Entretien avec Sana Jaziri

Sana Jaziri est réalisatrice et scénariste Franco-Tunisienne,  docteur en esthétique du cinéma et sciences de l’art de l’Université Panthéon-Sorbonne. Elle a plusieurs expériences en tant que scénariste, scripte et réalisatrice en France, au Maroc et à Hong Kong.

Rencontre

« La quarantaine» est le titre de votre court-métrage produit par le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) dans le cadre d’« Adaptations cinématographiques d’une nouvelle, puisée dans la production ou le patrimoine littéraire tunisien». C’est l’un des quatre courts-métrages sélectionnés et qui seront projetés lors de la 33e édition des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC), qui se dérouleront du 29 octobre au 5 novembre 2022 à Tunis.

Souffle inédit. Pourrions-nous avoir plus de détails sur ce film (court-métrage) ?

Sana Jaziri. Le scénario est une adaptation d’une nouvelle écrite par Amel Mokhtar « Bonjour la quarantaine ». C’est une histoire simple et profonde, qui touche tant de femmes aujourd’hui. Celles qui essayent de concilier carrière et vie de famille et oublient souvent de s’occuper d’elles-mêmes.

Entretien avec Sana Jaziri

Souffle inédit. Ecrire un scénario inspiré d’une nouvelle ne gênerait-il pas cette écriture ? Retrouve-t-on le personnage principal tel que souhaité par l’auteure ?

Sana Jaziri. En effet, c’est une manière un peu différente d’écrire. La nouvelle demeure l’inspiration première et la ligne directrice du personnage tout en ayant une liberté d’interprétation, de transformer jusqu’à un certain point, et in fine de créer autour de l’idée principale.

Je pense que l’essentiel est de garder le sens de l’histoire et de s’en inspirer pour en faire une histoire cinématographique.

Souffle inédit. Qu’espérez-vous transmettre à travers ce court-métrage ?

Sana Jaziri. J’aimerais plutôt partager l’idée qu’Amel Mokhtar a écrite, la prise de conscience de l’importance du moment présent, de le vivre pleinement et consciemment. Beaucoup de femmes se retrouvent souvent dans une course contre la montre infinie à accomplir des devoirs sans se rendre compte que c’est le temps d’une vie qui passe.

Entretien avec Sana Jaziri

Souffle inédit. La réalisation modifie-t-elle votre façon d’écrire ?

Sana Jaziri. Oui, pour ce projet, j’ai adapté l’écriture plusieurs fois et jusqu’à la dernière minute pour faire face aux contraintes du tournage, du décor et du temps.

Souffle inédit. Au moment de l’écriture, qu’est-ce qui vous vient en premier, le personnage ou la situation ?

Sana Jaziri. Je dirais les deux. Parfois, c’est un personnage qui m’obsède, ou que j’aime ou auquel je m’identifie et parfois tout commence par une situation qui me touche, attire mon attention ou me dérange etc… Je me fie souvent à mon instinct quand j’écris et dans mes choix en général.

Souffle inédit. Votre premier court métrage « La Brouette » traite de l’enfance, celui-ci de la femme, comment choisissez-vous les thèmes de vos films ?

Sana Jaziri. Effectivement, « La Brouette » s’intéresse aux enfants livrés à eux-mêmes, qui deviennent adultes malgré eux à cause des circonstances. C’est un sujet qui me touche particulièrement. Dans mes choix, je n’ai pas de thème privilégié, l’idée vient souvent de la somme de plusieurs choses qui me marquent, une idée qui m’obsède, une image ou une rencontre etc…

Souffle inédit. Que représente pour vous un festival du cinéma et notamment les JCC ?

Sana Jaziri. Un festival de cinéma constitue souvent le premier rendez-vous du film avec le public, donc c’est un moment important dans la vie d’une œuvre.

 Souffle inédit. Si vous deviez lancer votre propre festival quel serait le thème ?

Sana Jaziri. Peut-être musique et cinéma! Un couple qui résiste bien

Souffle inédit. Quels seraient les éléments d’évaluation d’un film ?

Sana Jaziri. Ça dépend de quelle évaluation il s’agit.

Pour moi, un bon film est avant tout un film qui touche, qui marque, qui pousse à réfléchir… qui dérange…

Sinon, d’un point de vue technique, un film qui, au fur et à mesure qu’on le regarde, on le redécouvre, un excellent scénario, la justesse du jeu, la beauté des plans, l’harmonie etc…

Souffle inédit. On dit souvent que le montage, après le scénario et le tournage, est la troisième écriture d’un film. Comment vous abordez le montage ?

Sana Jaziri. J’avoue que j’adore cette étape même si elle est souvent difficile. C’est le moment de vérité face aux images tournées, mais c’est aussi le moment de faire des choix et de reconstruire le film.

Souffle inédit. Vous avez une belle voix, vous jouez au Oud, ce qui vous destine à une carrière musicale ; pourquoi alors le choix du cinéma ?

Sana Jaziri. La musique fait partie de moi. Elle est aussi importante et présente dans le processus du film, elle m’accompagne généralement dès le moment de l’écriture.

J’aime dans le cinéma la rencontre de plusieurs arts, la liberté et la créativité de l’étape d’écriture, la rencontre de plusieurs compétences, le travail en équipe et de pouvoir réaliser un rêve et le partager. Faire du cinéma est aussi douloureux que réjouissant, un duo de souffrance et de plaisir.

Souffle inédit. Quels sont vos projets à venir ?

Sana Jaziri. Rêver, s’inspirer et réaliser !

 

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