Dans ces deux poèmes extraits de son recueil Mosaïque, Moussa Kako donne voix à une humanité en mouvement. Entre survie, errance et réflexion sur la condition humaine, sa poésie interroge les chemins que chacun emprunte pour continuer d’avancer malgré les épreuves.
Moussa Kako : la poésie du nomade et de l’humain en marche
Sur le qui-vive
À la recherche de l’eau
En quête de subsistance
Au guet d’un tantinet
Gouttes de pluie
Hordes de l’aube frugale
Acculée à se battre
Filez à l’instinct
Sur les pistes du désert
Qu’importe la distance
Ici et là, là-bas
Ailleurs, à mille lieues
Vivre et continuer d’être !
Prendre route sans rechigner
Bivouac après bivouac
Goûter à l’élixir
D’une vie itinérante
Figée dans la boucle infernale
Du famélique destin
Aux promesses mortes
Efflanqué, je campe
Et prends position
Une fois de plus
Je tente de me refaire
Tout en pensant
Au prochain déplacement
Ainsi donc est mon existence
Nomade
Jusqu’au dernier souffle.
Aux lecteurs
Lecteurs avisés
Mû par le rythme de la poésie
Laissez-vous emporter
Par le style apprêté
De ces vers mosaïques
Loin, là-bas… ailleurs
Au fond de vous-mêmes
Dans les méandres
De la pensée du poète
Au cœur de la vie
À la rencontre de l’humain
Dans toutes les postures de sa conscience
Dans toutes les formes de ses souffrances
Afin de changer le regard
Que vous portez sur vous-mêmes
Pour sonder l’autre dans toute sa dimension
Pour le plaisir égoïste d’éprouver des sensations neuves
Moussa Kako
Moussa Kako, connu sous le pseudonyme de Moukassa, est l’auteur du recueil de nouvelles La Dérive (2019) et du recueil de poèmes Mosaïque (2022). Passionné de littérature, il œuvre depuis de nombreuses années à la promotion de la lecture et de l’écriture à Djibouti. Cofondateur du café littéraire Gafaneh, il participe activement à la valorisation des auteurs djiboutiens et de la littérature francophone. Il est également président-fondateur de l’association « La Boussole des Savoirs », qui organise conférences littéraires, clubs de lecture et ateliers d’écriture à travers le territoire, afin de favoriser l’accès aux savoirs et à la langue française.
Tableau de couverture : La femme et l’enfant de Pascal Furlan





