Carine Gutlerner invitée de Souffle inédit

Lecture de 24 min
@ Carine Gutlerner

La musique, le dessin et les rencontres ont façonné toute la vie de Carine Gutlerner. Dans cet entretien, l’artiste revient sur son parcours, sa manière de créer et ce qui continue de nourrir son travail aujourd’hui.

Carine Gutlerner : « La musique et le dessin ont toujours fait partie de ma vie »

Entretien conduit par Monia Boulila

Pianiste, cheffe de chœur, compositrice et artiste graphique, Carine Gutlerner mène depuis de nombreuses années un parcours qui réunit la musique, le dessin et la transmission. Formée au Conservatoire royal de Bruxelles où elle obtient de nombreux Premiers Prix, dont ceux de Piano, Direction Chorale, Musique de Chambre et Histoire de la Musique, avant d’obtenir aux États-Unis un Master en Piano, un autre Master en Direction Chorale, ainsi qu’un Doctorat en Musique (piano) – Doctorate of Musical Arts in Piano Performance (D.M.A.), ‘avec la plus grande distinction’, elle se produit en concert en Europe et aux États-Unis, notamment au Carnegie Hall de New York et au BOZAR de Bruxelles.

En parallèle de sa carrière de pianiste, elle compose des musiques de films, dirige des chœurs, enseigne le piano en conservatoire et anime des masterclasses. Son travail ne se limite pas à la musique : elle est également dessinatrice et a publié plusieurs ouvrages illustrés, dont Traits de mémoire, récompensé par le Prix Botticelli en 2018. Ses créations, qu’elles soient musicales ou graphiques, accordent une place importante à l’humain, à la mémoire et à l’émotion.

M.B : Vous êtes à la fois pianiste, cheffe de chœur, compositrice, professeur et artiste graphique. Comment ces différentes activités se nourrissent-elles au quotidien ?

Carine Gutlerner : Je vais essayer de répondre à votre question en parlant de ma vie dès l’enfance.
J’ai toujours aimé chanter et écouter les voix. Il paraît que je chantais des mélodies entières avant l’âge d’un an où je parlais déjà couramment. Dès l’âge de six ans, j’ai adoré chanter aux cours de chorale de l’école, dirigés par mon premier chef de chœur Moïse Franco, pendant des années à Anvers. Il était extraordinaire !

Comme jeune fille, ma mère avait fait un peu de piano. Elle avait une excellente oreille et, lorsque nous étions enfants, elle nous jouait souvent des petites valses de Chopin pour nous endormir. J’aurais tant voulu que la musique ne s’arrête jamais… C’était un véritable enchantement. J’ai hérité du don de la musique de ma mère.

Notre père avait le don du dessin : c’est de lui que j’ai hérité le don du dessin. Je dessine depuis la maternelle où il paraît que je faisais des choix particuliers pour les formes et le choix des couleurs.
Je parle de mon enfance, car la musique et le dessin ont toujours fait partie de ma vie, de ma vision, de mon écoute, de mon inspiration et de ma nourriture spirituelle.
La musique est un « bain » pour l’oreille, le dessin est un « bain » pour les yeux. C’est vital pour moi. Pourtant, ce sont des mondes bien distincts et différents. Ce que vous nommez des « activités », c’est ma vie tout simplement.

Pour arriver à tout faire comme pianiste, chef de chœur, compositrice, professeur et artiste graphique, l’organisation dans le temps est indispensable.

M.B : Qu’est-ce qui vous donne envie de monter sur scène ?

Carine Gutlerner : La musique est indissociable de « l’envie » de jouer en public et de la joie de partager. Le fait de se préparer en concert et d’avoir le public qui écoute, est un échange de la plus haute intensité émotionnelle et spirituelle. On joue dans l’intensité du moment, les concerts sont très motivants et indispensables pour le travail, pour l’approfondissement et le dépassement de soi dans l’interprétation de la musique. Chaque concert est unique et nous fait grandir et évoluer. C’est un grand bonheur de pouvoir communiquer avec le public et de le ressentir dans son cœur à travers la musique. On joue avec le trac, qui fait partie du concert, du dépassement de soi, de notre évolution et du progrès en musique.

M.B : Votre parcours vous a menée de la Belgique aux États-Unis, puis en France. Quelles rencontres ont le plus marqué votre vie d’artiste ?

Carine Gutlerner : La première rencontre primordiale a été avec mon Professeur de piano Flore Levine. Comme enfant, j’avais commencé les cours de piano à l’Académie de musique de Berchem à Anvers en Belgique. Lors de la première audition d’élèves de fin d’année, ma mère avait entendu que les élèves d’une classe en particulier jouaient mieux que les autres. Leur Professeur était Lucette Alleman. Ma mère a réussi à obtenir un rendez-vous avec elle, qui lui conseilla d’aller voir son ancien Professeur, Flore Levine.

Flore Levine avait été Professeur au Grand Conservatoire de Musique d’Anvers pendant 30 ans. Elle expliqua à ma mère que sa classe était « pleine comme un œuf » ! Néanmoins, elle fit une exception pour moi et ma sœur, en nous demandant de préparer deux morceaux en une semaine comme test. Une semaine après, avec un trac terrible, je joue et je réussis le test pour entrer dans sa classe ! J’avais 8 ans. Dès que j’ai joué devant elle, elle a tout de suite su qui j’étais. Flore Levine m’a sauvé la vie, dans le sens qu’elle a su entendre ce qui n’est pas prononçable, l’innommable.

Comme enfant, je ne parlais pas beaucoup. Flore Levine a été la première personne à qui j’ai pu vraiment parler. Elle savait écouter comme personne au monde… elle entendait « au-delà ». J’ai eu la chance de pouvoir suivre ses cours pendant 20 ans jusqu’à la fin de sa vie.

Pour le piano, j’ai eu le privilège de travailler avec Robert Leuridan pour mon Premier Prix de Piano au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles. En Belgique, j’ai également pu bénéficier de l’enseignement de Frédéric Gevers, Antoni Besses et Nicole Henriot. Aux États-Unis, j’ai obtenu un Master en Piano à l’Université de Missouri-Kansas-City, puis un Doctorat en Piano à l’Université du Kansas, où j’ai également suivi des masterclasses avec Claude Frank, Abbey Simon et John Perry.

Pour le chant et la direction de chœur, mon premier chef de chœur, Moïse Franco, a accepté de me léguer ses propres partitions harmonisées. Ce geste de confiance émouvant a relié le chant de mon enfance à mon chemin de chef de chœur à l’âge adulte. À ce jour, je dirige encore ces partitions avec mes chœurs à Paris.

En dessin, j’ai eu un premier Maître, Paul Verlinden, à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers. Il m’a donné une leçon qui m’a marquée à vie : il fallait dessiner l’ombre uniquement pour laisser émerger la lumière. Ce fut une révélation pour moi.
Plus tard, j’ai rencontré l’artiste-peintre Françoise André, devenue une de mes grandes amies. J’ai également des amis pianistes, dont Herbert du Plessis et Emmanuel Birnbaum, avec qui j’ai des échanges chaleureux et inspirants.
Enfin, il y a des amitiés avec André Lorant, qui a fait la préface de mon livre Traits de mémoire, grâce à Michel Bénard, devenu un ami sur mon chemin, ainsi que sa compagne Eliane Hurtado. Leurs textes, leurs poésies et leur art m’inspirent profondément.

Il ne me reste plus de mots pour mon regretté compagnon de vie Péter Zirkuli (écrivain, poète et universitaire), qui nous a quittés le 26 janvier 2026. Je lui ai dédié mon dernier concert à l’Église Saint-Merry à Paris et je prépare un livre réunissant quelques-uns de ses poèmes et mes dessins.

Je garde ma plus profonde reconnaissance pour toutes ces rencontres marquantes avec de grands musiciens, artistes, écrivains et poètes, qui ont marqué mon chemin de vie et d’artiste en profondeur et qui continuent à vivre à travers moi chaque jour.

M.B : Vous composez également des musiques de films. Qu’est-ce qui vous plaît dans cet exercice, différent du récital de piano ?

Carine Gutlerner : J’ai improvisé de la musique au piano dès mon adolescence. J’ai également fait des créations musicales en improvisant sur des films « muets ». Inspirée par l’image, je crée et je compose la musique. Là, en effet, image et musique s’harmonisent et sont reliées.
Certaines musiques ont été improvisées, d’autres ont été développées en composant parfois « loin de l’image », puis certaines ont été orchestrées par la suite.

Ce qui est très différent d’un concert, c’est qu’en concert, on est entièrement « au service » des œuvres des Grands Maîtres que l’on interprète, en espérant toujours jouer ‘au plus beau’ et au plus inspiré ‘en live’. On est obligé de « suivre la partition », on ne peut pas « se reprendre » en public ! On joue « sans filet » et comme soliste, tout est en principe joué de mémoire.

En composant, on a le temps d’écrire, d’évoluer et de retravailler l’œuvre chez soi. On a le temps de créer à partir de mélodies qui nous traversent, qu’on harmonise, qu’on retravaille à l’infini … Et puis pour le film, il y a également tout le travail du montage entre image et musique. On est dans des univers de création inspirée, sans le « trac » de la scène.

M.B : Vous enseignez le piano depuis de nombreuses années. Qu’aimez-vous transmettre à vos élèves, au-delà de la technique ?

Carine Gutlerner : En effet, j’ai enseigné à de très nombreux élèves depuis ma prime jeunesse
Je commencerai par la phrase d’un grand sage : « Sans amour, bienveillance et confiance, l’enseignement ne pourrait être tout au plus médiocre, voir destructeur. »

Dans la transmission, ma première passion est celle de l’humain. J’aime mes élèves, je les écoute non seulement au piano ou en chant, mais j’écoute leur vie plus profonde, leur traversée … car pour bien interpréter des œuvres, il faut aussi pouvoir se transposer dans l’âme du compositeur et donc s’approfondir soi-même … à travers la musique.
La technique est indissociable de la beauté de la sonorité et de l’interprétation. Comme disait mon Grand Maître Flore Levine : « Dès la première note, cela doit être beau ! ». La qualité du son fait partie de la profonde sensibilité, du toucher, du chant de l’âme.

M.B : Vous avez enregistré plusieurs albums consacrés à Beethoven, Brahms, Franck ou encore Moussorgski. Comment choisissez-vous les œuvres que vous souhaitez enregistrer ?

Carine Gutlerner : Les œuvres que je joue ou que j’enregistre sont souvent des coups de cœur, sur mon chemin de vie … Pour les enregistrements, comme pour les concerts, c’est tout un art d’associer différentes œuvres et de construire le programme avec différentes œuvres qui se succèdent.
Souvent, on enregistre des œuvres, qu’on a d’abord jouées en concert.
J’aime les œuvres passionnées, dramatiques et contrastées de différentes époques. Pour les CDs, il est parfois regrettable que les productions préfèrent éviter la « musique moderne-contemporaine » pour ne pas devoir « payer les droits ». Pourtant, ces œuvres font également partie de mon répertoire et sont importantes pour moi.

M.B : Le dessin occupe une place importante dans votre travail. Que vous permet-il d’exprimer que la musique ne peut pas toujours dire ?

Carine Gutlerner : La musique et le dessin sont pour moi deux mondes bien distincts ! Ce sont des mondes différents.
En dessin, je suis passionnée par l’humain. J’ai toujours dessiné des gens, réels ou imaginaires. J’ai fait beaucoup de modèle.
Un regard ne peut se voir qu’en « dessin ». Comment ferait-on pour « entendre » un regard ?

Carine Gutlerner invitée de Souffle inédit
Carine Gutlerner : Envol – Fusain sur papier 100 x 150 cm

On a le temps de contempler une œuvre graphique, or la musique est dans « l’instantané », le vécu et le ressenti « immédiat ». Elle s’écoute avec l’intensité du sacré de chaque instant du vécu, impalpable, profondément ressenti, mais au fond « insaisissable ». On ne peut pas « accrocher » une musique comme on « fixerait » un tableau au mur… pour le contempler et le regarder à distance …

Carine Gutlerner : Triple vision – Aquarelle et encre sur papier 21 x 15 cm

Le dessin « reste » … dans le temps. Pour moi, cela a quelque chose de rassurant … Par rapport à l’évanescence de la musique …

Carine Gutlerner : Élan – Aquarelle et encre sur papier 15 x 21 cm

Mais rien n’est aussi intense que la musique … dans le jeu en concert et la communication instantanée …

M.B : Vos dessins évoquent souvent les visages, les émotions et la mémoire. Pourquoi ces thèmes reviennent-ils si souvent dans votre travail ?

Carine Gutlerner : Quand je dessine — à moins de faire du modèle, c’est ma main qui dessine et qui trace plus vite que ma pensée consciente. J’ai toujours été passionnée par les êtres humains. Pour mes dessins (personnages) imaginaires, ma main semble être guidée par une inspiration qui vient d’un au-delà et qui me dépasse. Mes personnages ne sont pas « voulus » …et ne sont pas des « thèmes »…
Ils apparaissent à travers moi … à partir d’un ailleurs … Certains dessins sont probablement liés à la Shoah où toute la famille de mon père a été assassinée et où mon père a survécu après quatre ans de camps de concentration.
Je travaille de très grands formats au fusain. J’emporte également toujours des petits carnets de croquis (encres et aquarelles) avec moi où je dessine ce qui m’inspire dans la vie, en vacances, ailleurs …

M.B : Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre parcours artistique et sur son évolution au fil des années ?

Carine Gutlerner : Je ne sais pas si je peux avoir du recul …Chaque instant s’enchaine au suivant … depuis toujours avec un vécu intense, passionné et dramatique. La mémoire singulière et multiple est marquée au plus profond de moi et s’exprime à travers la musique et le dessin … avec l’écoute à travers le silence et un regard à l’infini, vers l’au-delà … du plus petit au plus grand format. Bien entendu, le style évolue avec plus de travail, de connaissance, de technique, de pratique et d’étude, qui se sont approfondies et continuent leur évolution sur mon chemin de vie …  à l’infini.

M.B : Vous avez partagé pendant 26 ans la vie de Péter Zirkuli, écrivain, poète et universitaire. Quelle place son travail et la littérature occupaient-ils dans votre vie commune ?

Carine Gutlerner : Péter Zirkuli avait une culture impressionnante et possédait une bibliothèque de plus de 40 000 livres, qu’il avait construite ‘livre par livre’ sur le chemin de toute une vie, c’était sa ‘vraie’ maison. Il aimait se promener et s’arrêtait souvent, le regard songeur au loin, en fumant sa cigarette. Il avait toujours un livre à la main. Il dirigeait une Collection de Littératures Comparées chez l’Harmattan, pour laquelle il m’avait demandé de dessiner le sigle. Il me parlait de certains écrivains qu’il appréciait, me montrait des textes et était à mes côtés pour mon livre de dessins Carine Gutlerner. Traits de mémoire. Oeuvres graphiques. Texte d’André Lorant, (Cohen&Cohen, Éditions. Paris, 2015, 362 p., 289 dessins), qui obtient le Prix Botticelli en 2018. C’est grâce à lui que j’ai pu rencontrer André Lorant, qui a fait la bouleversante préface de mon livre … Péter m’a montré ‘comment faire un livre’, avec toutes les étapes que cela implique à partir du manuscrit vers l’édition, jusqu’à l’impression finale. Il m’a aussi aidé et conseillé pour l’hommage, que j’ai fait et que je continue pour mon cher frère Marc Gutlerner (comédien, poète, chanteur) tragiquement disparu il y a quinze ans, en éditant des livres à partir de ses écrits et en présentant un hommage artistique dans son Théâtre à Bruxelles avec des fragments de ses spectacles et de ses textes tous les ans. Un dernier livre est sorti :  Marc Gutlerner – Poésies. Dessins Carine Gutlerner avec une préface de Michel Bénard (L’Harmattan – L’Orizzonte, Editions. Paris, 2023, Seconde édition 2025, 60 p.), avec toute ma reconnaissance à Michel Bénard pour l’émouvante préface et à Giovanni Dotoli pour l’édition.

M.B : Vous lui avez dédié votre dernier concert, quelques mois après sa disparition.   Que représente ce moment pour vous ?

Carine Gutlerner : Le concert du 26 juillet 2026 à l’Église Saint-Merry, que j’ai dédié à mon compagnon Péter Zirkuli, est tombé exactement ‘jour pour jour’ six mois après son décès.  Péter m’avait suivie en musique et en concert pendant toutes ces années. Sur son lit d’hôpital, quelques instants avant de quitter ce monde, mon compagnon a encore pu ‘voir et entendre’, sur un téléphone portable, le ‘bis’ du concert que j’avais joué quelques jours avant sa mort à la Salle Cortot à Paris. C’était l’Intermezzo op. 118, no. 2 de Johannes Brahms.
La musique va au-delà des mots …  C’était le plus bel hommage, que je pouvais lui rendre devant un public très nombreux … À la fin de ce concert, j’ai rejoué le même ‘bis’. L’émotion était à son comble … Je pleurais … le public aussi …

M.B : Quels sont vos projets pour les prochains mois, que ce soit en concert, en composition, dans le dessin ou autour de nouveaux enregistrements ?

Carine Gutlerner : Je prépare plusieurs concerts en piano à Paris, invitée par la prestigieuse série « Autour du Piano » à la Salle Cortot, pour la saison prochaine avec un répertoire qui inclura Beethoven, dont c’est le bicentenaire de sa mort en 2027.
En dessin, je prépare un livre en hommage à mon compagnon de vie Péter Zirkuli (écrivain, poète et universitaire), décédé cette année. Je mettrai quelques dessins en « résonnance » avec quelques de ses poèmes, qu’il m’avait laissés pour en faire un livre ensemble, peu avant de nous quitter … (Pierre Zirkuli. Tu vois : huit poèmes avec huit dessins de Carine Gutlerner, Paris, 2025. En préparation).

M.B : Votre rêve le plus cher ?

Carine Gutlerner : Sur le plan individuel et mondial, je reprendrais la phrase du grand violoniste Yehudi Menuhin : « Si le monde entier chantait, le monde aurait un autre visage ».
Espérons le meilleur possible … en continuant la création artistique et musicale …

Pour conclure cet entretien, nous publions un poème que Michel Bénard a dédié à son amie, la pianiste Carine Gutlerner.

Michel Bénard : « Poème dédié à l’amie et pianiste Carine Gutlerner »

D’une agilité ballerine,
Les mains aux doigts magiciens
Se reflétant sur l’ébène
Laqué du clavier,
S’envolent enchantées,

Effleurant et ricochant
Sur l’ivoire blanc et noir.
Semblable à des feux follets
Une onde nostalgique
Dialogue avec l’invisible,
Volatil, le temps s’estompe,
Un vaisseau de pierre émerge
Dans le chœur des moines,
Tout un univers vibratoire
Semeur de particules colorées
S’éveille revêtu
De paillettes célestes.
D’une agilité ballerine,
La main aux doigts magiciens
Impriment sur la partition,
Les portées du devenir
D’un nouvel état de grâce.

Site Web
YouTube 
Lire aussi
Partager cet article
Monia Boulila
Rédactrice en chef
Suivre
Poète, traductrice et rédactrice web.