Rosemonde Gérard

Louise-Rose-Étiennette Gérard, dite Rosemonde Gérard, est une poétesse et comédienne française, née le 5 avril 1866 à Paris où elle est morte le 8 juillet 1953.

Elle a eu pour parrain le poète Leconte de Lisle.  Son père, le comte Gérard, meurt jeune et Alexandre Dumas fils devient son tuteur.

A l’âge de 23 ans, elle publie son premier recueil de poésie Les pipeaux , qu’elle signe par son vrai nom. Le recueil a été salué par la critique et couronné par l’Académie Française. Puis elle adopte le surnom de sa grand-mère pour jouer et écrire.

En 1890, elle épouse l’écrivain Edmond Rostand. La même année, elle reçoit le prix Archon-Despérouses.

Rosemonde est surtout poète, elle a rarement joué la comédie, elle a été sollicitée, par Coquelin, pour jouer le rôle de Roxane quand l’actrice Maria Legault s’est absentée pour la répétition Des couturières.

Edmond quitte Rosemonde en 1915 pour l’actrice Mary Marquet.

Rosemonde publie l’Arc-en-ciel en 1926 et reçoit le prix de l’Académie française pour la deuxième fois.

Rosemonde écrit avec son fils Maurice de nombreuses pièces de théâtre dont: Un bon petit Diable 1912  ; La Suite à demain ; La Marchande d’allumettes 1914.

En 1931 elle est nommée Chevalier de la Légion d’honneur. Elle a été membre du jury du prix Fémina.

En 1935 elle dédie une biographie en prose à son défunt époux où elle lui rend un bel et vibrant hommage.

Rosemonde Gérard meurt le 8 juillet 1953 en son domicile dans le seizième arrondissement de Paris. Elle inhumée au cimetière de Passy, en compagnie de son fils Maurice Rostand.

Ses œuvres :

Les Pipeaux, poèmes, 1889

Les Vieux, interprété par Sarah Bernhard en 1903

A mon fils, décembre 1909

Les jardins, décembre 1910

Un bon petit diable avec son fils Maurice 1911

Le voyage d’une coccinelle, juin 1913

L’impossible amitié, juillet 1913

Les voyages décembre 1913

La Marchande d’allumettes, livret d’opéra avec son fils Maurice en 1914,

La Robe d’un soir 1925, musique de scène de Claude Corbreuse, joué au théâtre de l’Odéon en 1924-1925

La Vie amoureuse de Madame de Genlis 1926

L’Arc-en-ciel, poèmes 1926

Mes souvenirs : Cyrano de Bergerac, avec un dessin d’Edmond Rostand 1927

Les Masques de l’amour, théâtre en vers, 1928

Les Papillotes, théâtre en vers, 1928

À quoi rêvent les vieilles filles, théâtre en vers, 1928

La Tour Saint-Jacques, pièce en un acte, en vers 1928

Le Féminisme, avec son fils Maurice, conférence 1930

La Forêt enchantée, pièce de théâtre avec son fils Maurice en 1931

Les Papillotes, pièce de théâtre en vers, 1931

Féeries, 1933

Edmond Rostand, 1935

Rien que des chansons, 1939

Les Muses françaises, poèmes, 1943 ; de Marie de France à Rosemonde Gérard

Méditations poétiques et harmonies poétiques de Victor Hugo, sonnet, préface de Rosemonde Gérard, 1930

Histoire d’amour et Lettre de rupture, deux chansons de Rosemonde Gérard et Tjarko Richepin enregistrées par Jeanne Aubert en 1942

Lettres à sa fiancée, Edmond Rostand, Editions Nicolas Malais, 2009, lettres d’amour de Rostand à sa future femme

Vous êtes mon espoir et ma désespérance Poème pour Mélodies d’Ivan Devriès (paroles de Gérald Devriès, Rosemonde Gérard, Paul Éluard, Guillaume Apollinaire).

Poème choisi 

L’éternelle chanson

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,
Au mois de mai, dans le jardin qui s’ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos cœurs en fête,
Nous nous croirons encore de jeunes amoureux,

Et je te sourirai tout en branlant la tête,
Et nous ferons un couple adorable de vieux.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec de petits yeux attendris et brillants,
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.

Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer,
Nous aurons une joie attendrie et très douce,
La phrase finissant toujours par un baiser.
Combien de fois jadis j’ai pu dire  » Je t’aime  » ?
Alors avec grand soin nous le recompterons.
Nous nous ressouviendrons de mille choses, même
De petits riens exquis dont nous radoterons.
Un rayon descendra, d’une caresse douce,
Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser,
Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer.

Et comme chaque jour je t’aime davantage,
Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain,
Qu’importeront alors les rides du visage ?
Mon amour se fera plus grave – et serein.
Songe que tous les jours des souvenirs s’entassent,
Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens.
Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent
Et sans cesse entre nous tissent d’autres liens.

C’est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l’âge,

Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main
Car vois-tu chaque jour je t’aime davantage,
Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain.

Et de ce cher amour qui passe comme un rêve,
Je veux tout conserver dans le fond de mon cœur,
Retenir s’il se peut l’impression trop brève
Pour la resavourer plus tard avec lenteur.
J’enfouis tout ce qui vient de lui comme un avare,
Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours ;
Je serai riche alors d’une richesse rare
J’aurai gardé tout l’or de mes jeunes amours !
Ainsi de ce passé de bonheur qui s’achève,
Ma mémoire parfois me rendra la douceur ;
Et de ce cher amour qui passe comme un rêve
J’aurai tout conservé dans le fond de mon cœur.

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,
Au mois de mai, dans le jardin qui s’ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos cœurs en fête,
Nous nous croirons encore aux jours heureux d’antan,
Et je te sourirai tout en branlant la tête
Et tu me parleras d’amour en chevrotant.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec de petits yeux attendris et brillants,
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.

Tableau de couverture : Portrait par Ernest Hébert

Source Wikipédia

 

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