Don’t look up / Majida Boulila

Quand on aime la vie on va au cinéma

Don’t look up !

Sorti en décembre 2021 sur la plateforme Netflix, Don’t look up est une comédie satirique américaine. Coécrit et réalisé par Adam McKay, le film est considéré comme l’un des meilleurs de l’année et a été nommé pour les Oscars 2022.

C’est l’histoire du docteur Randall Mindy et sa doctorante Kate Dibiasky (interprétés par Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence) qui découvrent qu’une comète se dirige droit vers la terre et qui risque de mettre fin à l’humanité. L’enjeu étant fatal, ils font tout leur possible pour alerter la maison blanche, les médias et les citoyens mais se heurtent à une indifférence incroyable aussi bien de la population que des dirigeants cherchant toujours à tirer profit avant tout.

Une métaphore de la crise climatique 

En apparence, léger et comique, le film est poignant par l’engagement qu’il porte sur la question environnementale et la crise sanitaire et écologique mondiale.

La force du film vient de la pertinence du réalisateur à jouer avec les éléments à la fois comiques et fortement tragiques pour représenter l’absurdité d’une société du divertissement totalement déconnectée de sa réalité. Le film devient une sorte de mise en abîme de la société qu’il dénonce, enthousiasmée par l’amusement et totalement inconsciente des enjeux politiques et écologiques qui déterminent leur sort.

Tout comme la comète dans le film qui représente un danger extrême et imminent, des scientifiques sont alarmés depuis des années à cause de l’inaction mondiale face à l’urgence climatique. Cependant, la tendance globale de l’humanité semble repousser les vérités dites difficiles à avaler. Le film est bien une fiction sur la réalité qu’on refuse de voir comme le dit Dicaprio : « c’est une analogie de la culture moderne et de notre incapacité à entendre et à écouter la vérité scientifique. »

Satire et humour 

Pour Peter Kalmus, scientifique climatique pour la NAZA, le film   » est à la fois drôle et terrifiant parce qu’il décrit froidement la situation quotidienne que vivent les chercheurs spécialistes et tous ceux qui comprennent l’ampleur de l’urgence climatique  »

Dans le film, en effet, on mélange les styles d’humour même si au fond, ce n’est pas un film qui essaie de nous faire rire bien au contraire c’est un film miroir qui n’est autre que le reflet de nos sociétés modernes accro à la consommation.  » On dirait que la vérité scientifique pure et simple ne suffit pas, pour cela Michael Mann explique l’utilité et le pouvoir de l’humour

Mckay reconnait qu’il « est souvent difficile de livrer des vérités dures sous forme de commentaires directs car les gens résistent aux messages qu’ils ne veulent pas entendre. Alors nous avons cherché un autre moyen d’entrer au vif sujet. »

Le monde va mal et ce n’est plus un secret. Le film nous bouscule parce qu’il nous renvoie à nos réalités, chacun dans son pays et pas seulement aux Etats Unis. Je ne peux que penser à ma ville suffoquant de déchets non triés et de l’air pollué. Sombrée par une crise environnementale due à des décisions politiques. Malgré les efforts et les maintes initiatives de bénévoles et d’associations engagées dans la sensibilisation citoyenne, le non intérêt des politiques et des médias reste total. Leur appel à l’urgence d’agir résonne comme des cris d’alarme sans voix, des appels sans réponse…

Alors est ce qu’il ne nous reste que l’humour pour lutter contre la tendance mondiale à la non conscience?

Inaction et incompétence des politiques 

Produit par Netflix, un bouquet de stars américaines participent au film (Jennifer Laurence, Leonardo Dicaprio, Meryl Streep, Jonah Hill, Rob Morgan, kate Blanchette  Ariana Grande , Mark Rylance Tyler Perry et Timothéé Chalamet). Les personnages caricaturaux sont tous reconnaissables dans la société d’une manière ou d’une autre. Allant du scientifique mal à l’aise en public, obligé de se gaver de calmants pour maitriser ses crises d’angoisse et qui finissent par le trahir en direct sur le plateau d’une émission télé à la journaliste qui cherche plus à créer un buzz médiatique qu’à la transmission d’information.

Le personnage de la présidente de la république, cupide et égocentrique, ne trouve pas d’urgence face au danger imminent. Elle  balaie d’un revers de main l’avertissement des deux scientifiques en panique en disant « on patiente et on avise » ne se souciant que de son image et sa cote dans l’opinion publique par rapport aux prochaines élections. Conseillée par son plus gros donateur, le géant de la technologie, un personnage à l’image des grands innovateurs technologies de notre temps. La dirigeante américaine décide de faire exploser la comète afin de profiter des matières premières qui la composent. Elle fait campagne sur le thème “don’t look up” pour ne pas regarder le ciel tandis que le corps céleste massif est clair au ciel à l’œil nu.

Adam Mckay dévoile la composition du personnage de la présidente « Depuis quarante ans, une parade de politiciens incompétents ou corrompus défilent sur le pays. Je m’amuse à relever leurs échecs, leur amateurisme. Le personnage de Meryl Streep combine un peu de Donald Trump, Bill Clinton, Buch de Ronald Reagan et quelques étincelles de Barack Obama. »

Critique des réseaux sociaux et des médias 

Mindy et son professeur se trouvent obligés de multiplier les tentatives pour alerter le monde sur l’arrivée imminente d’une comète. Ils supplient les responsables pour avoir du temps d’antenne afin d’expliquer que l’évènement pourrait être retardé voir même évité si on agissait mais l’intérêt médiatique a trouvé plus intéressant de couvrir la séparation de la starlette naïve et superficielle de son petit ami (interprétée par Ariana Grande). On reconnaît vite l’univers médiatique actuel qui cherche la distraction, interrompu avec des publicités qui incitent à la surconsommation. « Rien ne se prend au sérieux puisque nos moyens de communications sont sous l’égide du profit » déclare Mckay.

Au final Don’t look up parle de l’incapacité de faire face à la réalité, ce qui semble être la véritable pandémie de notre ère.

A bon entendeur!

Majida Boulila

The Father 

Parasite

Photo obsession

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.