Emma B invitée de Souffle inédit

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@ Emma B

Emma B est une DJ et productrice qui s’inspire de la musique des années 1990 et 2000. Avec son label Notte Eterna, créé en 2025, elle continue de chercher de nouveaux sons et de partager ses goûts musicaux.

Emma B : « Un set est une histoire que l’on raconte »

Entretien conduit par Rami Jamoussi

Originaire du sud de la France et installée à Paris, Emma B est DJ et productrice de musique électronique. Très influencée par la culture rave et les sons des années 1990, elle mélange différents styles, comme la house et la trance, dans ses sets. Après avoir sorti des morceaux sur les labels Shall Not Fade et STORIES, elle lance en 2025 son propre label, Notte Eterna. Cela lui permet de partager la musique qu’elle aime et de faire découvrir d’autres artistes qu’elle apprécie.

R.J : Avant de devenir DJ, quelles musiques écoutiez-vous et quels artistes ont le plus influencé votre culture musicale ?

Emma B : J’écoutais vraiment de tout, du rap, de la pop, de l’électro, mais ce qui a vraiment influencé ma culture musicale, c’est la musique électronique dans sa globalité et surtout la musique de free party (tribe, psytrance, electro, …) que j’ai beaucoup écoutée quand j’étais plus jeune.

R.J : Votre son navigue entre house, minimal house, hard house et early trance, avec une forte présence des années 1990 et 2000. Qu’allez-vous chercher dans ces sons que vous trouvez moins dans les productions actuelles ?

Emma B : Avant tout la sonorité et le grain que l’on retrouve peu de nos jours. Je pense que je suis une éternelle nostalgique et que j’essaie de recréer quelque chose que je n’ai pas connu, de l’imaginer, et de le revivre à travers mes sets, ou encore mes productions.

R.J : Vous passez de la house à la trance, aux breaks ou à des morceaux plus rapides et plus percussifs. Comment changez-vous de registre sans perdre le fil du set ?

Emma B invitée de Souffle inédit
@ Emma B

Emma B : Je pense qu’un set est une histoire que l’on raconte. Il peut être très joyeux (plutôt sonorités house) ou plutôt dark (plutôt trancy), tout dépend de mes humeurs, du crowd, de mon set time, il faut avant tout avoir un fil conducteur et « read the room » comme on dit !

R.J : Dans un long set, comment construisez-vous la courbe d’énergie et l’évolution du BPM ?

Emma B : Cela dépend du temps que j’ai mais sur un all night long je peux commencer très bas (115/120) et finir plutôt haut (140).

En ce moment je suis plutôt sur un BPM entre les deux, 128/135 et j’adore garder ce rythme !

R.J : Quand vous mixez un morceau des années 1990 avec une production récente, comment gérez-vous les différences de son et de groove ?

Emma B : En effet ça peut être le piège ! Il faut regarder la waveform, et monter un peu le gain si jamais, mais j’essaye d’avoir une cohérence entre les morceaux, et en général parfois ils sont remasterisés !

R.J : Le digging occupe une place importante dans votre travail. Qu’est-ce qui vous fait vous arrêter sur un morceau et penser : « celui-là, je veux le jouer » ?

Emma B : Avant tout le feeling que je ressens en l’écoutant. Et ensuite je m’imagine une scène, club, festival où je peux l’écouter et je me dis « ah oui lui, pépite ! »

Emma B invitée de Souffle inédit
EMMA B – Photo : Gwen HEVC

R.J : Vous avez l’expérience des All Night Long. Comment évitez-vous d’atteindre le peak time trop tôt quand vous avez plusieurs heures devant vous ?

Emma B : Les « All Night Long » sont très intéressants, ils permettent de pouvoir jouer tout ce que l’on veut et de monter crescendo.

En général si je commence à 23h, le peak time peut se faire vers 2/3h, peut-être avant suivant la crowd, je peux redescendre et remonter ensuite, tout dépend de la vibe !

R.J : À Fusion, vous avez mixé Mario Più, Alice Deejay ou Gigi D’Agostino avec des productions récentes. Qu’aimez-vous dans ce dialogue entre différentes générations de musique électronique ?

Emma B : J’aime le fait de pouvoir osciller entre les années, de pouvoir proposer des énergies et sonorités différentes, de créer un fil conducteur tout au long de mon set, tout en gardant la patte 90’s.

R.J : Avec vos propres productions, cherchez-vous à retrouver l’énergie de vos DJ sets ou à explorer quelque chose que vous ne pouvez pas exprimer derrière les platines ?

Emma B : Je pense entre les deux. J’ai des tracks clubs comme « Call The World », « Meltinglove », … et d’autres plus « niches » où je chante/parle, comme l’EP avec Ilyes sur Shall Not Fade, qui sont des tracks un peu plus léchés et peut-être moins peak time.

J’aime m’exprimer à travers les toplines que j’écris, faire ressentir des émotions, et me dire que l’on peut très bien écouter mes tracks à n’importe quel moment de la journée mais également en club.

Emma B
Emma B – Photo : Flyin’ Club Festival

R.J : Vous avez créé votre propre label, Notte Eterna, en 2025 et y avez récemment sorti La Fiesta. Qu’est-ce que ce label vous permet d’explorer musicalement que vous ne pouviez pas faire ailleurs ?

Emma B : Il me permet avant tout de sortir les tracks que j’aime et qui me correspondent 100%. Au-delà de ça, de créer un univers, une énergie 90’s, de pouvoir sortir les artistes que j’apprécie également, et surtout quand je le veux !

R.J : Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Et au-delà de vos prochains projets, quel rêve aimeriez-vous encore réaliser ?

Emma B : Je bosse sur mes prochaines sorties mais également les sorties et soirées du label. Continuer sur la lancée de ma carrière, des scènes et sorties qui me correspondent, des B2B de rêve ahah, notamment Seth Troxler ou encore Job Jobse si je pouvais choisir !

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RAMI JAMOUSSI
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Journaliste culturel, fondateur et directeur de publication de Souffle inédit.