Après un premier entretien accordé à Souffle inédit, Sami Hochlaf revient sur la publication de sa thèse consacrée à Habib Bourguiba et Léopold Sédar Senghor.
Sami Hochlaf, De la Francophonie des Fondateurs, Habib Bourguiba et Léopold Sédar Senghor
Les jeudis littéraires d’Aymen Hacen
Le 30 janvier 2025, nous avons réalisé un entretien ayant pour titre : « Bourguiba perçoit la langue française comme un bien commun ».
Depuis, vous avez organisé le 3e Colloque international « Habib Bourguiba : Mémoire d’avenir » et publié, en janvier 2026, votre thèse, soutenue en janvier 2024, sous la direction du Professeur Samir Marzouki, avec une préface du Professeur Nizar Ben Saad.
En vous félicitant de vos différentes activités, dont l’émission hebdomadaire « Manarat tounsiyya » sur Jawhara Fm/Tv, diffusée en direct tous les jeudis soirs de 20 à 21 h, nous voudrions prolonger le dialogue amorcé l’année dernière.
Publiée par Latrech Édition, sous l’égide de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sousse, votre thèse, intitulée De la Francophonie des Fondateurs, Habib Bourguiba et Léopold Sédar Senghor, à la Francophonie d’aujourd’hui, est préfacée par le Professeur Nizar Ben Saad qui écrit à votre sujet : « La Francophonie, à ce tournant de son histoire, peut encore être un espace de sens et d’avenir. Mais cela suppose de revenir à son essence : non pas un empire reconverti, mais un projet porté par des peuples, une langue façonnée par leurs récits, leurs résistances, leurs rêves. C’est cette trajectoire que retrace Sami Hochlaf, avec précision, clarté et engagement. »

En publiant aujourd’hui le fruit de plusieurs années de travaux de recherche, à quel public vous adressez-vous ? Quels sont les enjeux et les perspectives à venir, aussi bien pour vous que dans le cadre de la Francophonie en général ?
Sami Hochlaf : Tout d’abord, je remercie Souffle Inédit de m’avoir accordé un deuxième entretien à la suite de la publication de ma thèse. Je reviens à vos questions qui s’articulent autour de la langue française dans ses différentes manifestations. Par la langue, on communique, on s’exprime, on réfléchit et on agit. Mon questionnement principal, dans De la Francophonie des fondateurs, Habib Bourguiba et Léopold-Sedar Senghor, à la Francophonie d’aujourd’hui, porte sur les interactions entre une langue et ses usagers. Il s’agit de la langue française, héritière d’une longue histoire, et de locuteurs de différents pays, dont la Tunisie. L’équation à plusieurs variables qui s’est présentée à moi, je peux la formuler en ces termes : quels sont les liens, les perspectives et les tensions que vivent les différentes parties citées dans le livre avec la francophonie ?
Je fais remarquer qu’une langue n’est en aucun cas dissociée de sa ou de ses cultures. La langue française est nourrie de toutes les langues et les cultures qui l’ont contactée et fécondée. Peut-on aujourd’hui parler de la langue arabe sans évoquer et renvoyer à l’héritage grec, romain, perse, indien, chinois et aux philosophes du Moyen Âge : Al-Fârâbî, Ibn Sina, Ibn Rochd, Ibn Khaldoun, etc. ? La langue est l’expression culturelle d’une civilisation et je reprends une des définitions de Senghor : « la culture est l’esprit de la civilisation ».
Mon collègue et ami, Nizar Ben Saad, a eu l’amabilité de préfacer mon livre et de souligner le but et le sens de cette étude sur la francophonie. Ce dernier vocable a longtemps eu (et a) une signification relative aux études littéraires : la littérature d’expression française ou francophone. Notre démarche consiste à explorer un autre aspect, peu étudié : la civilisation francophone. Le vocable « francophone » revêt un sens pluriel dans notre approche. Chaque communauté utilisant la langue française exprime, emploie et vit la francophonie d’une manière spécifique. C’est le centre d’intérêt majeur de notre réflexion. En effet, nous pensons qu’il existe plusieurs francophonies. Chaque pays francophone s’accommode de cette pratique linguistique pour « prendre et donner ». Les usagers de cette langue, non natifs de la France, sont une opportunité pour la langue et la culture françaises. La francophonie ne se limite pas à un acte discursif, c’est un mouvement culturel. Je rappelle qu’Onesime Reclus a introduit le néologisme « francophone » en relation avec les locuteurs du français sur tous les territoires européens et extra-européens. La langue française n’est plus le monopole de la seule « France », depuis la fin du 19e siècle, elle acquiert un statut international. Une des questions auxquelles le livre essaie de répondre : pourquoi existe-t-il un engouement pour la langue française depuis le 18e siècle ?
Une des périphrases, pour désigner la langue française, est l’expression : « la langue de Voltaire ». Évidemment, le nom de Voltaire renvoie à la philosophie, au savoir et aux Lumières. Le XVIIIe siècle est un tournant dans l’histoire de la France et de l’Europe, grâce à des personnages comme Voltaire. Le mode de pensée a trouvé une liberté permettant de percevoir l’homme, la société, la religion, la politique et le monde différemment. Le statut de l’individu a évolué de sujet du roi à citoyen d’une République. Une autre périphrase est extrêmement significative « le citoyen de Genève » pour appeler Rousseau. Les philosophes les plus célèbres du 18e siècle se sont exprimés en français. Cette langue devient le réceptacle d’un projet civilisationnel extraterritorial : une civilisation de la rationalité, de la liberté, de la laïcité et de la connaissance sur le socle de la citoyenneté, garante de l’égalité et de l’équité. Ce projet humaniste est attaché organiquement à la langue française. Toutefois, ce projet humaniste francophone, en cours au 18e S, n’est pas hégémonique. Il accorde à chacun et à chaque communauté le droit à la différence et à la diversité. La langue française ne peut pas être associée à la colonisation et à l’asservissement des peuples. Les adeptes conservateurs de la colonisation refusaient l’accès, pour les autochtones colonisés, à la langue française par le biais de la scolarisation et du système éducatif. Ils justifiaient leur position par le fonds humaniste que porte leur langue. Une fois cette langue apprise, les apprenants allaient revendiquer les principes que véhiculent la culture française : la liberté, l’égalité, la fraternité, etc. Dans mon livre, j’accorde un intérêt particulier à la relation entre les principes fondateurs de la France et les deux protagonistes de l’étude : Bourguiba et Senghor. Ces deux hauts personnages ont défendu leur cause nationale grâce aux idéaux portés par la langue française. Je pense que la francophonie/Francophonie est capable aujourd’hui de défendre le droit international et les grandes causes de l’humanité. Comme le dit Senghor, la francophonie est un humanisme intégral, elle se conjugue au pluriel, et non au singulier, sur un horizon temporel étendu.
Mon projet de thèse/livre a été motivé par l’ensemble des éléments avancés plus haut. Ce livre est à l’attention de tous les publics intéressés par une réflexion sur la francophonie, sur l’humanisme, sur la mémoire, sur le vivre ensemble et sur l’action de deux hautes figures de l’Afrique : Bourguiba et Senghor. Le futur se construit à partir du passé.
A.H : Le 20 mars 1970 est créée l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (l’ACCT), l’ancêtre de l’Organisation internationale de la francophonie (depuis 1997). Cette date, celle de la Convention de Niamey, est-elle le fruit du hasard ? Quid du rôle joué par le président Habib Bourguiba en cette date qui coïncide avec celle de l’Indépendance de la Tunisie ?
Sami Hochlaf : Oui, le 20 mars 1970 a été créée l’Agence de Coopération Technique et Culturelle (l’OIF plus tard). D’abord, je dois préciser que ce projet a été porté par deux personnalités africaines : Senghor et Bourguiba. Senghor affirme que lors d’un entretien, à Paris en 1955, avec Bourguiba, l’idée du projet d’une organisation regroupant des communautés parlant la langue française est née. Je signale qu’à cette date la Tunisie et le Sénégal sont encore sous administration française. Toutefois, ces deux leaders et visionnaires étaient conscients qu’ils étaient en train d’anticiper l’avenir et l’indépendance de leurs pays. Dans la vision de Bourguiba et de Senghor, l’indépendance doit s’accompagner d’une unité avec des pays partageant des traits communs, la langue en est un. Ce projet de rassemblement ou d’union apporterait une solidarité et un développement mutuel. Je fais remarquer que Bourguiba a tenté un rapprochement avec les pays parlant la langue arabe, qui sont plus proches culturellement de la Tunisie et des Tunisiens. Il a séjourné deux ans au Caire, de 1945 à 1947, pour sensibiliser les dirigeants arabes à la cause tunisienne dans le cadre de la Ligue des États Arabes, fondée en 1945. Malheureusement, ses pourparlers n’ont pas abouti au résultat espéré. À partir de cette date, Bourguiba a commencé à élaborer une stratégie centrée sur l’Afrique et non sur le proche Orient.
La rencontre avec Senghor en 1955 a été déterminante pour le projet « Francophonie ». Avant le lancement officiel de l’ACCT, il y a eu une série de réunions entre les parties prenantes. La France a pris part à ces préparatifs par l’envoi de son ministre de la culture : André Malraux. Mais après le referendum de 1969 et le départ du Général de Gaulle, la France s’est trouvée dans une crise politique qui l’a contrainte à se mettre en retrait et à observer l’avancement du projet vers son acheminement final. En 1969, à Niamey, a eu la dernière réunion de haut niveau pour préparer l’avènement de l’ACCT en 1970. Rappelons que le président du Niger, Hamani Diori, a été désigné pour conduire le projet à son terme. Il est logique que la réunion finale, en 1970, ait lieu à Niamey.
Au sujet du point de vue de Bourguiba sur la francophonie, il l’a exprimé dans son fameux discours à l’université de Montréal, le 11 mai 1968, dont voici un extrait : « Que disais-je alors ? Ceci : Je n’aime pas beaucoup le mot « francophonie » mais, enfin, je dois reconnaître que la « francophonie » représente en Afrique une réalité. Non seulement parce qu’elle met en contact privilégié les pays où le français est langue officielle et ceux où elle est langue de travail, mais parce qu’elle rend les uns et les autres participants à un même univers culturel, parce qu’elle rend les uns et les autres à même de découvrir, même au-delà de la langue, ce qui les unit. C’est donc une sorte de Commonwealth que je voudrais voir s’établir entre eux, une communauté qui respecte les souverainetés de chacun et harmonise les efforts de tous ».
Bourguiba, en chef d’orchestre, donne le la. Il dresse les contours, fixe les objectifs et affine les perspectives. Il rejoint l’appel de Senghor pour une « civilisation de l’universel », dont les valeurs de la francophonie seraient le ciment, et avance plus loin que son ami pour proposer une communauté économique francophone à l’instar du Commonwealth. Bourguiba se comporte en chef d’État et en leader. Le projet Francophonie doit servir, réunir et développer les parties prenantes : c’est le vœu de Bourguiba, de Senghor et des autres fondateurs.
Au sujet de la date du 20 mars 1970, je pense que c’est une proposition de Bourguiba, je ne dispose pas d’un écrit ou d’un témoignage précis. Cependant, le président Bourguiba est un stratège, il pense à tous les détails et donne un sens aux symboles. Le 20 mars correspond à l’indépendance de la Tunisie en 1956 et à la naissance d’une communauté francophone en 1970. Pour Bourguiba, c’est une victoire politique symbolique. L’indépendance de la Tunisie est un acte de souveraineté et l’ACCT est un acte d’unité avec des pays indépendants autour d’un projet de développement, sans l’exclusion de la France. Par ailleurs, le président Bourguiba, par l’ACCT, envoie un message au monde affirmant que les Tunisiens et les Africains ne rejettent pas l’ouverture à la modernité et au mouvement de l’histoire. Au contraire, cette ouverture serait profitable pour le développement et la coopération multilatérale en Afrique et dans le monde. Bourguiba et Senghor savent très bien que la langue française est porteuse d’un héritage culturel très utile aux pays africains : la tolérance, la citoyenneté, la modernité, la laïcité, la rationalité, etc. Le modèle sociétal français peut donner des éclairages novateurs aux sociétés africaines en quête d’un nouveau mode de vie et de pensée après leur indépendance.
Je pense que la date du 20 mars cadre plusieurs objectifs dans la vision du président Bourguiba : l’indépendance politique et administrative de la Tunisie sans une rupture avec la culture française et francophone. Bourguiba a dit dans l’un de ses entretiens médiatiques : « j’ai combattu la France sans haine ». D’ailleurs, dans ses discours, il essaie toujours de souligner la différence entre la France coloniale et la France des Lumières. Cette position a donné naissance à la notion de biculturalité, chère à Bourguiba. Il est question pour le président tunisien, après l’indépendance, de former des générations biculturelles : attachées au local et ouvertes au monde.
A.H : Demain, 20 mars 2026, nous célébrons le 70e anniversaire de l’Indépendance de notre pays. Or, vous écrivez : « L’autre grand levier de Bourguiba est la coopération internationale. L’ancien président a gardé des relations très amicales avec l’équipe de Mendes France et avec la gauche française en général. C’est, cependant, avec les États-Unis d’Amérique qu’ont été nouées les relations les plus fructueuses. En effet, la visite, que Bourguiba a effectuée en 1948 à New-York, a laissé de bonnes impressions. Les contacts pris alors ont été fort utiles après l’indépendance. La Tunisie a reçu à l’ONU un très bon accueil : Les diplomates tunisiens ont été rapidement intégrés et chargés de responsabilités dans cette haute Institution. Rappelons que la Tunisie a conquis son indépendance par la négociation et que cela a effacé des mémoires les quelques bavures survenues de part et d’autre. Elle est un bon exemple pour l’ONU qui va la médiatiser auprès des autres pays vivant la même situation. Bourguiba a perçu immédiatement le capital que représentait cette sympathie internationale, de la part des États-Unis surtout, et il a essayé de la consolider tout au long de son magistère. » (p. 103)
Pour vous, s’agit-il de rappeler, d’historiciser, d’analyser ou bien de dégager une « méthode Bourguiba », laquelle serait encore viable, utile, voire nécessaire aujourd’hui ?
Sami Hochlaf : Je vous remercie pour cette question. Les lecteurs, probablement, ne savent pas que Bourguiba a été le premier ministre des affaires étrangères de la Tunisie avant et, pendant 10 ans, après l’indépendance. Bourguiba avait conscience de son aura, de ses compétences oratoires et de sa force dissuasive. Après le périple de Bourguiba dans le proche Orient en vain, il s’est tourné, par conséquent, à la puissance montante, qui est les États-Unis d’Amérique, et à l’ONU. Bourguiba est un juriste, il croit dans la force de la loi et non dans la loi de la force. (Je fais exprès de souligner.) La Ligue des États Arabes n’a pas été attentive à ses doléances. De facto, Bourguiba s’est orienté vers l’Organisation des Nations Unies, dont la charte condamne l’assujettissement sous toutes ses formes. La France est membre fondatrice de l’ONU, signataire de sa charte constitutive. Bourguiba saisit cette contradiction pour plaider en faveur de la cause tunisienne. Des personnalités politiques américaines étaient sensibles aux arguments de Bourguiba et ils l’ont soutenu. De plus, Bourguiba porte un projet politique (de société), il ambitionne d’édifier un État souverain, fort et tourné vers l’avenir. Les Américains ont identifié cette perspective dans la vision de Bourguiba. Ils ont vu en lui un futur partenaire fiable. Le contexte international, en 1948, est favorable aux démarches de Bourguiba. Le monde est sorti d’une guerre dévastatrice. Les pays puissants, dont la France, veulent établir un nouvel ordre mondial paisible et durable. La question des pays colonisés, en quête de leur indépendance, est à l’ordre du jour de l’ONU à cette époque. La Tunisie, par le charisme de Bourguiba, est un bon exemple pour les responsables de l’ONU. C’est un pays dont les leaders nationaux recourent au droit international pour demander justice et application des principes sur lesquels est bâtie l’ONU. Bourguiba, probablement, a été le premier leader national africain à frapper à la porte de l’ONU sans être mandaté par un gouvernement reconnu par cette Organisation. Il a pu accéder aux locaux des Nations Unies avec la délégation irakienne qui lui a donné un badge d’entrée. L’Irak était indépendant et avait un siège à l’ONU en 1948. Cette « aventure » révèle l’audace politique de Bourguiba, il sait saisir les brèches qui se présentent à lui dans un contexte particulier. De Gaulle, qui n’aimait pas Bourguiba, a écrit dans ses Mémoires que le leader tunisien le ressemblait parce qu’il sait prendre rendez-vous avec l’Histoire.
Pour revenir à votre question, je pourrai avancer cette idée : l’action internationale de Bourguiba repose sur le pragmatisme et le réalisme. Bourguiba demande à ses interlocuteurs ce qui est possible, abstraction faite des rapports de force ou de solidarité. On peut appeler cette approche « une méthode », elle est en cours, la Tunisie l’utilise dans ses relations bilatérales et multilatérales.
A.H :Comment envisagez-vous de poursuivre votre réflexion ? Quelles sont les perspectives de recherches possibles pour tirer le plus et le mieux des acquis de votre thèse ? Sur quoi travaillez-vous ou comptez-vous travailler ? Après Bourguiba et Senghor, existe-t-il des héritiers ?
Sami Hochlaf : Bien évidemment, j’envisage de poursuivre mes travaux de recherche. J’ai un projet en cours sur deux écrivains francophones tunisiens. Le lien avec Bourguiba et Senghor n’est pas visible à première vue, mais en filigrane. Je considère que Bourguiba et Senghor sont porteurs d’un projet humaniste. Il est vrai que la francophonie a servi leur projet, mais il existe d’autres référentiels culturels.
Bourguiba se réfère toujours dans ses discours à la richesse de l’histoire tunisienne, depuis l’Antiquité à nos jours. Il ne rate aucune occasion, surtout à l’international, pour mettre en valeur des noms comme Hannibal Barca, Jugurtha, La Kahina, Ibn Khaldoun, Khair-Eddine, Tahar Haddad et Fadhel Ben Achour, etc. De plus, il invoque des poètes français, qu’il affectionne particulièrement, De Vigny et Hugo. Cette pléiade de personnalités est un message de Bourguiba à ses interlocuteurs locaux et internationaux que le Tunisien (ne) est une personne ancrée dans son histoire locale et ouvert aux cultures du monde. De mon point de vue, Bourguiba a formulé par ses actions et ses paroles un humanisme tunisien spécifique. C’est sur quoi je consacre en ce moment une nouvelle étude à travers l’œuvre de deux écrivains et chercheurs francophones tunisiens. Ce travail, en cours, est en relation avec les thématiques abordées dans ma thèse publiée. J’ajoute un dernier point qui me tient à cœur. La campagne, que certains mènent, contre l’usage de la langue française au profit de la langue anglaise dans le système éducatif tunisien n’a aucune justification objective. Ces deux langues étrangères sont complémentaires et non opposées. D’abord, le ministère de l’éducation nationale doit renforcer l’apprentissage des langues étrangères. Le niveau actuel en langues des élèves et des étudiants laisse à désirer. La langue est à la base de tous les apprentissages et de toutes les formations. Les langues française, anglaise et autres participent à la construction intellectuelle de nos jeunes. Elles sont des sources de richesse pour notre pays. Donc, soyons vigilants et sauvegardons nos acquis pour une meilleure Tunisie, heureuse et glorieuse.
À la fin de cet entretien, je tiens à vous remercier, Aymen Hacen, et à exprimer ma gratitude à Souffle Inédit.



