Du documentaire historique à la fiction philosophique, Mohamed Jamel Nefzi construit une œuvre où la mémoire occupe une place centrale.
Mohamed Jamel Nefzi : « Le cinéma est une mémoire en mouvement »
Entretien conduit par Monia Boulila
Mohamed Jamel Nefzi est un réalisateur et producteur tunisien, fondateur d’Akkad Productions. Son travail explore les liens entre cinéma, mémoire et histoire, à travers des documentaires, des clips musicaux et des projets de fiction. Dans cet entretien accordé à Souffle inédit, le réalisateur tunisien revient sur son parcours, ses films et ses projets à venir.
M.B : Vous avez d’abord étudié l’anglais avant de bifurquer, dès 2011, vers le cinéma. Quel a été le déclic ou l’urgence personnelle qui vous a poussé à quitter les mots pour le langage des images ?
Mohamed Jamel Nefzi : La vraie réponse à cette question commence dans une salle de cinéma à Tunis. Mon père avait une passion sincère pour le cinéma mondial, et pour le western en particulier. Nous y allions ensemble lorsque j’étais enfant, et je repartais à chaque fois avec la même interrogation : comment fabrique-t-on ces scènes ? Comment un seul cadre peut-il contenir autant de présence ?
Parmi les films qui m’ont marqué, il y a Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone. Je l’ai découvert très jeune, sans comprendre la langue, mais l’image suffisait.
La route vers le cinéma n’a pourtant pas été directe. Après mon baccalauréat à l’Institut Alaouïte de Tunis, j’ai étudié la langue et la littérature anglaises à Gabès. Cette période m’a apporté une vraie autonomie et m’a surtout permis de comprendre que la langue que je cherchais n’était pas écrite.
À partir de là, le choix du cinéma s’est imposé naturellement. Mon inscription au Centre Technologique de Formation à Tunis pour étudier la réalisation audiovisuelle était moins un changement de direction qu’une confirmation.

M.B : Vos premiers pas se font à Tunisia World TV, où vous réalisez en 2013 le documentaire Du Jeudi Noir au Vendredi du Départ. Qu’est-ce que cette expérience télévisuelle post-2011 vous a appris ?
Mohamed Jamel Nefzi : Mon expérience à Tunisia World TV s’est construite entre le hasard et la nécessité. Après ma première année en réalisation, je devais effectuer un stage dans un organisme médiatique ou une société de production. Sur les conseils de l’un de mes professeurs, Salem Aloulo, j’ai intégré Tunisia World TV, l’une des premières chaînes privées à voir le jour en Tunisie après la Révolution.
J’avais commencé en stage, mais j’ai rapidement poursuivi l’aventure en parallèle de mes études. J’y ai travaillé en prise de vue, montage et régie, ce qui m’a permis de comprendre le fonctionnement de la télévision de l’intérieur. Cette diversité de fonctions a constitué une part essentielle de ma formation initiale.
Avec le temps, l’on m’a confié le poste d’assistant réalisateur pour des émissions en direct et enregistrées. C’est à cette période que j’ai réalisé mon premier documentaire : Du Jeudi Noir au Vendredi du Départ. J’y abordais la Révolution tunisienne comme le résultat d’accumulations historiques sur le long terme, en plaçant le peuple au cœur du récit.
Diffusé alors que j’étais encore étudiant, ce documentaire a marqué un véritable tournant dans mon parcours. Pour la première fois, la formation académique rencontrait la pratique et ouvrait des questions auxquelles je reviens encore aujourd’hui sur le rapport entre l’image, l’histoire et le récit documentaire.
M.B : Pourquoi avoir fondé votre propre structure, Akkad Productions ? Était-ce pour une liberté totale, ou pour d’autres raisons ?
Mohamed Jamel Nefzi : Après ma période de formation, mon travail à la télévision et plusieurs stages dans l’industrie cinématographique, j’ai commencé à comprendre de l’intérieur le fonctionnement de la production audiovisuelle, mais aussi les contraintes qui peuvent peser sur les choix artistiques. Cette expérience m’a convaincu que ce à quoi j’aspirais nécessitait un cadre indépendant.
Vers l’âge de vingt-sept ans, j’ai fondé Akkad Productions. C’était moins une réaction qu’une décision mûrie : passer du rôle d’exécutant à celui d’un créateur assumant pleinement ses projets et ses responsabilités.
Le choix du nom est un hommage au réalisateur syro-américain Moustapha Akkad, auteur de La Messagère de Dieu et de Lion du désert. Son parcours, sa persévérance et son attachement à ses convictions malgré les obstacles ont constitué pour moi une référence importante.
Fonder Akkad Productions a marqué un tournant : construire un parcours selon une vision personnelle, étape par étape.
M.B : Votre travail touche beaucoup à l’histoire. Considérez-vous le cinéaste d’abord comme un gardien de la mémoire collective ?
Mohamed Jamel Nefzi : Je conçois le cinéma comme une forme de mémoire, mais pas au sens muséal ou documentaire figé. Ce n’est pas une archive neutre, mais une mémoire qui se réécrit à travers la sensibilité de son auteur et à travers son propre temps.
Quand on parle de « gardien de la mémoire », une question m’interpelle aussitôt : qui choisit ce qui est conservé ? Et qui décide de ce qui est oublié ? Je ne me considère pas comme un historien au sens strict, mais comme un témoin qui travaille sur la mémoire et lui donne une forme visuelle.
Mon intérêt pour l’histoire et la mémoire vient du sentiment que beaucoup de détails qui font sens dans la vie quotidienne sont menacés de disparaître. Dans ce contexte, le travail cinématographique devient une tentative de saisir ce qui peut se perdre — qu’il s’agisse d’un événement, d’une sensation ou d’un instant fugace au sein d’une société.
Mais je ne conçois pas le cinéma comme une opération de « sauvetage » du temps. Il est plutôt une manière de le remettre en jeu. Parfois, l’image révèle des choses que nous ne percevions pas dans leur moment originel.
Le cinéma est donc lié à la mémoire, mais il n’en est pas le gardien au sens littéral. Il est une mémoire en mouvement, sans cesse reformulée et ouverte à l’interprétation.

M.B : En 2019, vous présentez aux JCC 130 ans d’Alaouites, un film sur cet établissement mythique où vous avez d’ailleurs passé votre baccalauréat. Pourquoi ce documentaire, et comment avez-vous géré cette double approche, à la fois historique et personnelle ?
Mohamed Jamel Nefzi : L’idée derrière 130 ans d’Alaouïtes ne remonte pas à 2019, mais à 2012. Cette année-là, je suis retourné à l’Institut Alaouïte avec quelques anciens camarades. Le lien qui nous unissait à cet endroit n’était pas fait de simples souvenirs scolaires, mais d’une formation humaine qui n’avait jamais vraiment pris fin.
À cette occasion, j’ai rencontré des membres de l’association des anciens élèves qui travaillaient à préserver la mémoire de l’établissement. J’ai alors découvert qu’un projet de film consacré à l’histoire de l’Institut était évoqué depuis plusieurs années sans avoir trouvé sa forme définitive. On m’a proposé d’y réfléchir.
Avec la création d’Akkad Productions en 2015, cette idée est devenue un véritable projet. J’avais le sentiment que l’Institut Alaouïte n’était pas seulement un souvenir personnel, mais une part de la mémoire éducative et nationale tunisienne. J’ai entrepris un travail de recherche et recueilli de nombreux témoignages.
Le film a demandé près de quatre années de travail. Au bout du compte, il ne s’agissait pas seulement d’un documentaire sur un établissement scolaire, mais d’une réflexion plus large : comment l’école participe-t-elle à la construction d’une société ? Et comment le cinéma peut-il rouvrir certaines questions que nous croyions réglées ?
M.B : La pandémie explique-t-elle à elle seule le parcours de diffusion de 130 ans d’Alaouïtes, ou révèle-t-elle des difficultés plus profondes du documentaire en Tunisie ?
Mohamed Jamel Nefzi : 130 ans d’Alaouïtes est sorti à un moment particulièrement délicat. Après ses premières projections en Tunisie, dont la projection officielle au cinéma Zéphyr – l’Alhambra à La Marsa le 12 janvier 2020, le rythme normal des diffusions s’est interrompu en raison des mesures sanitaires imposées par la pandémie de Covid-19.
Le film a ensuite retrouvé une circulation à travers plusieurs manifestations culturelles et le programme national « Cinéma Ramadan » en 2023. Sur le plan international, malgré une présence plus limitée que prévu, il a également participé à des manifestations culturelles au Cameroun et en Arabie Saoudite.
Mais sur la question de la distribution du documentaire en Tunisie, le problème est plus profond qu’une simple conséquence de la pandémie. Le film documentaire tunisien peine encore à trouver un circuit de distribution durable dans les salles. Non pas parce que le public est absent, mais parce que le système de distribution et la programmation des salles ne se sont pas encore adaptés à ce type d’œuvres. La Covid a accéléré la mise en lumière de cette lacune ; elle ne l’a pas créée.
L’impact de cette période n’était pas seulement professionnel, il était aussi humain. J’ai perdu des personnes qui ont compté dans mon parcours, notamment Hussein Soufi et Ali Msabahia. Dans le même temps, la maladie de mon père progressait. Sa disparition a ensuite transformé mon rapport au cinéma et à tout ce que je crée. J’ai commencé à penser le film davantage sous l’angle du sens que sous celui de la production.
M.B : En 2020, vous changez de registre avec le clip Ach Ma Ja Yakhbou Bel Khater. Pourquoi ce choix, et comment avez-vous vécu cette expérience ?
Mohamed Jamel Nefzi : Mon entrée dans l’expérience du clip musical n’était pas un choix planifié à l’avance. Elle est née d’une relation à la fois professionnelle et humaine.
Tout a commencé avec Sabri Aouni, compositeur de la bande originale de 130 ans d’Alaouïtes. Par son intermédiaire, j’ai rencontré l’artiste Sami Rezgui, alors en pleine transition vers le chant après une longue expérience comme accompagnateur musical.
La proposition est venue simplement : un artiste qui lance une chanson et cherche un partenaire de production. J’ai posé deux conditions : que la chanson ait un contenu réel, et que j’assume l’entière responsabilité de la vision visuelle, de l’écriture du scénario jusqu’à la réalisation.
J’ai trouvé dans Ach Ma Ja Yakhbou Bel Khater une matière susceptible d’être développée visuellement. L’idée centrale était que la médina de Tunis ne soit pas un simple décor, mais un espace vivant portant des couches de mémoire et de vie quotidienne. J’ai fait appel à l’actrice Nadia Jbari pour incarner cette présence humaine dans l’image.
Ce que cette expérience m’a apporté d’essentiel, c’est la confirmation que la vision cinématographique ne varie pas avec le format. J’ai travaillé sur ce clip avec le même raisonnement que sur le documentaire : une idée précise, un espace qui se lit autant qu’il se filme, et une présence humaine qui porte un vrai sens.
M.B : En janvier 2025, vous avez animé un atelier de tournage à Jendouba avec le programme TOURITAGE. Qu’est-ce que le contact avec cette nouvelle génération apporte à votre propre pratique de réalisateur ?
Mohamed Jamel Nefzi : Mon rapport à la formation n’a pas commencé avec le programme TOURITAGE, mais deux ans plus tôt. En 2023, j’ai été sollicité par l’Institut Supérieur des Études Appliquées en Humanités du Kef pour enseigner l’audiovisuel dans le cadre d’un master en Patrimoine et techniques audiovisuelles. J’y ai enseigné le scénario, la réalisation, les techniques de prise de vue et le montage.
L’expérience TOURITAGE a prolongé ce parcours et m’a permis un contact direct avec des jeunes venus d’horizons très variés.
Si quelque chose a changé ma façon de voir, c’est la prise de conscience de l’ampleur des mutations que vit cette génération. Les jeunes d’aujourd’hui évoluent au milieu d’un flux immense d’images et de contenus, ce qui a créé une approche de l’apprentissage radicalement différente. J’ai aussi constaté que certains regardent désormais les études universitaires davantage comme un moyen d’obtenir un diplôme ou comme une étape vers l’émigration que comme un projet intellectuel ou professionnel. Je ne le dis pas pour les condamner, mais comme le diagnostic d’une réalité économique et sociale.
En contrepartie, j’ai rencontré des énergies prometteuses et une vraie curiosité. Je tenais à transmettre une conviction tirée de ma propre expérience : le parcours créatif ne se construit pas en un jour. Je partageais avec les étudiants mes expériences professionnelles, y compris les difficultés, les refus et les années d’attente.
Je crois, en fin de compte, que chaque contact avec une nouvelle génération offre au réalisateur un angle de vue qu’aucun ouvrage ne peut lui donner.
M.B : Après des années dédiées au documentaire de mémoire, vous passez à la fiction. Qu’est-ce que la fiction vous permet d’explorer que le documentaire ne vous offrait pas ?
Mohamed Jamel Nefzi : Je ne considère pas mon passage au long métrage de fiction comme une rupture avec le documentaire, mais comme le prolongement naturel d’un parcours passé par la télévision, le documentaire historique puis le clip vidéo.
Le documentaire m’a beaucoup appris : la recherche, l’écoute des témoignages, le respect des faits, le travail avec les archives et l’histoire. Mais il reste fondamentalement ancré dans ce qui s’est réellement passé. La fiction, elle, m’ouvre un espace pour plonger à l’intérieur de l’être humain — ses émotions, ses questionnements, ses rêves et ses peurs.
Dans mon cas, le projet Wala est né d’un besoin intérieur véritable. La première version était un court métrage commencé en 2023. Mais après le décès de mon père, le 25 octobre 2024, mon rapport au texte a changé du tout au tout. Je me suis retrouvé à reconsidérer des questions que je posais auparavant de façon théorique et que je vivais soudainement de manière directe.
Ce fut un moment charnière qui m’a poussé à réfléchir au sens de l’absence, à la nature de la mort, et au rapport entre la mémoire et le temps. Il y a des questions auxquelles le documentaire ne peut pas toujours répondre. Moi, je cherchais autre chose : comment l’être humain vit-il le deuil ? Qu’est-ce qui reste de nous après le départ ? Et l’art peut-il résister à l’oubli ?
C’est ainsi que Wala a évolué vers un long métrage de fiction. Dans le documentaire, je cherche la vérité historique ; dans la fiction, je cherche la vérité émotionnelle et existentielle.
M.B : Votre projet de long-métrage, Wala — Le Vœu du Pilote, est un drame philosophique en arabe littéraire. Pouvez-vous nous dire plus sur ce « vœu » et sur ce film ?
Mohamed Jamel Nefzi : Le projet Wala — Le Vœu du Pilote est encore en phase de développement et de recherche de financements. Il est écrit et protégé sur le plan du dépôt légal, mais n’est pas encore entré en production effective.
C’est un drame philosophique écrit en arabe littéraire, avec une version en français, et nous travaillons actuellement sur une version anglaise. Ce choix linguistique est lié à la nature même du texte, qui repose sur des dialogues chargés de couches intellectuelles et symboliques.
Dès le départ, il m’est apparu clairement que ce projet ne repose pas uniquement sur le récit, mais sur l’image autant que sur l’écriture. L’œuvre s’approche d’un cinéma qui use du symbole et laisse des vides intentionnels dans la scène, pour que le spectateur participe à la production du sens. C’est ce cinéma qui pense par l’image qui me relie à des noms comme Tarkovski ou Bergman.
Le film pose des questions liées à l’amour, au deuil, à la mémoire et aux limites de l’être humain face à l’idée de la mort. Aujourd’hui, mon objectif est d’en compléter les conditions de production et de le développer visuellement à la mesure de ce qu’il mérite.
Ce type de projet demande du temps, non seulement sur le plan de l’écriture, mais aussi sur celui de la maturation artistique.
M.B : Pour Wala, vous visez une ouverture internationale (sous-titrages, financements). Quels sont les plus grands défis aujourd’hui pour faire voyager un drame philosophique tunisien à l’étranger ?
Mohamed Jamel Nefzi : Le plus grand défi, sincèrement, c’est le financement. Accéder à un financement pour un projet comme Wala est un processus long et complexe, parfois plus long que la fabrication du film lui-même.
En Tunisie, le simple fait de pouvoir produire un film est déjà un accomplissement. Car on ne travaille pas seulement sur le plan artistique : on entre dans une longue chaîne de convictions à emporter, de dossiers à constituer et d’attentes devant des commissions. La vraie question est alors : comment maintenir intacte sa vision artistique tout au long de ce parcours ?
Les opportunités de financement international existent, mais elles viennent avec des conditions précises. Je suis aujourd’hui dans une phase de dépôt de dossiers auprès de structures qui respectent le travail créatif dans son essence.
Un autre défi concerne la diffusion internationale de ce type de drame philosophique. Pourtant, je crois que les thèmes qu’il aborde — l’amour, le deuil, la mort, la mémoire — ne connaissent pas de frontières géographiques ni culturelles.
Enfin, l’arabe littéraire, mêlé de dialecte tunisien, est profondément présent dans le texte. Cela exige un travail précis sur les sous-titres afin que l’œuvre ne soit pas vidée de son énergie originelle.
En définitive, le vrai défi est de préserver cette vision dans son intégralité tout au long du chemin vers la production.
M.B : Derrière le réalisateur et le producteur, il y a l’homme. Aujourd’hui, quel est le rêve le plus cher que vous portez en vous, qu’il soit lié à votre art ou à votre vie personnelle ?
Mohamed Jamel Nefzi : Il y a deux rêves essentiels qui m’accompagnent aujourd’hui, chacun lié à sa façon au cinéma et à la vie elle-même.
Le premier est de réaliser un long métrage de fiction consacré au président Habib Bourguiba. La réflexion sur ce projet a commencé en 2022 avec l’écrivain Mohamed Ennabli et plusieurs chercheurs et spécialistes de l’histoire. Un scénario a été élaboré avec la volonté de mêler dimension historique et dimension humaine dans la construction du personnage. Le projet a été soumis à des instances officielles de soutien et reste aujourd’hui en attente de financement.
Pour moi, ce film n’est pas un projet cinématographique au sens traditionnel. C’est une tentative d’ouvrir un débat visuel autour de la mémoire nationale tunisienne et d’explorer comment le cinéma peut remettre en jeu les questions historiques.
Le second rêve est plus intime. Après la disparition de mon père, mon rapport au cinéma a changé du tout au tout. Ce n’est plus seulement un métier, mais un espace pour comprendre la vie et la réorganiser de l’intérieur.
Ce rêve, dans son essence, est simple mais difficile à atteindre : continuer à faire des films honnêtes qui respectent notre mémoire individuelle et collective, et qui restent capables de poser des questions plutôt que de livrer des réponses toutes faites. Et voir un jour le film Bourguiba parvenir à une réalisation concrète sur un écran.




