La disparition de Claude Bessy invite à relire un parcours construit entre scène et transmission. Depuis ses débuts à l’Opéra de Paris jusqu’à son poste de directrice de l’École de danse, elle a contribué à beaucoup de changements dans le ballet français. Elle a toujours fait le lien entre l’art de la danse et la formation des jeunes générations.
La danseuse étoile Claude Bessy : une vie consacrée à la danse et à la transmission
Par la rédaction
Le décès de Claude Bessy, annoncé le 23 avril 2026 par l’Opéra de Paris, marque la fin d’une carrière longue et importante pour l’évolution du ballet français. Plus qu’une simple information, c’est l’occasion de revenir sur son parcours, qui a relie la danse, la scène, la création et la transmission, au sein de la même institution.
Née en 1932, elle entre à l’École de danse de l’Opéra de Paris à l’âge de neuf ans. Elle évolue dans un cadre où la progression repose sur une discipline constante et une capacité à répondre aux attentes d’un répertoire exigeant. Très tôt, elle accède à des rôles de soliste, notamment dans des œuvres de George Balanchine et de Serge Lifar, ce qui marque son entrée dans les productions importantes de la maison. En 1952, elle devient Première danseuse, puis elle est nommée Étoile en 1956, une reconnaissance qui confirme une progression rapide mais structurée.
Claude Bessy dansait les rôles principaux des ballets classiques célèbres, comme Giselle ou Le Lac des cygnes. Mais en même temps, elle participait à des spectacles plus modernes. Elle ne reste pas enfermée dans un seul style de danse. Le ballet est alors en train de changer, tout en restant fidèle à ses bases.Elle travaillait souvent avec Serge Lifar, mais elle était aussi ouverte à d’autres manières de danser.
Son travail ne se pas limite à Paris. Elle est invitée aux États-Unis, notamment à l’American Ballet Theatre, et elle travaille aussi à Hollywood pour le cinéma. Sa rencontre avec Gene Kelly montre une époque où les styles de danse commencent à se mélanger davantage. Avec le ballet Pas de dieux, sur une musique de Gershwin, elle participe à rendre la danse plus libre, même si le monde de l’Opéra reste très classique.

Photo : Bibliothèque nationale de France / Wikimédia / Domaine public
Un accident de voiture en 1967 l’oblige à s’arrêter pendant plusieurs mois. Claude Bessy remonte ensuite sur scène. Peu à peu, elle s’éloigne de la scène et prend d’autres responsabilités. Au début des années 1970, elle dirige pendant un temps le Ballet de l’Opéra national de Paris. Elle y fait entrer le Boléro de Maurice Béjart, une œuvre qui change le regard sur le ballet et et ajoute de nouvelles pièces au répertoire.
Elle quitte la scène en 1975, mais reste très présente dans l’institution. Dès 1973, elle prend la direction de l’École de danse de l’Opéra de Paris, un poste qu’elle occupe plus de trente ans. Elle améliore l’enseignement, organise des démonstrations et lance un spectacle annuel qui devient un rendez-vous régulier. Elle développe aussi les tournées des élèves, pour leur donner de l’expérience et faire connaître l’École à un public plus large.
En 1987, l’École déménage à Nanterre dans un bâtiment conçu par l’architecte Christian de Portzamparc. Ce nouveau lieu offre de meilleures conditions de travail. Claude Bessy y forme plusieurs générations de danseurs, dont beaucoup intègrent ensuite le Ballet de l’Opéra de Paris ou d’autres troupes
En parallèle, elle crée des chorégraphies, d’abord dans les années 1960 puis pour les élèves de l’École. Ces créations leur donnent l’occasion de danser sur scène et de mettre en pratique ce qu’ils apprennent chaque jour. Son travail montre que le plus important n’est pas seulement de pratiquer sa passion, la danse, mais aussi de partager son savoir et de bâtir quelque chose qui dure. C’est sans doute là que se mesure le mieux l’empreinte qu’elle laisse aujourd’hui.



