Poète, photographe et plasticien originaire du Sud-Ouest de la France, Paransky publie « En d’autres heures », son troisième recueil de poésie, aux éditions Black Trombone.
Paransky : un nouveau recueil intitulé En d’autres heures
Par Monia Boulila
Paransky est également auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste dans le groupe de rock-folk WoodRat Flat, dont le style change à chaque album.
Il a fondé les éditions Black Trombone, qui publient son nouveau recueil. Son parcours est marqué par son engagement écologiste.
Aujourd’hui Paransky voyage à travers le monde, avec sa guitare et sa caméra.
Et c’est là que tes mains se hasardent
En murmures d’ententes et d’étranges promesses
Comme des psaumes
Sur un corps vitrifié qui n’accueille plus rien
De la raison soudain s’éclipse
Et en poussière se rompt à travers ciel
Cherchant en deçà des squames de tes mondes
Cherchant en deçà de tes silences craintifs palliatifs à la douleur
Ce que tu ne sais plus être de chair
Et d’atomes
Et pourtant
Tout de toi à toi-même se manque
Le décorum des égarements
La grâce un instant sacralisée
À coup de trique
À coup de cœur
Comme le bonheur
D’un orage éclatant là dans la plaine où s’ébattent quelques enfants amusés de cette chance
À laquelle tu t’agrippes
Encore
Et toujours
Tenace
Et rêveur
Comme la lente palpitation des songes sous l’épiderme
Tu grandis.
Les petits mensonges PATIENTS préparent des CHEFS-D’ŒUVRE
Assassines
Et DANS la cour
Sans fin de L’ATTENTE
Se tiennent des petites gens qui geignent
De ne pouvoir grandir
Plus vite
Des gens qui ont peur
Ombres dans les salons envahis d’absence
Trêve sur la grève BLEUE lissée de la caresse rossée du verbe
AMER
Retrouver le i
Droit et fier
D’IRRÉVERSIBLE
Au soir de nos plus tendres
Renoncements
S’amoncellent lentement les miettes
De tant de DÉSORDRE
En subsistance.
Si tout se vaut
Si rien ne s’achève
Que la voûte se brise ou se dresse à la cime des autels
Que le vent chevauche ou non l’interdit de s’y étendre
Terres arides au-dessous piétinées dans cette lutte d’étoiles et de cendres
Le lazaret dans le cœur
Dernier fragment d’humanité dans la brèche d’un corps signant son propre Opus
Combats indigènes
Luttes et haines
Acharnement des glandes aux seins enflés par leur peur de l’infini tandis qu’au-delà calme rêveur de la synthèse plane une menace
Hauts vols rapaces dans les hurlements du ciel lasuré de rouge
Hauts vols rapaces sur nos visages tordus par poids de temps libre et encore
Tout n’est plus qu’inquiétude et calcul dans le crâne névrose d’Occident
Alors ne t’alarme plus
Ne t’alarme plus quand s’approchent et s’assombrissent les nuages venant de l’Est
Ne t’alarme plus
Car anges et démons manieront l’artifice comme d’autres battent les cartes de nos vies
Alors, et alors seulement, putes et princesses s’égalant soudain fracasseront de concert leurs âmes dans les vitres aux contours brouillés de toutes nos négligences
De toutes nos défroques au pied du mur
Et cet écho de plainte dans nos murmures se meurt contre la porte encore close du mercantile…
Car l’existence de nos déserts est comme laxisme dans luxuriance : il s’étend…
Tu meubles tout
Tout le temps
Approximatif et distrait
Loin des babils d’un âge où
Tu accordais au doute trop de crédit
IL TE FALLAIT
Te perdre
Dans l’innocuité des cœurs
Qui au partage se cherchent et
TROUVER
Plus vaste la consolation
De se savoir seul toujours
Tu t’attaches
De si peu s’éprendre
Dans la cour suppliante pendule où tout te précipite
Tu sais LE JOUR venir
Sans retenue
D’amours et de peurs
Sans trembler il t’emporte
ET LA NUIT se referme
Ombres chinoises et comptes à rendre
Car le tumulte, lui, a une bouche
Pleine de chants et de cris
Si sereins, si distincts, que tu t’en étonnes
Malgré le trouble D’AVANT LES RÊVES
Malgré les joies qui crépitent
Terrible dans l’âtre se consume
Le jour bleu
D’entre tes mains.




