Tokyo Vice / Aymen Hacen

Jeudi littéraire par Aymen Hacen

 

Sous l’égide de Michael Mann

 Produite par Michael Mann, qui en réalise le premier épisode, la série Tokyo Vice est l’adaptation du roman éponyme du journaliste américain d’investigation installé au japon, Jake Adelstein. Le titre exact du roman publié en 2009 est : Tokyo Vice: An American Reporter on the Police Beat in Japan. La traduction française, par Cyril Gay, a vu le jour en 2016 aux éditions Marchialy .

Couverture Roman Tokyo Vice

Cette première saison se compose de huit épisodes d’une longueur égale. Quatre réalisateurs se partagent la tâche, avec Michael Mann et Alan Poul pour le premier et le dernier épisode, alors que Hikari et Josef Kubota Wladyka signent respectivement les autres.

Ce sens de l’ordre ne nous étonne guère vu l’ampleur du projet qui, déjà en juin 2022, a été relancé, annonçant ainsi une nouvelle saison.

Des stars et des personnages

Le personnage du jeune américain nippophile Jake Adelstein est incarné par le brillant Ansel Elgort (Nos étoiles contraires et Divergente). Quant au charismatique Ken Watanabe (Le Dernier Samouraï et Mémoires d’une geisha) donne corps au non moins charismatique commissaire Hiroto Katagiri, archétype du policier japonais partagé entre les traditions et l’ouverture, la réserve et la violence.

Affiche film Tokyo Vice

Ce duo est représentatif de Tokyo Vice, dont le titre n’est pas sans nous rappeler Miami Vice : deux flics à Miami, dont Michael Mann a tiré un film haletant en 2006, avec notamment Colin Farrell, Jamie Foxx et Gong Li. Cette structure témoigne du style de l’auteur de Heat et de Collatéral, puisque, dans le monde qui est le nôtre, le bien et le mal, comme l’amour et la haine, la paix et la guerre, s’entremêlent en chacun d’entre nous. Et les personnages de Tokyo Vice, qu’ils soient féminins ou masculins, coulent, non pas dans ce moule, mais plutôt dans cette sorte de flux où conscience et inconscience alimentent les faits et gestes humains.

Le terrible monde des yakusas

On peut facilement le deviner : Tokyo Vice tourne autour du monde trouble des yakusas dont les codes, les coutumes, les pratiques sont aussi complexes que profondes. À l’image du Japon lui-même.

Tokyo Vice Tatouages

Le générique d’ouverture est à ce titre exceptionnel puisqu’il met en scène les tatouages d’un yakusa en mouvement avec une scène de crime à l’ancienne (au sabre), un tigre qui bondit, un poisson qui frétille et qui est mis à mort par un coup de couteau.

C’est à voir : Tokyo Vice

À vrai dire, Tokyo Vice nous subjugue de la première à la dernière minute. C’est un parfait spectacle grâce auquel nous parvenons à pénétrer dans ce monde secret, inquiétant, voire dangereux des yakusas. C’est aussi un angle de vue possible sur la société japonaise dont la complexité n’a d’égal que sa beauté.

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