Abrégé de la douleur / Aymen Hacen

 

Abrégé de la douleur

 

D’une douleur elle-même gauche

À l’image de l’épaule du bras

Des rêves eux-mêmes tordus

Sous la contrainte

D’une contrainte mais laquelle

Interroger est-ce déjà moins souffrir

Ou la douleur chaleureuse devient-elle

Consolation

 

Cette encre qui coule au bout de la plume

Au bout des doigts au bout du souffle

Cette encre qui s’avance masque-t-elle

La douleur qui elle n’avance pas masquée

Mais creuse sillons dans la terre de l’homme

Aiguille à tatouage dans la chair brûlante

Douleur qui parle crie chante

Gauche gauchère adroite jusque dans la douleur

 

La douleur n’est pas plus qu’une amande fraîche

Serait-elle amère : dégoût déceptif

Quand la bouche ouverte s’attend à la douceur

Bute sur les limites du sens et des sens

Un cri peut certes en exprimer la laideur

Mais rien ne cingle plus la langue qui se tord

De déception – n’est-ce pas l’extrême douleur

 

Tu as beaucoup de morts autour de toi

Deuils permanents plaies béantes tombeaux ouverts

De la mort maintes déclinaisons maints visages

Comme si cela se jouait art de la mort

Sur l’échiquier de la vie où rien qu’un fou un

Cavalier peut à lui seul donner coup de

Grâce l’un crie l’autre hennit : échec et mat !

 

(Inédit. Moknine, Tunisie, du 11 au 15 juin 2020.)

 

Tableau de couverture d’Irène LLORENS

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