Dans ce premier texte de la série Ce qui arrive au manuscrit, Selma Guettaf raconte l’envoi de son roman à une maison d’édition et l’attente d’une réponse annoncée pour l’automne.
Après l’envoi du manuscrit, le temps de l’attente
Par Selma Guettaf
J’ai envoyé mon manuscrit à une maison d’édition dont j’avais rencontré l’équipe lors d’un salon consacré aux littératures de l’exil et de la migration. Ce jour-là, j’étais moi-même en signature sur le stand d’une structure qui avait publié certains de mes livres et avec laquelle j’avais également collaboré dans le cadre de sa revue littéraire.
Au moment d’envoyer mon roman, une question un peu dérisoire m’a traversée : est-ce qu’ils vont se souvenir de moi ? Ils sont deux à la tête de la maison. Associés ou en couple, je ne sais pas.
La première attente a été brève.
« Bonjour Selma ».
Je m’arrête beaucoup sur les mots. Sans doute trop. Mais dans ce « Bonjour Selma », plutôt qu’un « Bonjour Madame » ou une formule impersonnelle, j’ai voulu lire quelque chose : peut-être qu’ils me reconnaissaient. Ou peut-être qu’ils répondent simplement ainsi à tous les auteurs.
Ils m’ont expliqué leur calendrier : en ce moment, ils sont pris par les festivals. Puis viendront les vacances. Le travail éditorial reprendra après la rentrée. J’aurai un retour à l’automne. Étrangement, le détail des festivals m’a rassurée. J’y ai vu une maison active, présente dans la scène littéraire, qui fait circuler ses livres.
Et puis il semblerait que je les aie approchés à un moment particulier de leur développement : la maison, initialement consacrée à la poésie, s’est ouverte au roman et travaille actuellement à sa diffusion.
J’ai toujours aimé chercher, pour mes livres, des structures qui gardent la poésie quelque part à proximité. Je ne sais pas très bien pourquoi. Je n’écris pas de poésie. Je ne cherche même pas à en écrire. Mais j’aime qu’elle ne soit jamais très loin. Comme si sa présence disait quelque chose de l’attention qu’une maison pouvait porter à la phrase.
Pour le reste, il n’y a encore rien à raconter.



