La 24e édition du Printemps des Poètes, qui se tient du 12 au 28 mars 2022, met à l’honneur le thème de « L’Éphémère ».
24e Printemps des Poètes : L’ÉPHÉMÈRE
Du 12 au 28 mars 2022
Sous la direction artistique de Sophie Nauleau, cette édition invite à explorer la fragilité du temps et l’intensité de l’instant.
Plus qu’une simple idée de brièveté, l’éphémère est ici envisagé comme une expérience vive, une urgence à ressentir et à dire. La manifestation s’inscrit dans une filiation poétique où résonnent les voix de Louis Aragon, Léo Ferré ou Yves Montand, tout en s’ouvrant à d’autres formes artistiques, notamment à travers l’évocation de Pina Bausch.
À travers lectures, rencontres et performances, le Printemps des Poètes propose ainsi de questionner, ici et maintenant, la part la plus fugace et la plus essentielle de nos existences.
Il en va des mots comme des chansons d’amour qui reviennent par surprise au détour d’une voix, d’un souvenir, d’une émotion. J’ai pris la main d’une éphémère… dansait dans ma mémoire. Sans que je sache qui le premier, de Montand ou Ferré, avait semé ce trouble de l’étrangère en moi. Adolescents nous ne comprenions pas tout à cette romance des années folles, ni même à ce poème que l’on disait roman inachevé, mais pressentions ce mystère de l’éternelle poésie qu’Aragon dilapidait sans crier gare.
Une seule et unique voyelle, quatre fois invoquée, entre la fièvre, le murmure, la foudre, l’imaginaire, l’insaisissable, l’à-venir, l’impensé, le maternel, le fugace, la soif, l’énigme, le précaire, l’effervescence, le friable, l’envol, l’impermanence…
Plus vaste que l’antique Carpe Diem et plus vital aussi, L’Éphémère n’est pas qu’un adjectif de peu d’espoir. C’est un surcroît d’urgence, de chance et de vérité. Une prise de conscience toute personnelle et cependant universelle, comme un quatrain d’Omar Khayyam, un haïku d’hiver, un coquelicot soudain, une falaise à soi, un solstice d’été, un arbre déraciné ou la vingtaine de numéros d’une revue de poètes du siècle dernier.
Il est temps de sonder à nouveau L’Éphémère. De ne pas attendre à demain. De questionner ici et maintenant la part la plus fragile, la plus secrète, la plus inouïe de nos existences.
Dans les pas de Pina Bausch qui nous a légué cette renversante image : la danseuse Clémentine Deluy, née un 21 mars, n’en finit pas de traverser la scène en robe du soir, portant ce stupéfiant sac à dos à même ses épaules nues. Comme la mousse sur la pierre, tel était le titre de l’ultime spectacle, puisé en terre chilienne et photographié par Laurent Philippe, qui a escorté la chorégraphe du Tanztheater de Wuppertal durant des années. La magie étant que celui qui a choisi d’immortaliser L’Éphémère n’est autre que le fils de l’un de nos plus grands poètes français, Ludovic Janvier.
SOPHIE NAULEAU
Directrice artistique
Photo de couverture : Logo
Media : Affiche de la 24e édition du Printemps des Poètes




