Claude François : l’éternel Cloclo, icône populaire de la chanson française

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Claude Francois - Milan,1969 - Photo : Mondadori / Domaine public / Wikimédia

Quarante-sept ans après sa disparition, retour sur la carrière de Claude François, l’un des chanteurs marquants de la chanson française.

Claude François : retour sur la carrière d’une star de la chanson française, quarante-sept ans après sa disparition

Par Monia Boulila

C’est le 11 mars 1978 que la France entière a été frappée par la disparition de Claude François. L’artiste emblématique a trouvé la mort brutalement à l’âge de 39 ans, dans son appartement à Paris, suite à une électrocution accidentelle. La nouvelle provoque un choc dans le pays. Claude François est alors l’un des chanteurs les plus populaires de la variété française.

Quarante-sept ans plus tard, ses chansons sont toujours écoutées et continuent de résonner dans la mémoire collective. Au-delà de son image d’idole populaire, se révèle un artiste travailleur, obsédé par la scène et portant une attention soignée à chaque détail de ses spectacles.

Une enfance marquée par l’exil

Claude François naît le 1er février 1939 à Ismaïlia, en Égypte, une ville où son père était employé par la Compagnie du canal de Suez. Il a passé ses jeunes années dans un environnement plutôt aisé et ouvert sur le monde.
Cependant, leur existence prend un tournant radical après la crise du canal de Suez en 1956. La famille est alors contrainte de quitter l’Égypte pour s’installer en France. Ce déracinement laissera une empreinte durable sur le jeune Claude.

Très tôt attiré par la musique, il s’initie à divers instruments, notamment le violon et les percussions. Il fait ses débuts sur la Côte d’Azur, se produisant au sein d’orchestres dans les clubs et hôtels fréquentés par les vacanciers. Ces expériences lui permettent d’affiner son sens du rythme et de développer une véritable présence scénique.

Les années 1960 : l’émergence d’une idole

La trajectoire artistique de Claude François prend son envol en 1962, propulsée par le retentissant succès de « Belles ! Belles ! Belles ! », une adaptation française d’un titre des Everly Brothers. Ce morceau connaît une popularité immédiate.
Il s’inscrit sans tarder dans le mouvement yéyé, qui domine alors la jeunesse française au début des années 1960. Ses nombreuses apparitions à la télévision et ses prestations en tournée accroissent considérablement sa visibilité auprès du public.

Claude François saisit très tôt l’importance du spectacle. Il intègre à ses prestations des chorégraphies, des jeux de lumière et un support visuel qui métamorphosent ses concerts en véritables shows. Les Claudettes, son groupe de danseuses qui l’entourent sur scène, deviennent rapidement un élément emblématique de ses spectacles.
Cette attention particulière portée à la mise en scène participe fortement à moderniser et dynamiser la variété française.

Claude François
Claude François – Amstelhotel à Tuin – 1er octobre 1965 – Photo : Joost Evers / Anefo / Domaine public / Wikimédia

Une succession de chansons populaires

Au fil des années, Claude François enchaîne les titres qui marquent le public.

Parmi les plus connus :

– « Le Lundi au soleil »
– « Le téléphone pleure »
-« Cette année-là »
-« Magnolias for Ever »
-« Alexandrie Alexandra »

Ces chansons s’appuient souvent sur des mélodies simples et fortes, préparées pour la radio et la scène.

En 1967, Claude François coécrit avec Jacques Revaux la chanson « Comme d’habitude ». Quelques années plus tard, le chanteur canadien Paul Anka en adapte les paroles en anglais. La chanson devient « My Way », popularisée par Frank Sinatra. La chanson est depuis lors devenue l’une des chansons les plus reprises au monde.

Un chanteur aussi producteur

Claude François ne se contente pas de chanter. Il développe aussi une activité d’entrepreneur dans l’industrie musicale.

Bien au-delà de sa carrière de chanteur, Claude François développe aussi une activité d’entrepreneur dans l’univers de la musique.
Il a ainsi créé sa propre maison de disques, Flèche, une structure lui permettant de produire et d’éditer une partie de ses propres œuvres. Son intérêt s’étend par ailleurs au monde de l’édition, où il a participé au lancement du magazine Podium, destinée au public adolescent.

Cependant, cette facette d’homme d’affaires, véritable moteur de son action, reste souvent bien moins connue du grand public que son image d’idole populaire.

Les années disco et le sommet de la popularité

Dans les années soixante-dix, Claude François adapte son approche artistique aux transformations de la musique populaire. Il s’inspire notamment du disco qui domine alors les pistes de danse.
Ses spectacles deviennent plus sophistiqués. Les chorégraphies, les tenues et les artifices visuels jouent un rôle essentiel. Le chanteur est connu pour son perfectionnisme et son exigence envers sa troupe de musiciens et de danseuses.

Au moment de sa mort, il est toujours l’un des artistes les plus présents dans les médias et les salles de spectacle.

Le 11 mars 1978 : une disparition brutale

Le 11 mars 1978, Claude François se trouve dans son appartement du boulevard Exelmans à Paris. Alors qu’il tente de redresser une applique électrique dans sa salle de bain, il est victime d’une électrocution.
La nouvelle de sa mort se répand rapidement dans les médias. Les réactions de ses admirateurs témoignent de l’importance qu’il occupait dans la culture populaire française.
Peu de temps après sa disparition, la chanson « Alexandrie Alexandra » devient l’un de ses plus grands succès.

Une mémoire toujours présente

Claude François reste l’un des noms importants de la chanson populaire française du vingtième siècle. Il a construit sa carrière grâce à une forte présence à la télévision, son talent pour le spectacle et ses chansons qu’on reconnaît tout de suite.
Ses titres passent encore à la radio et repris par d’autres artistes. En 2012, le film « Cloclo », réalisé par Florent-Emilio Siri, a aussi permis de faire redécouvrir son parcours à un nouveau public.

Près d’un demi-siècle après sa disparition, les chansons de Claude François continuent d’être diffusées et reprises. Un signe que certaines voix, une fois entrées dans la mémoire populaire, ne disparaissent jamais vraiment.

Monia Boulila
Poète, traductrice et rédactrice web
Déléguée de la Société des Poètes Français
Photo de couverture @ Wikimédia
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Claudine Bertrand
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Poète, traductrice et rédactrice web. Rédactrice en chef du média culturel Souffle inédit. Déléguée de la Société des Poètes Français. Souffle inédit est inscrit à la Bibliothèque nationale de France sous le numéro ISSN 2739-879X.