Organisée par la Société des Poètes Français à l’Espace culturel Mompezat, l’exposition « Paysages diaphanes » de Guy Gouterman (11–24 avril 2026) explore une photographie poétique aux frontières de la peinture.
« Paysages diaphanes » : l’univers poétique et expérimental de Guy Gouterman à l’Espace culturel Mompezat
Par Michel Bénard
Très franchement c’est avec beaucoup de plaisir que j’accueille et présente cette exposition de photographie un peu particulière, car elle concerne un membre actif de notre Comité Directeur S.P.F. Guy Gouternan, photographe, car nous avons un peu tendance à oublier qu’il y a aussi des artistes et des poètes parmi les membres du Comité Directeur et que ces travailleurs de l’ombre ont besoin d’un peu de lumière pour valoriser leurs œuvres, qu’elles soient peintes sculptées, poétisées ou dans le cas présent photographiées.
Guy Gouterman, entretient depuis bien longtemps un dialogue avec Félix Nadar ou Gustave Le Gray.

Cependant ce n’était pas gagné puisqu’en sa période d’adolescence c’étaient plutôt les sorties fantasques avec les copains qui dominaient et le sacro-saint football qui lui donnait des rêves de Raymond Kopa ou de Just Fontaine. Néanmoins en finalité ce sera l’art photographique qui prendra ses droits.
Toutefois Guy Gouterman fit un petit détour vers les arts graphiques, en autodidacte comme il aime à dire, il est plus attiré par les créations contemporaines oscillant entre l’abstraction et un figuratif imaginaire. Très coloriste il opère avec de vives nuances, sans passer par l’école des beaux-arts, il travaille aussi dans des ateliers libres de toutes compositions, Guy Gouterman porte son attention plus particulièrement sur l’action painting en référence à Jakson Pollock. Il est aussi inspiré par les motifs géométriques Kuba Ntshak, style d’une discipline artistique africaine plutôt liée au textile.

Mais revenons au sujet qui nous rassemble aujourd’hui, la photographie sous ses diverses variantes. N’oublions pas que tout n’est que successions d’influences, Guy Gouterman n’échappe pas à la règle et il porte en lui ses photographes de cœur, ceux qui l’orientent, l’inspirent, qui sont un peu les maîtres et les guides, alors sans en abuser je soulignerai les noms de quelques initiateurs, Robert Doisneau, Willy Ronis, Sarah Monn, mais je pense surtout aux passeurs de la première heure, Michael Kahn avec ses flous poétiques et ses transparences diaphanes, le précurseur Gustave Le Gray, cueilleur de toute une nostalgie sépia et intemporelle, un regard poétique sur le temps qui s’efface.

Guy Gouterman aborde différentes techniques, il est avide d’innover, de découvrir, de tenter une expérience, de s’exprimer aussi bien en micro qu’en macro-photo, Il a soif de renouveau. Il expérimente l’insolite, le floutage, il use de l’absence du sujet tout en tentant de saisir le vide. Il se laisse emporter par la magie de la métamorphose.

Jamais il n’est vraiment satisfait de ses résultats et expérimentations, sans cesse il remet l’ouvrage sur le métier.
Patiemment il retravaille ses négatifs, modifie par grattage, déplace les formes initiales, ce qui souvent grave une note plus poétique et donne plus de mystère intemporel à ses sujets.
Un vieux démon lui tient toujours à cœur en cherchant à vouloir rendre à ses photographies une impression de peinture. Alors là nous frôlons l’apogée, deux arts en un. Jeux des formes, des volumes, harmonie des nuances, la poésie est présente partout, diaphane et en filigrane.
A ce propos écoutons notre photographe : « Mes photos tentent d’effacer la limite entre la photographie et la peinture, en posant la question des marges mouvantes de la perception. Elles décalent les frontières rassurantes du voir et du savoir afin de proposer un accès à l’imaginaire. »
Tout se veut donc imaginaire, brumeux, mystérieux et non révélé.

Très modeste et discret sur sa passion photographique, son violon d’Ingres, il n’en expose pas moins pour autant dans de nombreux salons nationaux et internationaux, c’est ainsi qu’après cette exposition individuelle nous allons retrouver Guy Gouterman dans une exposition collectives à la galerie Etienne de Causans et aussi au grand salon du Parc Floral.
Si vous êtes séduits par cette exposition, il ne vous restera plus qu’à vous rendre à ces salons où vous pourrez aussi découvrir pléthore de créateurs divers et variés.
La photographie c’est caresser la lumière, c’est fixer le mystère d’une ombre, c’est figer la course du vent, c’est saisir la fuite du temps.
C’est pérenniser un poème de lumière éphémère !



