À l’occasion de la Palme d’or d’honneur décernée à Barbra Streisand au Festival de Cannes, retour sur six films majeurs qui racontent le parcours d’une artiste libre entre cinéma et musique.
Barbra Streisand : les 6 films essentiels d’une artiste totale, honorée par une Palme d’or d’honneur à Cannes
Par la rédaction
Le 79e Festival de Cannes annonce un hommage à une figure singulière du cinéma et de la musique : Barbra Streisand. Actrice, réalisatrice, productrice, scénariste, chanteuse et auteure-compositrice, l’artiste américaine recevra une Palme d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.
Depuis plus d’un demi-siècle, Barbra Streisand occupe une place à part auprès du grand public. Sa voix a marqué la musique. Son regard et sa présence ont marqué le cinéma. Mais son influence va plus loin que les rôles qu’elle a joués. Très tôt, elle a cherché à contrôler son travail, à écrire, produire et réaliser ses propres films. Dans un domaine souvent dominé par des hommes, cette façon de travailler de manière autonome n’était pas habituelle.
À l’occasion de cet hommage à Cannes, retour sur six films qui racontent le mieux le parcours d’une artiste libre, capable de passer de la comédie au drame, de la scène musicale au cinéma d’auteur.
1. Funny Girl (1968) — La naissance d’une actrice
Lorsque Barbra Streisand apparaît dans Funny Girl, elle est déjà bien connue au théâtre à Broadway. Le film, inspiré de la vie de la comédienne Fanny Brice, marque pourtant un tournant. Devant la caméra du réalisateur William Wyler, Streisand montre une présence forte.
Son interprétation mêle humour, fragilité et beaucoup d’énergie. La caméra suit une artiste qui ne veut pas suivre les règles établies et qui se fait sa propre place dans le monde du spectacle. Le film rencontre rapidement son public. L’année suivante, en 1969, Barbra Streisand reçoit l’Oscar de la meilleure actrice, qu’elle partage avec Katharine Hepburn.
Le film reste aussi associé à deux chansons devenues célèbres : « People » et « Don’t Rain on My Parade ».
2. What’s Up, Doc? (1972) — La liberté de la comédie
Dans cette comédie réalisée par Peter Bogdanovich, Streisand montre une autre manière de jouer. Elle y incarne une jeune femme imprévisible qui bouleverse la vie d’un musicologue très sérieux, interprété par Ryan O’Neal.
Le film s’inspire de la tradition des comédies américaines des années 1930. Les dialogues sont rapides, les situations sont absurdes avec des poursuites dans les rues de San Francisco ; le tout repose sur le rythme et l’énergie des acteurs.
Dans ce film, Barbra Streisand montre aussi qu’elle possède un vrai talent pour la comédie, une facette de son jeu que l’on évoque pourtant rarement.
3. The Way We Were (1973) — Une histoire d’amour et d’époque
Dans ce film romantique réalisé par Sydney Pollack, Streisand joue avec Robert Redford.
Le film raconte l’histoire compliquée de deux personnes que tout oppose : leurs idées politiques, leurs milieux, leur façon de voir le monde. Leur histoire s’étend sur plusieurs décennies de l’histoire américaine.
La chanson principale, interprétée par Streisand, deviendra un de ses plus grands succès.
4. A Star Is Born (1976) — La rencontre entre cinéma et musique
Dans cette nouvelle version de A Star Is Born, Streisand joue le rôle d’une chanteuse qui accède à la célébrité tandis que la carrière de son compagnon, interprété par Kris Kristofferson, décline.
Le film explore le monde de l’industrie musicale et ses tensions : la création, la célébrité, la fragilité des artistes. Streisand s’implique fortement dans la production du projet.
La chanson « Evergreen », qu’elle coécrit, reçoit l’Oscar de la meilleure chanson originale.
5. Yentl (1983) — Le film d’une conviction
Avec Yentl, Barbra Streisand franchit une étape importante dans sa carrière. Elle réalise le film, le produit, en écrit le scénario et en tient le rôle principal. Inspiré d’une nouvelle de Isaac Bashevis Singer, le récit raconte l’histoire d’une jeune femme juive d’Europe de l’Est qui se fait passer pour un homme afin de pouvoir étudier les textes religieux.
Le projet a mis plus de dix ans à aboutir. Les studios hésitent longtemps, mais Streisand ne renonce pas.
À sa sortie, le film reçoit le Golden Globe du meilleur film musical ou comédie. Il reste aussi l’un des rares films hollywoodiens de cette époque réalisé par une femme.
6. The Prince of Tides (1991) — La maturité de la réalisatrice
Quelques années plus tard, Streisand revient derrière la caméra avec The Prince of Tides, adapté du roman de Pat Conroy.
Elle y dirige Nick Nolte dans le rôle d’un homme confronté aux blessures de son passé familial. Streisand joue quant à elle une psychiatre qui l’aide à affronter ces souvenirs.
Le film est nommé sept fois aux Oscars et confirme sa place parmi les réalisateurs capables d’aborder des récits intimes et complexes.
Une reconnaissance à Cannes
La Palme d’or d’honneur que le Festival de Cannes remet à Barbra Streisand vient saluer une carrière construite entre le cinéma et la musique. Au fil des années, l’artiste américaine a aussi réalisé et produit plusieurs films.
Peu d’artistes ont occupé autant de rôles dans le monde du spectacle, et encore moins sur une période aussi longue.
À Cannes, cette récompense rappelle surtout le parcours d’une artiste qui a toujours voulu raconter ses propres histoires et garder sa liberté de création. Un chemin rare dans l’histoire d’Hollywood.



