Présentée à l’Espace Mompezat par la Société des Poètes français, l’exposition « INTERMEDE », du 31 Janvier au 14 Février 2026, réunit plusieurs artistes engagés de longue date au sein de l’institution.
Exposition « INTERMEDE » avec Eliane HURTADO, Cerise ALEXANDRA, Hélène MOREL et Michel BENARD
Par Michel Bénard
Pensée comme un moment de partage et d’amitié, cette exposition met en lumière des parcours singuliers, entre exigence technique, fidélité aux thèmes et quête intérieure.
INTERMEDE
Ce projet – INTERMEDE – une idée d’exposition placée sous le signe de l’amitié, de la convivialité en marge de toute notion narcissique, ici seuls le partage et une créativité variée ont une raison d’être.
L’art n’est-il pas un vecteur de l’empathie et de l’amitié ?
Contrairement à la formule traditionnelle je survolerai au ressenti les artistes ici présents, que je connais bien sur le plan humain puisque nous sommes toute l’année ensemble et sur le plan artistique, puisque je suis au cœur et sur le fil de la création de chacun.
Cerise Alexandra : La précision du regard et la mémoire des formes

Dans un premier temps, je vais me tourner vers Cerise Alexandra qui a un parcours singulier. Aussi loin que nous puissions remonter, notre amie a toujours porter en elle une vive attirance pour les arts, avec un réel besoin de dessiner, de colorier, de composer, en un mot de gérer ses créations et à en faire de petites mises en scène.
En marge d’une carrière professionnelle intense, Cerise Alexandra veilla toujours sur son espace de création, pour elle c’était nécessaire, salvateur, elle y protégeait sa bulle d’air et y cultivait son jardin secret.


Son gout pour un certain art contemporain n’est pas débordant, elle n’est pas une adepte des compositions bâclées, ni du travail négligé. Non, son regard porte plutôt vers un classicisme raisonné, ce qui lui réussit parfaitement, car c’est naturellement une perfectionniste, qui ne se satisfait pas de la simplicité. Il faut qu’elle mette toujours un peu de difficultés techniques dans ses créations, il suffit de regarder ses félins pour être édifié.
Ses thèmes sont souvent animaliers, ce qui est loin d’être aisé, car saisir l’expression d’un animal demande déjà une belle maitrise. Nous la retrouvons dans de remarquables compositions en trompe l’œil ou natures mortes.
Preuve de sa volonté perfectionniste Cerise Alexandra suivit des cours d’aquarelle au musée Carnavalet et travailla également dans un atelier de copistes renommés, ce qui fut très bénéfique pour la suite de son parcours créateur. Je l’avais déjà souligné durant une exposition antérieure, mais je ressens chez Cerise Alexandra, une sorte de recherche d’un monde oublié, un monde de paix et de stabilité qui nous équilibre et nous rassure à la fois. Je vous confierai aussi que notre amie est régulièrement présente sur la scène de l’art, en galeries et divers salon.
Artiste de beau et réel talent, Cerise Alexandra est de nature modeste et discrète. En fait la peinture est un peu la chapelle où elle se recueille.
Hélène Morel : La pierre, la lumière et l’inquiétude créatrice

Maintenant je me tournerai vers Hélène Morel. Notre amie est bien connue, c’est une artiste fidèle, constante, que nous avons souvent vue pour notre plus grand plaisir sur nos cimaises. J’ai déjà dit beaucoup de choses sur l’œuvre d’Hélène Morel, où elle se réfugie au travers de ses arcanes et où le sujet peu devenir inépuisable.
Hélène est une artiste besogneuse, elle travaille sans cesse, c’est une perfectionniste, mais revers de la médaille, elle est une soucieuse, une anxieuse qui craint toujours de mal faire, d’être à côté de son sujet. Ses thèmes sont variés, mais fidélisés. Ayant l’esprit des compagnons, nous retrouvons la série des cathédrales, le mystère de la pierre, toutefois la nature est aussi omniprésente avec toutes les essences d’arbres qui a terme deviendront les charpentes des temples et cathédrales.


Cet aspect mystique et liturgique remonte de très loin, époque où avec son père elle allait régulièrement à Chartres, ce qui imprégna la petite Hélène. La cathédrale de Chartres est une pierre angulaire qui nourrit sa mémoire et son souffle créateur.
Hélène Morel a son petit côté perfectionniste qui lui fait remettre cent fois sur le métier son ouvrage. Pour peu elle serait capable de venir mettre sur un tableau en cimaise, la petite touche qui risquerait de manquer. J’imagine très bien Turner dans cet exercice.
En conclusion je dirai qu’Hélène Morel travaille avec opiniâtreté, elle soigne sa facture où nous reconnaissons sa ligne mélodique et chromatique.
Perpétuellement inquiète de ne pas réussir comme elle l’entend, c’est sans doute pourquoi elle nous fait rêver.
Eliane Hurtado : Maîtrise, métamorphoses et résurrection des œuvres

Une œuvre authentique peut devenir un grand miracle lorsqu’elle touche au cœur. Ainsi lorsque je me tourne vers Eliane Hurtado, c’est tout le champ des possibles qui s’offre à nous. Elle a un parcours artistique très marqué, très solide et d’un bel éclectisme. Formation à l’école des beaux-arts de Paris dont elle sortira avec son diplôme, puis fit une carrière de professeur d’art plastique. Au-delà de sa profession, elle travailla toujours à son œuvre personnelle et exposa régulièrement à Paris, salons et galeries. Puis à l’international, France, Italie, Belgique etc.
Plus tard elle prendra la présidence de l’Académie Européenne des Arts durant des années jusqu’au jour où le trésorier disparu avec la caisse.

Eliane Hurtado est une artiste multidisciplinaire qui peut très bien passer de la figuration académique à l’abstraction intuitiste avec la même intensité.
Elle a la chance ou plutôt le don de posséder une belle maitrise de son métier de peintre, à ce point, et j’aime ce petit côté anecdotique, qu’elle aurait aimé être faussaire, amusant ! Car en fait les faussaires vont bien au-delà des maitres dont ils réinventent les œuvres. Bon, restons-en-là, prudence ! Elle ne deviendra pas faussaire, mais plus sagement restauratrice de tableaux anciens, métier où elle excelle particulièrement selon les dires des spécialistes, collectionneurs et antiquaires. J’ose avouer que parfois elle touche au miracle en ressuscitant des œuvres anciennes que nous aurions considérées comme mortes. De Profundis – Amen.
Cependant aujourd’hui vous pourrez découvrir quelques compositions abstraites assez récentes qui souvent servent aussi d’illustrations pour divers ouvrages d’art ou de poésie.
Michel Bénard : Poétique du silence et lumière intérieure

Depuis son plus jeune âge Michel Bénard fût toujours attiré par les abbayes et l’art sacré qui donne sens à la pensée. Un jour son père lui offrit une encyclopédie dans laquelle il y avait la coupe d’une cellule de moine enlumineur. Symboliquement cette cellule répondait à une attirance pour les arts, le dessin, l’écriture, le savoir par les livres, le retrait du monde, avec un vaste espace de liberté puisque cette cellule avait trois cotés dont un ouvert sur un paysage de campagne infini. Dans ce contexte il ne manquait plus que le chant grégorien que le poète découvrit plus tard.


Pour Michel Bénard être poète, artiste, philosophe c’est déjà revendiquer son besoin d’amour, de liberté, d’humanisme, c’est respecter la vie et croire encore en l’homme, c’est tendre tout entier vers son devenir, loin des rumeurs barbares, des aveuglements de l’extrême, des régressions fanatiques et des ignorances radicalisées par l’obscurantismes. Pourquoi la calligraphie, la peinture, la poésie, parce que ce sont des flammes d’espoir, la possibilité d’un devenir pour l’homme d’aujourd’hui en perte de sens et de valeurs, en quête d’identité, en errance spirituelle et de repères sociaux, car la poésie, les arts au sens large du terme demeurent dans l’intention d’un acte d’amour universel et de créations multidimensionnelles, reposant sur le socle des principes fondamentaux. Il faut beaucoup de distance pour composer la poésie du silence. La poésie doit rendre tangible la lumière de l’esprit.




