Khaled Bensaleh : « Peut-être que mon premier et dernier plaidoyer avant mon départ sera : « Ô monde fou… prenez la poésie au sérieux ! » »
Khaled Bensalah : une poésie contre l’oubli et la médiocrité
POÈTES SUR TOUS LES FRONTS
Par Lazhari Labter
Il est des poètes qui, dans la discrétion, les silences qu’il ne faut pas déranger, loin des projecteurs et de l’agitation stérile des foules, à l’ombre de « la profonde terre du verbe aimer », taillant dans la chair des mots comme les joaillers taillent dans le corps des diamants, transformant une pierre brute en gemme étincelante, construisent pas à pas, tranquillement, sereinement, une œuvre brillant de mille feux. Khaled Bensalah est de ceux-là.
Poète et journaliste algérien, il est natif de M’sila, une cité antique, située au cœur des Hauts plateaux algériens, au contact du Tell et du bassin du Hodna, dont le nom signifierait, selon une interprétation arabe, massil el-ma (écoulement de l’eau) ou selon une interprétation berbère msel, terre à glaise ou terre à poterie.
Quoi qu’il en soit, la poésie de Khaled Bensaleh est ancrée profondément dans sa terre natale, nourrie de ses eaux et de sa glaise, de ses feux et de son soleil, une terre qui a donné naissance, entre autres, à deux figures majeures de l’histoire algérienne récente, le défunt Mohamed Boudiaf, l’un des principaux membres fondateurs du FLN et l’un des chefs de la révolution algérienne, et le défunt Mohammed Lakhdar-Hamina, acteur, réalisateur et scénariste, lauréat de la Palme d’or à Cannes en 1975 pour son film Chronique des années de braise.
Poète sur tous les fronts, Khaled Bensalah travaille comme journaliste pour Radio Alger à M’sila depuis 2007 et occupe le poste de directeur éditorial chez Oxygen Publishing House-Canada/Hongrie, après avoir occupé le même poste chez Al-Mutawassit Publications-Italie de 2007 à 2021.
Il publie ses poèmes, des textes littéraires et des traductions du français dans plusieurs suppléments culturels arabes. Il a participé à de nombreux festivals de poésie et ses poèmes ont été traduits en plusieurs langues, dont le français, l’anglais, l’italien et le grec.
Il est une voix singulière, tout comme la poétesse Lamis Saidi avec laquelle il a participé à la tournée « Poètes des deux rives », organisée par l’Agence algérienne de rayonnement culturel (AARC) et l’Institut culturel italien qui a mené des poètes algériens et italiens à Tlemcen et Sidi Bel Abbès et s’est clôturée à la villa Abdellatif à Alger le 20 janvier 2026 par des lectures croisées en arabe et en italien avec le poète italien Emilio Nigro et la poétesse Flaminia Cruciani qui n’a pas assisté à cette rencontre finale mais dont des textes ont été lus.
C’est lors de cette rencontre qu’est née l’idée de cet entretien avec ce grand poète dont je vous invite à découvrir dans l’univers à plusieurs dimensions.
Lazhari Labter : J’aime bien commencer mes entretiens pour cette rubrique du Média digital d’art et de culture en ligne « Souffle Inédit » avec la convocation d’un souvenir. Qu’évoque pour toi cette photo que tu as publiée le 25 novembre 2025 sur ta page Facebook ?
Khaled Bensalah : L’image, aussi belle soit-elle, foisonnant de livres comme un fragment du vaste paradis de Borges, est douloureuse !
Elle me rappelle le jour où mes amis, le romancier Bachir Mefti et le Dr Assia Moussei, ont annoncé sur la page des Éditions El Ikhtilaf la fermeture forcée de la « Librairie de la culture arabe » et l’arrêt définitif de ses activités. Le rêve de changement qui hantait le groupe « Ikhtilef » depuis sa création – en tant qu’association, maison d’édition et bibliothèque – se heurte désormais à une dure réalité, celle qui souvent fait s’évanouir les plus beaux espoirs.
J’écrivais ce jour-là : La bibliothèque où j’ai jadis acheté le recueil de Malek Haddad, Le Malheur en danger, peut être décrite comme « la différence en danger », car les livres et la lecture nous enseignent le droit d’être différents, d’élargir nos horizons, la liberté d’opinion et de créativité… Les bibliothèques sont la mémoire vivante des villes, leurs archives magiques ; leur espace est vaste et illimité, et pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, il suffit de quelques mètres carrés qui semblent coûter une fortune à une époque où tout est marchandisé, une époque de superficialité, de conditionnement, de trivialité, de désespoir et de médiocrité.
Si ce n’est pas là le danger, alors quel est-il ?
Les circonstances exceptionnelles qui ont conduit à la fermeture de la Librairie de la culture arabe ne diffèrent en rien de celles d’autres bibliothèques dont nous attendions avec impatience les nouveautés, pour finalement apprendre leur fermeture. Tout ce qui touche aux livres est pratiquement à l’arrêt, plongé dans l’ambiguïté et l’incertitude pour tous. De plus, on assiste à une sorte d’étouffement des activités des librairies, des dialogues et des interrogations qu’elles suscitent – des activités censées enrichir, et non être réprimées, confisquées et mises sous scellés !

L.L. : Ton dernier recueil de poésie publié en 2025 porte comme titre مرثية الأبطال الخارقين L’Élégie des super-héros. C’est ton cinquième recueil, après سعال ملائكة متعبين La toux des anges fatigués (2010), مائة وعشرون مترا عن البيت À cent vingt mètres de chez moi (2012), الرقص بأطراف مستعارة Danser avec des membres empruntés (2016) et يوميات رجل أفريقي يرتدي قميصًا مزهّرًا ويدخّن LM في زمن الثورة · Journal d’un homme africain portant une chemise à fleurs et fumant une L&M au temps de la révolution (2019). Tu accordes une attention particulière aux titres et les tiens sont à la fois énigmatiques et surprenants. Quelle est pour toi l’importance du titre d’un recueil de poésie ?
Khaled Bensalah : Le titre est pour moi une obsession troublante qui m’accompagne de mon premier recueil à mon cinquième. Même les titres des poèmes eux-mêmes me laissent perplexe, car je crois que le titre est un processus, un acte créatif indissociable du poème et du texte poétique. Il y a un moment mystérieux où se réalise cette forme « finale » du titre. À sa lecture, on a l’impression d’être devant une porte entrouverte, qui ne dévoile ni ne recouvre entièrement les poèmes du livre… Elle suggère sans affirmer, elle n’affirme pas mais laisse entendre.
Les titres énigmatiques et déroutants ouvrent l’horizon du lecteur à une multitude d’esthétiques et de possibilités ; ils invitent à la réflexion, à l’instar de la poésie elle-même, sans pour autant offrir de réponses ni de directives. Le titre constitue également une lecture approfondie du « thème » du livre, de son sujet unifié et harmonieux de la première à la dernière page. Je suis assez satisfait des titres de mes recueils de poésie, notamment de Journal d’un Africain en chemise à fleurs fumant une L&M au temps de la révolution, qui, comme le livre, représente un tournant personnel et historique, à l’image de ce qui s’est produit en Algérie en février 2019.
Enfin, L’Élégie des super-héros, où les rêves d’enfance s’entremêlent à ce qui les détruit, sous le poids de la déception et de sa durée. Ce livre est une élégie entre mémoire et oubli, entre tragédie collective et chagrin personnel, entre le poids d’un héritage accablant et ce désespoir qui étouffe toute lueur d’espoir.


L.L. : Dans ton dernier recueil, tu rêves d’une cité qu’on pourrait qualifier de « finale » ou « ultime « où les héros aspirent à plus de justice et d’égalité, de modernité et surtout de liberté, tout en étant imprégnés des valeurs de leurs prédécesseurs, une cité « idéale » ou « idéalisée ». Ta cité a-t-elle à voir avec celle d’Al-Farabi, inspirée par Platon et Aristote ?
Khaled Bensalah : Je ne crois pas que ma ville partage quoi que ce soit avec celle d’Al-Farabi, ni qu’elle s’inspire de la philosophie de la république idéale. Ma ville « poétique », telle que je la décris dans le livre, possède sa propre condition d’existence, réelle, humaine et historique, une ville qui a toujours été sur le point de devenir une ville « définitive », un terme que je vous emprunte, pour revenir à l’idée du désir d’établir une autre réalité, une réalité qui prend racine dans un moment charnière de l’histoire de l’Algérie moderne, celui du mouvement populaire de contestation appelé Hirak de février 2019 à Alger, dont les échos continueront de résonner même si beaucoup pensent qu’ils se sont estompés. Ce désir, pour moi, est une boussole qui pointe dans toutes les directions.
Pour aborder le présent, le passé et peut-être l’avenir de la patrie, et afin d’éclairer davantage cette idée, je m’appuie sur la formulation brillante de Gilles Deleuze concernant les événements de Mai 68 à Paris : non pas un événement ancien révolu, mais une ouverture sur le possible, « pénétrant les individus autant que les profondeurs de la société ». Il s’agit donc d’un événement d’une nature pure, non lié à des faits et à des conséquences, mais à un processus qui le transcende en tant qu’événement temporel et spatial. C’est un phénomène qui existe hors des contextes conventionnels et qui continuera de façonner les époques successives, car cette ouverture au possible rend viable le désir de construire un autre avenir et donne à l’espoir une présence tangible.
Mon ambition poétique, par exemple dans L’Élégie des super-héros, est de construire une ville semblable, inspirée par la condition algérienne, imprégnée des révolutions ancestrales, où les rêves de liberté et de justice sociale se heurtent à la réalité des récits et des transformations douloureuses, des histoires d’amour, de désillusion et de folie. Une ville dont les espaces, les rues et la mémoire s’ouvrent à l’enquête historique, et qui est simultanément animée d’une aspiration profonde et d’une volonté d’avancer malgré tous les revers individuels et collectifs.
L.L. : Dans tes écrits, tu accordes beaucoup d’importance à la mémoire et à l’histoire, notamment à travers les archives et les écrits de toutes sortes et même les archives numériques, filmées et sonores…
Khaled Bensalah : Je suis profondément liée à tout ce qui nourrit ma démarche poétique, des documents d’archives et supports visuels aux chansons, films, mémoires, et bien plus encore. Et pour que le lecteur de ce dialogue ne s’y trompe pas, je ne suis pas un simple « archiviste » qui accumule et classe des dossiers sans se poser de questions ni réfléchir. Non, je suis obsédé par la mémoire, la documentation et la recherche. L’écho conjugué de tous ces éléments intensifie l’expérience humaine, faisant naître en moi une voix rageuse qui est l’essence même de cette écriture et de cette forme d’expérimentation : une quête des échos de ces espoirs, de ces craintes et de ces événements récurrents entre passé et présent, sans trop se soucier de l’avenir.
Ces documents, ces matériaux et ces photographies m’offrent l’opportunité d’un voyage dans le temps, un voyage qui ne peut accueillir qu’une seule personne : moi-même. Ils me ramènent à des périodes charnières, tant publiques que privées, me permettant de saisir des détails, des idées et des sentiments contradictoires liés à un événement ou à une histoire. Je n’impose mon interprétation de ce voyage à personne. Lorsque j’évoque le match Algérie-Allemagne de la Coupe du monde de 1982 à Gijón, en Espagne, je ne fais pas référence au match lui-même, mais plutôt à ce qu’il révèle : les « codes » qui relient les années 1980 à aujourd’hui. Il en va de même lorsque je relis les mémoires du militant communiste et musicologue Bashir Hadj Ali, L’Arbitraire, et que je les mets en perspective avec notre époque, à partir d’une approche poétique unique.
L.L. : Tes deux premiers recueils de poésie ont été publiés par l’association El Ikhtilef, dirigée par « l’éditrice en blouse blanche », la docteure Assia Moussei et l’écrivain Bachir Mefti qui ont beaucoup fait pour la promotion des jeunes poètes et écrivains de langue arabe dans les années 2000. Que gardes-tu de cette époque où l’édition de la poésie était florissante et quelle est la situation de l’édition de la poésie aujourd’hui dans notre pays ?
Khaled Bensalah : Mahmoud Darwish dit dans un de ses poèmes que parmi les choses pour lesquelles il vaut la peine de vivre, il y a « le premier amour » ! Je ne sais pas si les débuts sont réellement aussi beaux, ou si nous les percevons ainsi simplement parce qu’il s’agit de « débuts ». De La toux des anges fatigués à Cent vingt mètres de chez moi, j’ai vécu une très belle expérience de « début » avec El Ikhtilef et mes amis, le romancier Bachir Mefti et le Dr Asia Moussei, d’autant plus que la maison d’édition imprimait en partenariat à Beyrouth, ce qui a permis au livre d’être présent dans les salons du livre arabes et de rencontrer un nouveau lectorat potentiel.
Comme vous l’avez mentionné dans votre question, l’édition de la poésie n’exerce plus aujourd’hui le même attrait qu’autrefois. On observe une sorte de déni de l’importance de la poésie dans nos vies, alimenté par la perception que nous vivons à l’« ère du roman », et l’appréciation du roman dans le monde arabe reste à son tour en deçà de celle d’autres nations. Il existe également une forme d’exploitation : le poète est contraint d’imprimer (et non de publier) son recueil à ses frais. On se comporte avec lui comme si on lui rendait un service ou pour le consoler de n’avoir pas pu trouver un éditeur, même s’il ne s’agit guère plus pour lui que d’une participation « temporaire » au Salon international du livre d’Alger.
En fin de compte, la personnalité du poète et sa foi en son projet et en son écriture demeurent les facteurs déterminants dans ce grand bazar.

L.L. : On dit que la lecture des livres, en général, et de la poésie, en particulier, est en net recul dans les pays arabes et dans notre pays par rapport aux premières décades après l’indépendance, notamment les années 1960, 1970, 1980. Partages-tu ce point de vue ?
Khaled Bensalah : Nous régressons à plusieurs niveaux, et c’est un fait indéniable révélé par les guerres et crises successives qui frappent notre région. Les indicateurs diffèrent peut-être de ceux des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. En Algérie, la situation économique a clairement affecté le pouvoir d’achat, et la guerre des années quatre-vingt-dix et les années de corruption qui ont suivi n’ont fait qu’aggraver les choses. Je partage l’avis de ceux qui constatent le déclin de la lecture, particulièrement aujourd’hui face à l’aliénation technologique, tant mentale qu’émotionnelle ; de longues heures que l’Algérien passe en confrontation inégale avec un écran lumineux, sans être actif, sans réfléchir ni s’interroger. Bien des valeurs se perdent dans la « grande épopée humaine » à mesure que nous nous éloignons des livres et de la lecture. Je suis fasciné par le spectacle des gens lisant des livres, des journaux ou des magazines dans le métro, dans les parcs et sur les places publiques… Cela se produit généralement en Occident car rien ne remplace le plaisir de lire et de savourer les mots imprimés sur le papier… C’est un plaisir incomparable.
L.L. : Dans un entretien accordé au romancier algérien Samir Kacimi pour le quotidien El Djazaïr El Djadida (L’Algérie nouvelle), tu déclares que « la vie, avec sa nature imprévisible, ne doit pas être prise trop au sérieux. » La poésie doit-elle être prise au sérieux ?
Khaled Bensalah : Peut-être que le premier et dernier appel que je lancerai avant mon départ sera : « Ô monde fou… prend la poésie au sérieux ! » Et comme je répète toujours la citation de Shakespeare, « Il n’y a pas de vérité historique, seulement une vérité littéraire », je resterai convaincu que la grande poésie appartient à l’Humain, aux préoccupations et aux rêves des gens, à cette frontière où le peuple rencontre l’un des siens, le poète, un miroir, un souvenir, et des mots de chair et de sang !
Poèmes choisis : 3 poèmes extraits du recueil La toux des anges fatigués (2010)
Vénus
Dans le miroir
Un sein rempli de sagesse
Le sein d’une statue
Aux bras arrachés,
Aux jambes amputées,
Au doux plaisir.
Elle incline la tête
Sur l’épaule du néant..
La bouteille de vin est à moitié vide
Et ma moitié remplie est idée.
La télé crache du bruit et de la violence
Dans ce temps brisé
Je me rappelle Faulkner
Mais je vais lui conter
L’histoire de Sindbad le marin
Lorsqu’elle s’introduit nue dans la chambre
Un grand œuf
Et deux ailes.
L’électricité dort sur le derrière de la lanterne
L’obscurité est l’icône de l’ignorance
Elle engendre
L’obscurantisme
Les ténèbres
Et l’injustice.
Pas la paix,
Et la guerre est une pute
Mais qui couche avec qui ?
Dieu ne dort pas.
Et moi, dans le nuage d’une cigarette
Je philosophe.
Tous les deux nous étouffons !
Seule la bougie halète
A côté, mon visage brille
Comme un papier d’aluminium froissé.
La poésie ne se réduit pas à l’image
L’écriture est une unité dans la multiplicité des choses
La statue ne verse pas de larmes
Et sur la mamelle de son sein
Nul souhait.
Femmes
1
Une femme qui appartient à la fin de la blancheur, une poignée de lumière imaginaire
Une femme qui n’est pas l’hiver ou une autre saison, un moment de chaleur
Une femme semblable à une armée de pensées, une fausse occupation
Une femme blanche comme neige, une plaque de marbre
Une femme gracieuse, un papillon en feu
Une femme hors du texte, une existence naturelle
Une femme dans le texte, beaucoup de choses
Une femme dans les plis d’un court rêve, un horizon réduit
Une femme au lit, un pur désir.
Une femme dans le cœur, un mensonge blanc
C’est à chaque fois la même femme, sa moitié justifie l’égoïsme de l’autre moitié.
2
Une femme que j’ai croisée dans les rues d’un livre que personne n’a lu
Que j’ai embrassée sous différents noms dont le plus beau est., toi
Naïves sont les rues sans ta présence
Et vide est mon cœur, telle une canette de bière.
3
Seulement une femme dans un vieux carnet de poèmes
A sa moitié, je garderai une chanson romantique de Brel
A l’autre moitié, rien sinon
Cette cendre que je disperse de temps en temps.
Poèmes traduit de l’arabe vers le français par Antoine Jockey
La dernière histoire
En cherchant les détails de la dernière histoire que j’avais entendue sur toi, je t’avais trouvée étendue sur le bord de la chaussée. Tu n’étais pas un cadavre inerte ni un corps frêle achevé par la fatigue et l’errance. Tu n’étais pas une princesse lassée de sa vie de château voulant répondre à l’appel du cœur, soudainement passionnée par les histoires de ses tumultueuses demoiselles de compagnie.
Tu n’étais pas une mère épuisée à attendre son mari avalé par la guerre que le champ de combat n’a rendu ni vivant ni mort. Tu n’étais pas la femme qui avait dessiné ses rêves d’amour à coup de souffles brûlants et qui avait dépassé la quarantaine dans le silence sans un homme. Tu n’étais pas une prostituée à l’âge de la retraite qui comptait ses hommes idiots dont le nombre dépassait les grains du chapelet qu’elle tenait dans sa main. Tu n’étais pas l’être chimérique qui avait habité les rêves et les cauchemars d’un adolescent, et qu’il était parti à la recherche dans les détails de la dernière histoire.
Traduits de l’arabe vers le français par Lynda Lounas






