À l’occasion de la sortie de sa bande-annonce, Le Crime du 3e étage révèle les contours d’une comédie policière inspirée d’Hitchcock, portée par Gilles Lellouche et Laetitia Casta, sous la direction de Rémi Bezançon. Sortie en salles le 11 mars 2026.
Le Crime du 3e étage avec Gilles Lellouche, Laetitia Casta et Guillaume Gallienne : l’ombre d’Hitchcock plane sur le nouveau film de Rémi Bezançon
Par la rédaction
La question est posée d’emblée : y a-t-il vraiment eu un crime au troisième étage ? Avec Le Crime du 3e étage, Rémi Bezançon s’aventure sur un terrain familier et pourtant glissant : celui du soupçon ordinaire, né d’un regard trop attentif et d’une imagination nourrie par le cinéma. La bande-annonce, récemment dévoilée, installe un climat de trouble feutré, où l’humour s’infiltre dans les interstices du doute.
Un voisin, une fenêtre, une hypothèse
L’intrigue repose sur un dispositif simple : Colette, professeure de cinéma spécialiste de l’œuvre d’Hitchcock, est convaincue que son nouveau voisin a assassiné sa femme. Le voisin en question est incarné par Guillaume Gallienne, dont la présence ambiguë alimente l’incertitude. Face à lui, le couple formé par Laetitia Casta et Gilles Lellouche observe, interprète, extrapole.
La référence à Fenêtre sur cour n’est jamais dissimulée. Elle est même assumée, presque commentée à l’intérieur du récit, puisque Colette enseigne précisément ce cinéma du regard et du doute. La question n’est alors plus seulement celle du crime, mais celle de la projection : voit-on un fait ou une fiction fabriquée par l’excès de savoir ?
Le couple comme terrain d’enquête
François, le mari de Colette, est écrivain de romans historico-policiers au style volontairement désuet. Sceptique, parfois ironique, il oppose d’abord une résistance rationnelle aux certitudes de son épouse. Son rapport à la fiction est littéraire, construit, éloigné de l’instantanéité du regard. Ce décalage fonde une partie du ressort comique du film.
Peu à peu pourtant, François se laisse entraîner. Les indices s’accumulent, le doute s’épaissit, et le couple ordinaire glisse vers une forme d’enquête improvisée. Cette transformation progressive constitue le cœur du récit : non pas l’irruption spectaculaire du crime, mais la manière dont il contamine l’intimité conjugale.

Un jeu au service du doute
Avec Le Crime du 3e étage, Rémi Bezançon retrouve Gilles Lellouche près de vingt ans après Ma vie en l’air. Le film prolonge un cinéma attentif aux personnages ordinaires, ici confrontés à une situation qu’ils peinent à interpréter.
Laetitia Casta incarne une professeure de cinéma guidée par l’observation et l’intuition, tandis que Gilles Lellouche joue un mari d’abord sceptique, attaché à une approche plus rationnelle. En voisin suspect, Guillaume Gallienne occupe une place volontairement instable, maintenant une tension constante sans jamais lever l’ambiguïté. Comédie policière aux références assumées, le film avance sur une ligne claire, où le doute et l’interprétation prennent le pas sur la certitude.
Huitième long métrage de Bezançon, il explore plus frontalement le polar, sans rompre avec une mise en scène lisible et un ton accessible.
Sa sortie, prévue le 11 mars 2026, l’inscrit parmi les rendez-vous cinématographiques du printemps.




