Yolaine Rilhac effleure la lumière de l’âme par ses sculptures

Yolaine Rilhac par Michel Bénard

Il est parfois des signes prémonitoires car la petite Yolaine a toujours eu une attirance pour la sculpture, disons le modelage. De plus elle ne se privait pas d’aller chercher de la glaise au ruisseau qui coulait au pied de sa maison. J’imagine très bien la tête des parents !

Les chemins de la création

Les chemins de la création sont parfois des plus insolites, car il aura fallu à Yolaine Rilhac une carrière de photographe très engagée, pour finalement s’orienter vers la sculpture où elle se familiarisera avec le métier, car la sculpture c’est déjà un métier, pas n’importe lequel d’ailleurs car il est celui de l’intelligence de la main.

Pour cela Yolaine Rilhac n’a pas spécialement recherché la simplicité, car c’est aux Etats Unis qu’elle alla pour s’initier à l’art de la sculpture. Pour des raisons professionnelles et familiales il lui fallut partir à Washington et finalement ne pouvant plus pratiquer la photographie comme il le faudrait, elle décide d’apprendre sérieusement la sculpture dans une importante école d’art à New York, puis à Alexandria en Virginie. Son cheminement commencera par une formation classique et le modelage. A n’en pas douter Yolaine Rilhac portait en elle de belles prédispositions pour l’art de la sculpture, car même ses œuvres du début sont d’une belle tenue.

Mais à bien y réfléchir la photographie et la sculpture participent un peu au même principe, celui de fixer l’œuvre dans le temps, pérenniser l’image, fixer l’instant ou perpétuer des formes nouvelles dans la matière. Prolonger le principe de création.

Donner une âme à l’œuvre

C’est ainsi que Yolaine Rilhac se tourna vers les matériaux les plus variés réalisant les jumelages les plus variés, glaise, marbre, bois, plâtre, albâtre, bronze etc.

Notre sculptrice porte son regard sur la nature mère qui devient le socle de ses créations, les variations sont infinies, les jumelages de tous les possibles sont ouverts.

La lumière révélant les œuvres a une forte importance, vieil atavisme de l’art photographique où la lumière est la source même de l’expression.

Du visible saisit instantanément notre sculptrice passe au tangible en jouant sur les trois dimensions.

Volontairement je ne dériverai pas sur le cursus de Yolaine Rilhac présentant ses œuvres, ses expositions, ses distinctions, il n’y a rien à prouver, il suffit de regarder ses œuvres et le constat de son talent est flagrant.

La démarche de notre amie est d’une intense poésie et d’une solide réflexion philosophique et je vous suggère d’ailleurs à ce propos de lire ses réflexions à partir de «L’atelier» lieu d’excellence de la création.

Par la sculpture Yolaine Rilhac tient à révéler le beau, à le fixer, mais elle n’en reste pas à l’apparence, il faut donner une âme à l’œuvre, une sensibilité où vibre une lumière réveillant les volumes.

Une liberté créative

Peu à peu notre créatrice évolua du classicisme, de l’académisme, nécessaire à la prise de contact avec le métier, au nu, au portait d’un grand raffinement, pour enfin s’orienter vers une expression plus personnelle et une plus grande liberté créative où se mêlent les matériaux les plus divers et à partir de là nous investissons l’espace du message et de la poésie.

A partir d’éléments naturelles, bois flottés, métaux, minéraux, Yolaine Rilhac prolonge et réveille les formes, les volumes endormis, personnalise et achève ce que la nature a déjà ébauché.

Ici l’artiste joue avec des incrustations de bois dans un cadre aléatoire, use de la fusion des éléments, de l’osmose de la matière, mêle la réalité à l’abstraction, ose un langage symbolique.

Une racine tortueuse évoque le tourment de la vie et pourtant désigne aussi l’accession possible vers la sagesse. Le questionnement se fait existentialiste, les lois du hasard ou du non-hasard vont de rendez-vous manqués à des rendez-vous programmés.

Thème majeur et grand dilemme éternel, l’amour, qu’il soit fusionnel, maternelle ou mystique.

Effleurer la lumière de l’âme

Notre sculpteure nous offre une chorégraphie informelle, allant du mythe d’Icare que la vanité conduira à sa perte, à l’espérance d’une nidation gardienne des fragilités de la vie. C’est le regard de l’enfant porté vers le sein de la mère nature.

Lorsque je contemple les œuvres de Yolaine Rilhac il me vient à l’esprit l’image de la dualiste d’une matière brute indomptée où nait la beauté, sorte de parabole du diamant noyé au cœur de sa gangue magmatique.

Pour notre amie, l’acte de sculpter c’est se rapprocher de l’intime, c’est effleurer la lumière de l’âme et tenter de pérenniser l’éphémère.

 

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La sculpteure

Michel Bénard

Sculpture

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