Pascale Montupet / Michel Bénard

 

Pascale Montupet

Par Michel Bénard

Voici une artiste qui a un parcours singulier. Depuis sa petite enfance, Pascale Montupet fut toujours attirée par les arts plastiques, la nature, l’imaginaire, le rêve. Mais l’art n’a pas vraiment pour vocation de remplir l’estomac, c’est ainsi qu’au terme de ses études de lettres classiques et de l’obtention de ses diplômes, elle décidera de partir vers le Japon comme professeur de lettres à la faveur d’un échange entre l’Institut des Langues Orientales et du Ministère Japonais de l’Education Nationale. Pari audacieux. Mais ce pays l’a toujours attirée, fascinée inconsciemment, elle y trouve un écho, une part masquée d’elle-même. C’est ainsi qu’elle s’intègre parfaitement à la vie et la culture japonaise, le fait est suffisamment rare pour une Occidentale et doit être souligné. Elle va même bien au-delà du monde des lettres, pour se former à l’art exigeant du sumi-é, sorte de dessin gestuel libre, proche de la discipline calligraphique, mais ne reproduisant pas les lettres, ni les idéogrammes, où seul compte la maitrise du trait et la spontanéité du graphisme.

Puis après bien des tergiversations, ce sera le retour en France. Pascale Montupet ne renonce pas pour autant à sa passion et elle va suivre des cours à l’Atelier de l’école des Beaux-Arts de la ville de Paris où elle aura la chance de rencontrer deux professeurs Antoine Petel et Jean Rougé très libres et quelque peu « marginaux » qui vont lui permettre de s’exprimer dans la composition pure. Chez elle la couleur est prédominante, les tons sont atténués, les œuvres joyeuses, vivantes, ce qui n’est pas un luxe actuellement dans un contexte noyé d’incertitudes.

Au travers de chacune de ses œuvres Pascale Montupet nous raconte une histoire, un conte, une scène imaginaire où parfois le hasard subvient à la composition. La littérature imprègne l’œuvre de notre artiste et il n’est pas rare d’y retrouver derrière, un écrivain ou un poète, comme Les Cavaliers de Joseph Kessel et comme pour une idée une ligne en appelle d’autres, vous pourrez découvrir aussi un petit clin d’œil à Giacometti. Parfois c’est aussi un retour au jardin de l’enfance avec Le Jardin de Gaspard. 

Si vous êtes attentifs vous pourrez découvrir dans l’œuvre de Pascale Montupet, tout un univers rattaché aux bestiaires. Parfois je songe aussi à Corneille, Doucet, Appel, Alechinsky, car il y a dans l’œuvre de notre amie des vibrations proches du mouvement Cobra.

Comme chacun d’entre nous Pascale Montupet a ses coups de cœurs et c’est ainsi que nous pouvons découvrir un petit signe à Cézanne dans le mouvement linéaire et coloré, à Matisse par certains effets pigmentés, à Bonnard par une sorte de lumière solaire ocrée. Par ailleurs pourquoi ne verrions-nous pas également une forme initiatique et chamanique au travers de la série des masques révélant chacun un contexte particulier partagé entre un visage bleu intemporel, un sombre inquiétant où flotte un malaise et l’ocre rouge plus joyeux. Il est indéniable que les empreintes de certaines phases de vie, stigmates personnels y soient imprégnées.

Pascale Montupet par Michel Benard

Notre artiste a besoin d’espace et de liberté, elle voudrait faire de sa peintre un poème, d’ailleurs dans son petit jardin intime elle est aussi poète, alors peut-être que dans son rêve elle se voit peindre les mots qu’elle ne peut pas écrire, pour mieux écrire les mots qu’elle ne peut pas peindre.

Également adepte du collage comme travail préparatoire à ses tableaux elle se rapproche ici aussi de la poésie.

Prenez le temps de vous plonger dans les méandres poético-picturaux de Pascale Montupet, peut-être y décrypterez-vous les mystères des secrets masqués.

Fixer la lumière et embellir la vie.

Peinture

 

Souffle Inédit

Magazine d'art et de culture. Une invitation à vivre l'art

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *