Premières JCC Vingt ans après

2002-2022 : première année à Tunis, Premières JCC Vingt ans après

Les jeudis littéraires d’Aymen Hacen

 

Premières JCC : vingt ans après

2002— De Sousse à Tunis, du FIFEJ (Festival International du Film pour l’Enfance et la Jeunesse) aux JCC (Journées Cinématographiques de Carthage). En quelques mois, entre mes études supérieures en lettres françaises à Sousse et à l’École Normale Supérieure de Tunis, j’ai vécu un saut dans l’espace comme dans le temps, entre deux villes, deux alma mater, et une grande passion nourrie depuis l’enfance : le cinéma.

L’un des plus grands événements que j’attendais était les JCC (18-26 octobre 2002), moi qui avais passionnément vécu les journées du Festival International du Film pour l’Enfance et la Jeunesse de Sousse (décembre 2001), en tant que jeune cinéphile, chargé par mes aînés ― Nejib Ayed et Hassen Alilèche ―, de diriger le bulletin en français du festival. C’était en quelque sorte gravir les échelons, grimper du statut de « jeune » à celui de « sénior », comme on dit dans le monde du sport.

D’ailleurs, c’est dans ce contexte que j’ai rencontré Amir Ramsès, alors jeune réalisateur, auteur d’un court-métrage, intitulé Centre-ville, pour qui j’ai traduit le scripte de l’arabe égyptien vers le français ; film qui, au terme de cette édition, recevra le premier prix. Amir Ramsès, qui sera pendant cinq ans l’assistant de Youssef Chahine, est aujourd’hui le Directeur du Festival du Cinéma du Caire 2022.

Bref, ce passage a été encouragé par l’École Normale Supérieure de Tunis, particulièrement son Secrétaire général, M. H’mida Hedfi, cinéphile actif depuis les années 70, comme ses congénères de Sousse, Hassen Alilèche et feu Nejib Ayed. Ainsi, les portes du foyer nous étaient ouvertes jusqu’à minuit, pour nous permettre de regarder tous les films.

J’ai certes beaucoup d’anecdotes à raconter, mais je dois avant tout dire : les JCC doivent être une fête nationale à laquelle toutes les forces vives du pays soient mêlées pour que le cinéma développe la culture de l’amour de l’art, qui est celui de la vie.

Premières JCC Vingt ans après
Nejib Ayed

Un tandem porteur d’espoirs

Grâce à la directrice générale Sonia Chamkhi, et à Ibrahim Letaief, directeur artistique, cette 33e session des JCC, qui se tiendra du 29 octobre au 5 novembre 2022, s’annonce riche et novatrice avec un programme aussi ouvert que fidèle à l’esprit des JCC.

Plusieurs axes sont programmés et hommages prévus. De Jean-Louis Trintignant à Jean-Luc Godard, en passant par Hichem Rostom, tous décédés au cours de l’année 2022, l’émotion sera sûrement au rendez-vous. Aussi les JCC seront-elles toujours cette école où le cinéma sert de vision du monde. Sans doute cela sera-t-il le cas avec cette série de projections et de rencontres qui portent le nom magique du « Monde selon Fellini ».

De même, plusieurs focus seront également organisés, notamment sur la Palestine et l’Espagne, afin de brosser à chaque fois le portrait de ce qui fait que le 7e art soit représentatif des peuples et de leurs cultures. Loin des préjugés, de l’esprit mercantile et commerçant, des rapports de forces géostratégiques, le cinéma tel qu’il est souvent présent aux JCC incarne cet esprit de tolérance et d’ouverture, de combat pour l’égalité et la fraternité, ainsi que cette aptitude qu’il a de donner à voir, de communiquer et de permettre de transfigurer les spectateurs.

C’est du moins ce que nous souhaitons à cette 33e session des JCC qui coïncide avec le 56e printemps du festival : qu’elle soit digne du cinéma africain et altermondialiste, et qu’elle nous fasse rêver les yeux ouverts. À l’image de l’affiche de cette édition, inspirée du premier film lauréat en 1966, La Noire de…, d’Ousmane Sembène.

 

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