Avec À voix basse, la réalisatrice Leyla Bouzid signe un film sensible et traversé de tensions, sur les silences qui pèsent dans les familles et dans la société.
« À voix basse » de Leyla Bouzid : le poids des silences et le courage d’être soi
Par Raghda Kammoun
Le film suit Lilia, une jeune femme installée en France, qui revient en Tunisie après la mort soudaine de son oncle. Ce retour va peu à peu la confronter à ce qu’elle avait laissé derrière elle : une famille, des souvenirs, mais aussi des vérités difficiles à affronter.
Le récit s’ouvre sur les circonstances de cette disparition, autour desquelles circulent plusieurs interprétations, liées à la vie privée du défunt et à son orientation sexuelle.
Dans la maison familiale, plusieurs générations de femmes se retrouvent. Les échanges sont parfois tendus, souvent silencieux. On sent que beaucoup reste enfoui, comme retenu. Lilia, elle, avance avec un secret.
Le film s’approche peu à peu de ces silences. Il laisse apparaître ce qui n’est jamais dit, à travers des regards, des gestes, des moments suspendus. Tout se dévoile doucement, sans brusquer. C’est dans cette manière de faire que naît l’émotion. Leyla Bouzid filme avec délicatesse les relations familiales, les blessures invisibles et les questions d’identité, sans jamais forcer.
À voix basse est un film qui avance doucement, mais qui laisse une empreinte profonde.
Parce qu’au fond, certaines vérités ne peuvent être entendues… qu’à voix basse.



