
Avec cette œuvre, Ira Sachs approfondit sa réflexion sur le désir, l’intimité et les relations humaines, fils conducteurs récurrents de son cinéma. Mais ici, le cinéaste aborde une dimension encore plus profonde : la mémoire d’une génération durement touchée par l’épidémie du VIH dans les années 1980. Puisant dans ses souvenirs personnels du New York artistique de cette période, Sachs dépeint la maladie non sous un angle clinique, mais comme une épreuve profondément humaine et émotionnelle.
La musique occupe également une place essentielle dans le film. Rami Malek y chante notamment des morceaux qui ponctuent l’histoire, offrant de véritables bouffées d’émotion, dont la chanson de George Gershwin qui donne son titre au film. Ces instants musicaux insufflent une tendresse surprenante au cœur de la souffrance.
Avec ses images douces, ses lumières mélancoliques et sa façon très délicate de filmer les visages et les corps, The Man I Love touche profondément sans jamais en faire trop. Plus qu’un simple drame, le film parle du temps qui reste, de la peur de partir, mais surtout du besoin de continuer à aimer et à se sentir vivant jusqu’au bout.
Ira Sachs signe un film sobre, sensible et profondément humain, où chaque silence compte autant que les mots.
À Cannes, beaucoup de critiques saluent déjà l’une des plus grandes performances de la carrière de Rami Malek. L’acteur livre une interprétation très intérieure, pleine de fragilité et d’émotion. À travers un regard, une respiration ou une simple démarche, il fait ressentir toute la douleur et la solitude de son personnage.
Dans cette édition 2026 du Festival de Cannes, The Man I Love s’impose comme un film fort et émouvant, à la fois douloureux et lumineux, qui rappelle combien la vie reste précieuse même dans ses derniers instants.




