Éléonore Sayle invitée de Souffle inédit

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Éléonore Sayle - Photo ©YANN ORHAN

Formée entre chant, danse et théâtre, Éléonore Sayle dévoile avec Entre Mille une pop française sensible et réfléchie. Dans cet entretien, elle revient sur son parcours, ses rencontres et l’écriture de ses premiers titres.

Éléonore Sayle : entre musique et émotions, la naissance d’un premier EP

Entretien Conduit par Monia Boulila

Née à Nice, Éléonore Sayle s’est construite entre la musique classique, la variété et un premier amour pour la danse avant de trouver sa voie dans le chant. Après ses débuts sur scène dans le sud de la France, elle s’installe à Paris où elle se forme aux Cours Florent, dans un conservatoire de musique actuelle puis à l’Académie Oscar Sisto. Sa rencontre avec la chanteuse ROSE marque un tournant décisif : une véritable affinité artistique naît, donnant lieu à plusieurs titres écrits pour elle.

Entourée du réalisateur et arrangeur Régis Ceccarelli et d’une équipe de musiciens d’une grande finesse, Éléonore façonne aujourd’hui une pop française sensible et élégante, où chaque mot compte. Son premier EP, Entre Mille, dévoile quatre titres intenses et introspectifs, portés par une interprétation d’une grande justesse.

À l’occasion de la sortie de cet EP, nous l’avons invitée à répondre à quelques questions pour revenir sur son parcours, ses rencontres et la naissance de ce premier projet.

Éléonore Sayle invitée de Souffle inédit

M.B : Pouvez-vous nous raconter vos premiers pas dans la musique ? Qui vous a encouragée dans cette voie dès le début ?

Éléonore Sayle : La musique est arrivée dans ma vie comme une évidence. Mon premier souvenir, c’est avec la danse, vers l’âge de 5 ans, je sentais déjà que la musique me portait.
J’ai ensuite demandé très tôt à prendre des cours de piano, puis de chant. C’est ma mère qui m’a toujours soutenue et encouragée dans cette voie.
On est très sensible à la musique dans la famille, mon grand-père était chef de chœur et musicien.

M.B : Entre le classique, la variété et vos premières émotions de scène, en quoi ces premières influences et expériences ont-elles façonné votre manière d’interpréter et de faire de la musique aujourd’hui ?

Éléonore Sayle : J’ai eu une enfance baignée entre la musique classique et la variété.
Ma mère a un très grand amour pour la musique, il y en avait tous les jours à la maison. Autant les grands classiques (Beethoven, Mozart, Tchaïkovsky…) que « Chérie fm » qu’elle écoutait tous les matins. Ce serait un beau clin d’œil d’être diffusée chez eux un jour.

Ces premières influences ont complètement joué un rôle et façonné mon univers musical, ma sensibilité.
Je pense que ma manière d’interpréter s’est construite au fur et à mesure de mes expériences musicales, et de vie aussi.

Chanter c’est pour moi le moyen le plus authentique et le plus naturel que j’ai de m’exprimer. J’ai travaillé ma voix, mais pour ce qui est de l’interprétation, j’ai simplement besoin de livrer ce que je ressens sur le moment.

M.B : Votre parcours commence sur scène dans le sud de la France, puis se poursuit à Paris. Ce changement d’horizon a-t-il ouvert davantage d’opportunités pour vous, et qu’est-ce que ce passage d’un territoire à l’autre a transformé dans votre évolution artistique ?

Éléonore Sayle : Oui, absolument. Quand je me suis installée à Paris, je n’avais que 21 ans. J’ai eu le temps d’apprendre à me connaitre et de savoir ce que je voulais.
Beaucoup de choses se passent ici. Mais je crois que lorsque l’on suit ce qui nous anime, que l’on est alignés avec ses aspirations, on attire à soi les bonnes opportunités. Et c’est en explorant d’autres horizons que l’on apprend, que l’on grandit. Un peu comme « l’Alchimiste » de Paulo Coelho, qui se met en route à la recherche de son trésor.

M.B : La découverte de Barbara, en particulier « L’Aigle noir », semble avoir été un moment charnière. Que représente cette chanson dans votre histoire personnelle ?

Éléonore Sayle : Je me souviens très bien de ce moment où j’ai entendu cette chanson pour la première fois. Je devais avoir 8 ou 9 ans, je marchais dans le couloir pour aller vers la cuisine, la porte du salon était ouverte et la télé allumée. Je me suis arrêtée. J’étais bouleversée et très émue. Il y des chansons comme ça qui suspendent le temps…
Il s’est passé quelque chose en moi, je pense que ça a été un déclic et que c’est à partir de là que j’ai voulu faire de la musique.

M.B : Votre rencontre avec ROSE a été décisive. Comment avez-vous vécu cette résonance immédiate entre vos deux univers, et de quelle manière abordez-vous les chansons qu’elle vous a offertes pour y trouver votre propre vérité d’interprète ?

Éléonore Sayle : Oui, elle a complètement changé le cours des choses !
Je l’ai découverte en 2020, je l’ai trouvée très lumineuse. Elle venait de sortir son livre et son album « Kérosène ».
J’adore lire et c’était au moment du confinement, j’ai commandé son livre et j’ai écouté quelques morceaux.
J’ai tout de suite trouvé une résonance dans les thèmes qu’elle abordait, et c’était ce dont j’avais envie de parler.

Je venais de me lancer dans la production de mon EP, j’avais prévu de l’écrire seule mais j’ai vraiment ressenti le besoin de la contacter.
Je lui ai proposé d’écrire une chanson et elle en a écrit plusieurs en l’espace de quelques jours. Les choses se sont faites très naturellement, j’ai eu le même coup de coeur pour sa personne que pour son talent. Elle a beaucoup été là pour moi, comme une grande soeur l’aurait fait.

En lui proposant d’écrire pour cet EP, je savais déjà que ce qu’elle écrirait me correspondrait.
Avec « Entre mille » par exemple, j’ai eu l’impression qu’elle avait réussi à lire en moi. Je pense que le thème nous parlait autant à l’une qu’à l’autre, j’ai d’ailleurs écrit une partie de cette chanson avec elle.

M.B : Votre EP a été réalisé par Régis Ceccarelli, avec une équipe de musiciens au parcours remarquable. Comment s’est déroulée la création avec eux ? Qu’est-ce que cette collaboration a apporté à votre son ?

Éléonore Sayle : Oui j’ai beaucoup de chance. J’ai été très bien entourée artistiquement !
Avec Régis tout a été très fluide, à vrai dire, il n’y a presque pas eu d’allers-retours quand il m’envoyait des propositions d’arrangements (sauf des guitares il me semble sur « Le début du reste »).

On a travaillé à partir de pré-prods, puis on est allés en studio ensuite. Là aussi je pense qu’il y avait vraiment une volonté artistique commune. Et puis François Poggio (à la guitare) Romain Berrodier (au piano), Laurent Vernerey (à la basse) et Régis qui était aussi à la batterie sont des musiciens exceptionnels, ils ont en plus apporté ce quelque chose qui leur appartient.

ELEONORE SAYLE
©YANN ORHAN

M.B : Votre musique est souvent qualifiée d’élégante, introspective, raffinée. Comment décririez-vous vous-même l’esthétique d’Entre Mille ?

Éléonore Sayle : Je suis très heureuse qu’elle soit qualifiée ainsi. « Entre Mille » est en quelque sorte une présentation de ce qui me représente le plus en 4 chansons.

Je suis quelqu’un de très portée sur l’introspection, alors évidement c’est un thème qui me tient beaucoup à coeur.
J’ai un rapport très important avec les mots, j’ai toujours écouté des musiques qui mettaient en valeur les textes. Je pense que ça se ressent.

Je tenais aussi beaucoup à cet aspect « classique » et traditionnel. Un peu intemporel que l’on retrouve dans la chanson française. Pour moi c’était inconcevable de ne pas avoir de vrais instruments.

M.B : Cet EP marque vos premiers pas discographiques. Comment décririez-vous cette expérience, et quelle est la prochaine étape naturelle de votre parcours ?

Éléonore Sayle : C’est une expérience très intense du fait que je l’ai entièrement produit. J’ai beaucoup appris. Je suis très heureuse, et fière du chemin parcouru.

Cet EP c’est vraiment moi à 100%. Je ne voulais pas faire de concessions. Ça n’a pas toujours été simple mais je crois que ça vaut toujours la peine d’aller vers ce qui nous anime, vers là ou l’on se sent vivant. C’est ce que l’on a de plus beau à offrir au monde.

Si c’était à refaire, je referais tout exactement pareil. Parce que même lorsqu’on se trompe, on n’échoue pas. On apprend !

Après tout ce travail dans l’ombre, j’ai très envie d’aller sur scène jouer mes morceaux.

Je ressens aussi le besoin d’écrire en ce moment. Je partirai peut-être au printemps, écrire et composer de nouveaux morceaux.

J’adorerais que 2026 soit une année de voyage, peut-être en première partie d’une tournée…

M.B : Quel est aujourd’hui votre rêve le plus cher, celui qui vous accompagne en silence et que vous espérez voir se réaliser ?

Éléonore Sayle : Justement, je rêve de partir en tournée, d’accompagner un artiste pour ses premières parties. J’aimerais beaucoup faire celles de Benjamin Biolay, un artiste que j’aime beaucoup et que j’écoute depuis longtemps.
J’ai échangé avec lui récemment à ce sujet, et il m’a proposé de lui envoyer mes morceaux. Affaire à suivre !

M.B : Merci beaucoup, Éléonore, pour ce partage si généreux et inspirant. Je vous souhaite une belle continuation dans votre carrière et dans toutes vos aventures artistiques

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Souffle inédit est inscrit à la Bibliothèque nationale de France sous le numéro ISSN 2739-879X.
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