Essai

Carles Diaz invité de Souffle inédit

Entretien avec Carles Diaz :

« Lorsque ma main gauche écrit… »

Les jeudis littéraires d’Aymen Hacen

Né en 1978, Carles Diaz est écrivain franco-chilien. Historien de l’art, il a publié, en 2022, un diptyque poétique chez Gallimard, intitulé Polyphonie landaise précédé de Partage. Lauréat du Grand Prix SGDL de Poésie et du prix Méditerranée Poésie en 2020 pour Sus la Talvera/ En marge, il a publié le 22 avril dernier, aux éditions Abordo, C’est à ce prix que nous mangeons du sucre. Le poème à l’épreuve du contemporain.

Rencontre

Aymen Hacen : Carles Diaz, le titre de votre dernier ouvrage est aussi subversif que significatif. Vous prenez en effet une citation chère à nos cœurs, extraite du Candide de Voltaire, « C’est à ce prix que vous mangez du sucre… », et vous lancez votre réflexion, laquelle est néanmoins précédée de trois autres citations à la fois longues et chargées de sens : Élisée Reclus, puis Ralph Waldo Emerson et enfin Marguerite Yourcenar. Pourriez-vous nous expliquer votre acheminement ?

C’est à ce prix que nous mangeons du sucre est pourvu d’un sous-titre : « Le poème à l’épreuve du contemporain », ainsi que de cette notule explicative : « Cet essai inclassable, dont les prémisses remontent à 2019, est aussi en bonne partie le résultat de deux conférences données par Carles Diaz, en tant qu’écrivain : la première, “L’exigence poétique face à l’objectivation de l’expérience sensible”, lors de la journée “Qu’est-ce que le poétique ? ― Hommage à Jean Onimus (1909-2007)”, à l’Université Côte d’Azur, le 10 mars 2022 ; la seconde, “Écrire le siècle : de la conscience poétique et la nécessité d’être inactuel”, à l’Université de Vienne, Autriche, le 9 janvier 2023. »

Livre de Carles Diaz

Tout comme votre excellent éditeur, Frédéric Paquet, vous avez le sens du détail. Or, entre les citations qui ouvrent votre ouvrage et les différents contextes dans lesquels sont nés vos textes, jusqu’à l’aboutissement de cet essai, il y a beaucoup de points névralgiques, de zones de tensions, voire de turbulences. Qu’en est-il vraiment, concrètement et profondément à vos yeux ?

Carles Diaz : En 2020, j’avais commencé à réunir quelques notes afin d’écrire un article qui n’a jamais été publié. Le propos portait sur la question du rapport entre la production artistique et la notion de contemporanéité. J’ai retravaillé le canevas de la proposition originale et l’ai proposé pour publication sous forme d’essai. Mon idée était d’apporter quelques clefs de lecture critique au contexte culturel actuel en espérant que la réception du texte permettra un dialogue et suscitera des interrogations, des objections, des propositions… C’est un essai d’écrivain plus qu’un essai universitaire. Je tiens à le dire parce que je ne prétends pas établir une démonstration quelconque. J’ouvre des questions qui me semblent indispensables d’être posées aujourd’hui.

La citation d’Élisée Reclus est d’une actualité effrayante : « Là où le sol s’est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort ». C’est une vérité lucide, péremptoire, cruelle. L’homogénéisation et la standardisation des modes de vie touchent aussi aux dimensions artistiques et intellectuelles, et c’est sur ce point que je me tourne vers les artistes et les poètes : que pouvons-nous faire face à ce vertige ? Que proposer dans un monde de plus en plus abîmé, essoré, numérisé ?  Comment faire société dans une communauté de plus en plus uniformisée, radicalisée, qui vise la réduction absolue de l’homme à un modèle unique ?

Il ne s’agit pas de dire avec béatitude que la poésie doit sauver les hommes, ni de demander à celle-ci de nous permettre de rêver d’un autre monde, mais au contraire, de briser le conformisme et la complaisance, de viser plus que l’uniformisation et l’acceptation passive d’un devenir manifestement dangereux. Je suis très sensible à la question de l’environnement, à la disparition annoncée des langues dites minorées. Je le suis aussi face à l’appauvrissement des langues en général, car dès qu’une langue se simplifie et se décomplexifie, elle perd des moyens pour symboliser le monde, aussi bien que sa dimension de mémoire.

Je crois qu’en tant qu’artistes, il nous faut tenir compte des différents enjeux, mais ne pas céder à une volonté d’illustration de propos conformes ou une liste de prescriptions morales. Quand on tombe dans le piège de l’étiquetage et de l’attitude, cela devient problématique, car on s’enferme dans ses propres limites et on évalue le poème en fonction de son utilité. De plus, malgré son intention, un propos n’est ni garantie de qualité, ni même de nouveauté. Le propre de tout artiste est d’inventer des mondes et de donner à voir quelque chose de significatif. La diversité des formes et de propositions est importante pour se dresser face à la lassitude et au conformisme. Je pense que le poème et l’objet d’art sont un lieu des possibles ; tout peut trouver sa place dans la création. Mais je ne suis pas partisan d’envisager un seul instant l’art comme un pur divertissement ou une distraction sans conséquence. L’expression doit garder sa faculté ludique et distractive, mais la festivité d’apparat ne doit pas prendre le pas sur la conscience même du geste artistique. C’est en mangeant du sucre et en acceptant la disneysation de la culture que l’on participe à son nivèlement par le bas et qu’on évacue le tragique de l’existence et toute contrainte opposée à l’immédiateté, au facile.

Aymen Hacen : Le mot « écrivain » revient sans cesse vous concernant. Pourtant vous êtes poète et essayiste. Quels liens et par là même quelles limites se dressent entre ces types d’écritures différentes ?

Carles Diaz : Ce sont des termes très proches que j’emploie indistinctement, mais par commodité, je préfère souvent m’appeler écrivain. Quand on parle de poète, hélas, on active une image consensuelle, surannée, clichée, une certaine fonction morale à laquelle je ne m’identifie pas toujours. Toutefois, il est évident que j’assume la centralité de la poésie dans mon travail, et c’est par la poésie que je tente de révéler le vivant, les visages effacés, les mots, les lieux vécus ou imaginés.

Par rapport à la question des limites, cela renvoie à la double question de l’œuvre et du temps. J’aime les rites, et l’idée que l’art est une voie d’accès vers l’invisible. Pour cela, je reste convaincu que chaque texte que l’on écrit doit s’inscrire dans le présent, mais dans l’esprit d’une œuvre littéraire en cours, d’un ensemble d’épreuves, de visions, d’engagement où chaque écrit annonce celui qui vient. Pour moi, le temps de l’écriture est toujours en décalage avec la réalité. Cela peut paraître contradictoire, mais il me semble indéniable que la temporalité de l’écriture est à l’opposé de l’immédiateté, de ce que Yourcenar appelait le « sacré quotidien ». Écrire oblige au dédoublement, à la difficulté, voire à l’effacement. Un poème en tant que tel arrive bien souvent après l’expérience, comme une sorte de conséquence. Je dis cela parce qu’indépendamment de la langue que j’emploie, le français ou l’espagnol, j’ai une vision mouvante de l’écriture comme geste et comme lieu de rencontre dans le « temps-espace ». Je dis bien « temps-espace » et non pas « espace-temps », car pour moi, dans le poème, le temps est premier, toujours en décalage à son contexte d’origine ; c’est dans le temps que la matière en mouvement se façonne et se définit. L’écriture prend ainsi la position d’un discours qui se métamorphose incessamment. Je n’écris pas à partir de la langue proprement dite, mais précisément à partir de cet élément déclencheur qui vient de très loin et qui reste abstrait, indéfinissable ; un élément intérieur, en latence, que l’écrivain ne connaît presque jamais. Tout ce qui s’ensuit est une question de langage, d’effort, d’épure, de construction. Ceci permet d’affirmer, comme je le disais, qu’il y a toujours un décalage entre l’expérience, l’écriture et le poème qui arrive constamment après l’action, car le temps intérieur, celui de l’écrit, n’est pas au même diapason de l’actualité, du temps présent.

Je suis tenté de dire que chaque poème réapprend à parler.

Aymen Hacen : Particulièrement sensibles au chapitre intitulé « Performance et stratégies d’engagement », nous aimerions vous demander, parce que de nombreux grands poètes sont partis au cours de ces dernières années, dont Serge Sautreau en 2010, Édouard Glissant en 2011, Jean-Claude Pirotte en 2014, Alain Jouffroy en 2015, Yves Bonnefoy en 2016, Lorand Gaspar en 2019, Salah Stétié en 2020, Philippe Jaccottet et Bernard Noël en 2021, Michel Deguy en 2022, et récemment Guy Goffette, comment la poésie française se portera-t-elle désormais ? De quel œil voyez-vous ce qui se fait aujourd’hui, entre ce qui est écrit et publié, et ce qui contrarie le livre en se présentant plutôt comme performance ou installation ?

Carles Diaz : Comme toute expression vivante, la poésie est protéiforme et diverse. On devrait peut-être dire « les poésies » si l’on considère la multiplicité d’écritures actuelles. Cette diversité est intéressante, surtout si elle est pensée à partir d’un espace francophone élargi, et au-delà de l’entre-soi qui caractérise parfois le petit monde de la poésie.

J’aime garder à l’esprit l’image d’un paysage champêtre : plus il a de fleurs différentes, plus il est beau. Cette métaphore s’applique à la création, à la liberté, au fait de saisir la singularité de chacun dans une multiplicité complémentaire. Le cas contraire voudrait qu’on se retrouve dans un champ en monoculture à perte de vue, sans autre visée que la productivité et le rendement.

Je ne suis pas enthousiaste à l’idée très répandue aujourd’hui qu’il faille déboulonner les statues, démythifier l’art, désacraliser la poésie, la rendre accessible à tout le monde à n’importe quel prix. La rendre lisse et immédiate, soluble, dépourvue de son épaisseur symbolique. Ce sont des poncifs qui souvent entretiennent la médiocrité simpliste de la poésie et la « démocratisation » des pratiques artistiques. Cela participe à la vieille confusion entre l’artiste « engagé », au sens actuel, et sa vérité particulière qu’il veut à tout prix rendre publique. La poésie en tant que dynamique de l’esprit est une force de résistance à laquelle je crois, et j’y attache une importance suprême ; mais à mes yeux, elle n’a pas à brandir une vérité ou un dogme. La haute poésie parle à tous et le fait avec sensibilité et justesse. Par ailleurs, l’art comme la liberté ne s’imposent pas, et lorsque la langue devient informative, communicationnelle, bavarde, elle s’inscrit dans le discours, dans la stratégie politique, de marketing, de croyance. La poésie n’a rien à voir avec cela. Vous me direz : mais tout acte est politique. Certes, au sens premier du terme, je suis d’accord, mais je ne crois pas, en partant de là, à la poésie de slogan, à la poésie de circonstance, à la poésie de réaction. Je ne suis pas adepte de cette forme de poésie de loisir, facile à relier au contexte qui se veut naïvement passe-partout, véhicule de sensibilisation populaire et de démocratisation culturelle. Cela n’a rien à voir avec la démocratisation des droits culturels qui sont indissociables des autres droits humains. C’est souvent de l’illusoire, de l’enfantillage, voire de l’ignorance que d’associer toute excentricité ou émotivité au terme « poétique ». Pour qu’une expérience esthétique puisse véritablement avoir lieu, la poésie doit pouvoir œuvrer à une prise de conscience, insuffler une forme d’énergie et de courage, instaurer un rapport d’échange, inviter l’autre à intérioriser et à réaliser le fait que la vie peut trouver sa mesure en elle-même. C’est peut-être là la difficulté du poète : concilier les forces, synthétiser les impressions, conjuguer la pensée et l’action, construire avec la parole. C’est aussi savoir s’effacer, accepter de s’arracher à soi-même, disparaître, comme l’écrivait le mexicain José Emilio Pacheco, défenseur de l’anonymat en littérature. Et c’est, comme pour lui, ce que je recherche quand j’écris.

Voilà pourquoi je crois que pour le poète, le temps de la médiation autour de sa poésie devrait venir après l’écriture, car ce temps de « promotion » et de partage est une toute autre affaire. Aujourd’hui, sous prétexte de vouloir dépoussiérer la poésie et la rendre vivante, on demande aux poètes d’être actuels et de s’approprier des scènes, de performer, d’intervenir, d’improviser, de devenir parfois un personnage, d’être quelqu’un, de s’exprimer et émettre un avis sur tout, même s’il n’a rien à dire. Je ne sais pas à quel moment ces personnes peuvent avoir les conditions pour écrire, pour développer une œuvre, pour se confronter à eux-mêmes. Et c’est ainsi que sur le compte de la « poésie actuelle » on cautionne les avatars, les projections de soi multipliées à l’infini, les mises en scène du Moi cherchant toujours à se mettre en avant. Je suis épuisé par tout cela, par cette spectacularisation triviale, par l’imitation, par le matraquage de la communication incessante, et c’est normal si vous prenez en compte ce que j’ai dit tout à l’heure : j’écris en cherchant à m’effacer. Et même si je me soucie très peu de l’évènementiel poétique, je suis convaincu, en le constatant souvent en dehors des sentiers battus, qu’il y a de bons poètes qui sont inconnus, car « sans actualité » à communiquer, à la marge des kermesses et autres festivités poétiques et anthologies qui reprennent, à chaque temps fort, les mêmes intervenants ; dans ces instances, il arrive d’ailleurs fréquemment qu’il y ait trop de poètes, et très peu de poésie.

Je suis conscient qu’en disant cela je risque de passer pour un réactionnaire, voire un passéiste. Mais ce n’est pas le cas. Je crois que l’art est un choix de vie, parfois un non-choix. Quoiqu’il en soit, l’aventure artistique, quand elle est authentique, ne laisse pas indemne et il faut la vivre avec ardeur, les yeux gardés ouverts. Il me semble que cela doit profiter à la liberté de pensée et au sens que l’on attribue à ce que l’on crée ; à accorder de la valeur à ce que l’on fait exister, sans pour autant se prendre au sérieux. L’art ne se raconte pas, il se vit ; il se transmet et s’épanouît au-delà du langage. C’est pourquoi je ne crois pas aux œuvres sans exigence qui mettent au même rang le poète et la pop star… le poème-dispositif qui aseptise les mots, le poème-liste qui nivèle la parole au verbiage. Je ne crois pas à ces formes d’œuvres muettes, sans esprit, mais très médiatiques que l’on labellise « contemporaines ».

Aymen Hacen : Si vous deviez tout recommencer, quels choix feriez-vous ? Si vous deviez incarner ou vous réincarner en un mot, en un arbre, en un animal, lequel seriez-vous à chaque fois ? Enfin, si un seul de vos textes devait être traduit dans d’autres langues, en arabe par exemple, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Carles Diaz : Je ne sais pas vraiment. Vous savez, j’ai parfois l’impression d’avoir déjà vécu plusieurs vies en une seule. Quand je me retourne sur mon enfance, je vois que j’avais déjà l’étrange sentiment d’être en quelque sorte un enfant vieux. Adolescent, j’ai notamment découvert la poésie italienne de la Renaissance, et aussi celle du Siècle d’or espagnol. C’est en lisant Fray Luis de León, Calderón ou Garcilaso que j’ai pu voir pour la première fois mon vrai visage ; j’ai intuitivement compris qu’il fallait consacrer sa vie à façonner les évènements et à cultiver l’art d’apprivoiser son destin. Je ne me projette donc pas sur une vie « autre » que la mienne d’aujourd’hui. Et si je devais incarner un mot, ce serait très compliqué parce que j’aime particulièrement les dictionnaires. Toutefois, je choisirais « étincelle » ; pour un arbre : le cerisier ; un animal : le renard roux.

Le jeu de s’imaginer « autre » ne m’est pas étranger. Pour moi, la poésie et l’art offrent une étendue de possibilités avec pour buts une refondation complète du réel, d’assumer d’autres façons d’exister. J’écris, ici et partout, avec les sensations, les hasards, les songes, les lieux, les interrogations, les contraintes. Quand on écrit, on est toujours en train de chercher quelque chose qui reste indéfinie. C’est pour cela que l’écriture est inconfortable ; elle désigne un espace de marginalité et de silence, de densité et de hantise. Il s’agit de convoquer une présence, de susciter un miracle, de triompher contre l’oubli, contre la mort. Mais je maintiens que l’écriture donne l’opportunité de transformer le quotidien et donne la possibilité, à la condition de le vouloir, de jouer des rôles. Je suis animé par ce désir de la rencontre de l’autre, de devenir l’autre, qu’il s’agisse d’une vie humaine, d’un objet, d’un animal, d’un évènement, d’un phénomène météorologique, ou que sais-je encore. Vous remarquerez que les enfants et les personnes sensibles ont cette capacité fabuleuse d’entrer dans un conte, dans un film ou dans un tableau et de ramener au réel cette part de jeu et de fiction qui nous lie aux premiers hommes, aux épopées et aux légendes. Cette opération est pour certains auteurs un abri, un refuge. Pour moi, ce n’est pas une soustraction à l’existence, mais un recours pour percer la surface du monde, pour trouver une place dans la vie donnée. Au risque de me montrer quelque peu lyrique, je dirais qu’il s’agit de se confondre avec le texte, de multiplier le pain avec l’espérance renouvelée de vaincre la peur et la mort. Lorsque ma main gauche écrit, elle parle et fait parler des visages qui, eux, ne mourront jamais ; j’en ai la certitude.

Aussi contradictoire que cela puisse paraître, je cherche continuellement à trouver une place dans le temps présent, à son plus dépouillé, sous la forme la plus dénouée de littérature ; être en présence du poids lourd de la réalité brute, prendre le pas sur l’histoire, rejoindre quelque chose de très profond et me confronter à ma part d’ombre et de fragilité, en employant la formule de Nietzsche : sequere deum, suivre le dieu. Peut-être, suivre une étoile. Parler et écrire à partir de ce lieu signifie revenir à l’essentiel, se remettre en question, penser contre soi et rester modeste. Il y a cette phrase de Goethe qui me poursuit : « Si j’avais su combien il y avait de grands livres dans le monde, je ne me serais pas mêlé d’écrire, j’aurais fait autre chose ».

Si j’écris depuis mes 14 ans, c’est sans doute parce que je n’ai pas le choix, c’est une quasi question de vie et de mort.

Pour terminer, sur votre dernière question, si l’un de mes textes devait être traduit vers une autre langue, je préfèrerais très probablement choisir Paratge ou bien encore, j’hésite : Sus la Talvera.

Photo de couverture : Carles Diaz par Jeremy Goncalves

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