Le chanteur égyptien Hany Shaker est décédé le 3 mai 2026 à Paris, après plusieurs semaines de maladie.
Hany Shaker est mort : retour sur ses chansons, sa carrière et l’héritage du grand chanteur égyptien
Par la rédaction
Le prince de la chanson arabe s’éteint
Le chanteur égyptien Hany Shaker est mort le 3 mai 2026 à Paris, à l’âge de 73 ans, après plusieurs semaines de maladie. C’est son fils qui a annoncé la nouvelle, dans un message plein d’émotion, très vite relayé dans tout le monde arabe. Avec lui, c’est une voix familière, proche de tant de souvenirs, qui s’en va.
Des débuts précoces entre cinéma et musique
Hany Shaker entre très jeune dans le monde artistique. En 1966, à l’adolescence, il apparaît au cinéma dans le film Sayed Darwish, où il joue le célèbre compositeur dans sa jeunesse.
Quelques années plus tard, on le retrouve aux côtés de Abdel Halim Hafez, en tant que choriste dans la chanson Bal Ahzan. Une expérience marquante, au plus près de celui qui restera toute sa vie son modèle.
Une révélation grâce à Mohamed El Mougi
Le véritable tournant de sa carrière arrive en 1972, lorsque le grand compositeur Mohamed El Mougi remarque sa voix et décide de lui faire confiance. Il lui confie alors sa première chanson, Heloua ya Dounia, avant de le présenter au public lors d’un concert organisé pour ses 20 ans. Très vite, la chanson se fait remarquer et circule largement à la radio, au point que certains auditeurs pensent entendre un nouveau titre de Abdel Halim Hafez. Cette confusion, loin d’être anodine, montre à quel point Hany Shaker s’inscrit dans cette lignée musicale, tout en révélant déjà la force et la sensibilité de sa voix.
Les années 1970 : cinéma, théâtre et premiers succès
Au début des années 1970, Hany Shaker ne se limite pas à la chanson et tente aussi sa chance au cinéma. En 1973, il apparaît dans When Love Sings, aux côtés d’Adel Imam et Safaa Abou El Saoud, une expérience qui le fait connaître encore davantage du public. L’année suivante compte beaucoup pour lui. Il monte sur scène avec la pièce Cinderella and the Maddah, joue dans le film Aichin Lel Hob et sort surtout son premier album, Keda Bardo Ya Amar. On y retrouve Heloua ya Dounia, ainsi que la chanson qui donne son titre au disque, et c’est vraiment à ce moment-là que son nom commence à s’installer durablement auprès du public. En 1975, il revient au cinéma avec I Love This, I Want That, un film qui marche très bien à sa sortie. Quelques années plus tard, en 1981, il participe à l’émission télévisée Fawazir Al Khatba avec la grande Nelly, une apparition qui le rapproche encore un peu plus des téléspectateurs.
Une carrière musicale exceptionnelle
Au fil des décennies, Hany Shaker construit une œuvre impressionnante. Il enregistre environ 29 albums et plus de 600 chansons, devenant l’une des figures majeures de la chanson arabe contemporaine. Parmi ses titres les plus connus figurent Ali El Dahkaia, Wala Kan Be Amri, Yaretak Maaya, Hekayet Kol Asheq, Al Helm El Gamil, Qarabni Leek et Baadak Malish. Son dernier album, Baadak Malish, sorti en 2010, connaît un grand succès commercial, preuve de sa popularité durable.
Des collaborations avec les plus grands
Tout au long de sa carrière, Hany Shaker s’entoure de grands noms de la musique arabe. Il travaille avec des paroliers et compositeurs reconnus comme Hassan Abou El Saoud, Mostafa Kamel, Khaled El Bakry, Salah El Sharnoubi, Bahaa El-Din Mohamed ou encore Magdy El-Naggar.
Ces collaborations donnent naissance à des chansons marquées par une écriture simple et directe, centrée sur l’émotion. C’est cette sincérité qui constitue la signature de Hany Shaker.

La fin d’un lien avec l’âge d’or
Hany Shaker n’a jamais cherché à suivre toutes les tendances. Il est resté fidèle à une chanson simple, centrée sur la voix, les mots et l’émotion. Sa manière de chanter, douce et sincère, a touché un public très large, bien au-delà de l’Égypte. Il faisait partie de ces artistes pour qui la musique était avant tout une façon de partager des sentiments.
Avec sa disparition, c’est toute une époque qui s’éloigne un peu plus. Il était l’un des derniers à faire vivre cet esprit de la grande chanson arabe, avec naturel et authenticité. Mais ses chansons sont toujours là. Elles continuent d’accompagner les souvenirs, les histoires d’amour et les moments de nostalgie. Et tant qu’elles seront écoutées, sa voix restera présente.




