Dans son recueil Un miracle me sourit dans tes yeux, Arwa Ben Dhia touche directement le cœur avec une poésie simple, douce et sincère.
Un miracle me sourit dans tes yeux : Arwa Ben Dhia ou la poésie des silences amoureux
Par Monia Boulila
Préfacé par Maggy De Coster, le livre parle d’un amour discret, qui se construit dans les regards, les silences et les petits gestes du quotidien.
Ce qui marque particulièrement, c’est cette idée d’un amour arrivé tard, presque comme une grâce inattendue après les blessures et les déceptions.
Dans L’été champenois, elle écrit :
« Il m’a fallu quarante ans
moins une année
pour te rencontrer. »
En quelques vers, tout est dit. L’amour apparaît comme une lumière venue apaiser le passé.
Plus loin, elle écrit :
« Dans tes yeux,
je voyais sourire Dieu. »
Chez Arwa Ben Dhia, aimer, c’est surtout trouver la paix dans le regard de l’autre.
Le silence occupe aussi une place essentielle dans le recueil. Les émotions ne sont jamais excessives ; elles passent doucement entre les mots.
Dans La Lettre à Boris, elle écrit :
« Peut-être faut-il rendre sa noblesse à l’ineffable
En le taisant. »
Tout le livre semble porté par cette idée : les sentiments les plus forts n’ont pas toujours besoin d’être expliqués.
Dans Ma muse, ton mur, elle écrit :
« Je t’apprivoise d’un silence,
Doucement. »
Cette simplicité donne au recueil toute sa beauté. Chaque poème laisse passer une émotion vraie.
Le désir est lui aussi présent, mais toujours avec délicatesse. Dans Séisme, elle écrit :
« la fusion des corps
n’est jamais impasse :
elle est passage »
Chez elle, le corps et l’âme avancent ensemble, dans une même recherche d’amour et d’abandon.
Le livre voyage également entre plusieurs cultures et paysages : la Méditerranée, Paris, Carthage ou encore la Russie se croisent dans une même mémoire amoureuse.
Dans Le Temps d’aimer, elle écrit :
« La Volga écoutait Sidi Mansour »
Puis :
« le vent mêlait la merzlota aux oasis,
La vodka à la boukha, le bortsch à la chorba »
Ces images donnent au recueil une dimension ouverte et chaleureuse, où les cultures dialoguent naturellement.
Après la lecture de Un miracle me sourit dans tes yeux, il reste surtout une impression de douceur et de lumière.
L’un des plus beaux vers du livre résume peut-être tout :
« Ton amour ne m’a point aveuglée —
il m’a appris à regarder. »
C’est sans doute cela, le cœur de cette poésie : apprendre à voir autrement grâce à l’amour.
Et lorsque le livre se referme, une idée demeure encore :
« la vie, elle-même,
offerte sans rime ni mesure,
est une Poésie perpétuelle »
Poèmes choisis
À toi
À toi,
à ta beauté humble et discrète,
celle qui existe sans se savoir regardée,
à ta manière de me faire rire,
comme un soleil soudain
qui me déborde,
me fait rider les yeux,
et courir de joie
à l’intérieur de moi.
À tes mots tendres
qui se font attendre,
comme des saisons fidèles,
que j’écoute encore
dans les nuances bleues
de ton camaïeu.
À toi,
homme singulier,
refuge inattendu,
rigueur qui me désarme
et silence
habité de charme.
À la vie,
à l’amour qui nous unit,
à nos nuits cousues de dentelle
et à nos jours qui se renouvellent.
À l’éternel retour de la chance,
à ce battement subtil
qui recommence.
À l’enfant qui viendra,
miroir mêlé,
fait de toi
et de moi.
Tes yeux, mon miracle
On dit que l’amour rend aveugle,
qu’il voile les contours
et brouille les chemins.
Pourtant, ton amour,
comme une évidence douce,
sans prétentions,
a soulevé mes paupières…
J’ai vu la lumière irradier le monde,
j’ai senti la couleur exacte des silences,
la chaleur d’un frémissement imprévu,
le battement secret des cœurs sincères.
Rencontre inespérée, tracée par la vie,
Ourdie par le destin,
Au bout de mes errances.
Dans tes yeux,
je vois le sourire d’un miracle.
Ton amour ne m’a point aveuglée —
il m’a appris à regarder.
Un miracle me sourit dans tes yeux – Arwa Ben Dhia – Les éditions : Les Poètes Français et Senegaal NJAAY Mag’
Parution mai 2026. Œuvre de couverture : Eliane Hurtado.






