Présentée pour la première fois en France, l’exposition « Paul McCartney Photographe 1963-64 : Eyes of the Storm » (Au cœur de la tempête) révèle plus de 250 images prises au cœur de l’ascension des Beatles.
Paul McCartney Photographe 1963-64 : Eyes of the Storm (Au cœur de la tempête) – Au musée Granet d’Aix-en-Provence, Paul McCartney face à l’âge d’or des Beatles
Par la rédaction
Du 4 juillet au 1er novembre 2026, le musée Granet d’Aix-en-Provence consacre une exposition majeure à Paul McCartney, présentée pour la première fois en France. Intitulée Paul McCartney Photographe 1963-64 : Eyes of the Storm, cette exposition réunit plus de 250 photographies réalisées par le musicien au moment où les Beatles basculent dans une notoriété mondiale sans précédent.

Loin de l’icône pop figée par l’histoire, l’exposition révèle un regard intime et attentif. Entre 1963 et 1964, Paul McCartney photographie son environnement immédiat : ses compagnons de route, les villes traversées, les attentes en coulisses, les déplacements incessants. Ces images, prises avec un appareil 35 mm, témoignent d’une pratique exigeante, sans filet, où le cadrage se décide à la prise de vue, dans l’urgence et la concentration du moment.
Redécouvertes en 2020 dans les archives personnelles de l’artiste, près d’un millier de photographies ont permis de reconstituer ce corpus exceptionnel. Le parcours proposé par le musée Granet se déploie sur près de 700 m² et suit une progression chronologique, scandée par huit séquences. De Liverpool et Londres aux premiers mois de 1963 jusqu’aux États-Unis à l’été 1964, le visiteur accompagne les Beatles de Paris à New York, de Washington à Miami, au fil des départs, des arrivées et des dernières étapes de cette période fondatrice.
Les clichés captent un moment de bascule. En février 1964, l’apparition du groupe dans l’émission The Ed Sullivan Show, suivie par environ 73 millions de téléspectateurs, marque l’entrée des Beatles dans une autre dimension. À travers l’objectif de McCartney, cette célébrité nouvelle se donne à voir sans emphase : regards fatigués, chambres d’hôtel, foules pressées derrière une vitre, fragments de villes entrevues depuis une voiture ou un train. La photographie devient alors un outil de mémoire, mais aussi un moyen de tenir à distance le tumulte.
Ces images révèlent également une atmosphère, celle des années 1960 naissantes, entre l’Europe et l’Amérique. Le Paris de l’Olympia, où les Beatles partagent l’affiche avec Sylvie Vartan, les rues de Londres ou l’effervescence new-yorkaise composent un portrait sensible d’une société aujourd’hui disparue. Certaines photographies sont floues, prises à la volée ; d’autres affichent une rigueur de composition qui traduit l’attention constante portée au réel.
La relation de Paul McCartney à la photographie s’enracine dans l’enfance, avec le premier appareil familial, un Kodak Brownie partagé avec son frère. Cette pratique, longtemps restée discrète, apparaît ici comme un prolongement naturel de son rapport au monde. Photographier devient un geste de compréhension et de fixation du présent, à un moment où tout semble s’accélérer.

Organisée par Paul McCartney avec Sarah Brown pour MPL Communications Limited, en collaboration avec Rosie Broadley de la National Portrait Gallery de Londres, l’exposition s’inscrit dans les célébrations des 200 ans de la photographie. Elle fait également partie de la programmation des Rencontres d’Arles, dans le cadre du Grand Arles Express, affirmant son importance dans le paysage culturel de l’année 2026.
Eyes of the Storm ne propose ni nostalgie appuyée ni glorification. Elle invite à regarder autrement un épisode fondateur de la culture contemporaine, à hauteur d’homme, depuis l’intérieur du tourbillon. Une exposition qui éclaire, par la photographie, la naissance d’une célébrité moderne et le regard lucide de celui qui en fut l’un des acteurs centraux.
Paul McCartney Photographe 1963-64 : Eyes of the Storm s’inscrit dans une tournée internationale. Après sa présentation inaugurale à Londres, l’exposition circule dans plusieurs musées en Europe et en Amérique du Nord, permettant à un large public de découvrir ce regard intime porté par Paul McCartney sur les premières années de la Beatlemania.
Agenda
Musée Granet, Aix-en-Provence
Du 4 juillet au 1er novembre 2026



