Dans « Arabesques purpurines », Les Éditions du Cygne, 2023, 87 pages., Carolyne Cannella explore l’intériorité, la lumière et le mystère à travers une poésie sobre, musicale et spirituelle.
« Arabesques purpurines », les chemins intérieurs de Carolyne Cannella
Par Maggy De Coster
Dans ce recueil de poèmes, Carolyne Cannella décline sa gamme chromatique nous soulèvent et nous transportent dans les sphères évocatrices de son état d’âme et de conscience. Ses mots résonnent à l’ouïe comme les cordes d’un instrument de musique. Délicatement, sa phrasée progresse pour nous relever la mélodie que recèle son antre poétique. Aussi nous livre-t-elle une poésie dénuée de toutes fioritures, qui flirte avec la mystique et spiritualité. Une manière de voir et de penser qui dénote chez elle de la perspicacité en relation étroite avec son intériorité:
« Le trésor caché ne réside
Nulle part ailleurs
Qu’en moi-même »
Sa clairvoyance est telle qu’elle nous enseigne que :
« La juste vision
ne connaît aucun blocage
Elle pénètre toute chose
de sa propre lumière »

Même la métaphysique lui parle et la pousse à comprendre ce qui existe potentiellement et qui se révèle à sa sensibilité, d’où cette affirmation corrélée à une interrogation :
« Le créé n’est rien
Entends-tu l’incréé qui vient ? »
Ici, l’emploi de la deuxième personne, c’est-à-dire du pronom « tu », est peut être une façon de parler de soi en prenant de la distance ou de faire état d’une généralité.
Elle est celle qui perçoit la lumière même dans l’obscurité au cours de ses pérégrinations terrestres :
« Cette obscur
ombre projetée
que la lumière voudrait transpercer »
Ou encore ce bel oxymore qui est très éloquent:
« Lumière de l’obscur
fluence perpétuelle »
Et en optant pour la positive attitude, elle affirme:
« Même si
vers l’inéluctable nous allons
Ce havre de paix en nous rayonne
Immobile et parfait »
Déclarative, elle clame à qui veut l’entendre :
« Oublier le monde à l’entour
faire silence et vibrer
Libérer tout l’espace
pour accueillir
Entrer en résonance…
Jusques au fond du ciel
l’amour étincelle »
Le contrepoint, le prélude, la fugue, tous ces attributs de la musique classique s’incorporent aisément dans la poétique de la poète-musicienne. Avec J. S Bach, maître incontesté de la fugue, elle effectue :
« Un voyage mystique
vers tout ce qui échappe à nos yeux »
C’est avec raison que Antoine de Saint-Exupéry in Le Petit Prince nous a fait comprendre que : « L’essentiel est invisible à nos yeux »
Carolyne nous convie également à :
« Concentrer son esprit /
et le faire revenir à l’Un »
C’est-à-dire : l’unité et l’harmonie de l’univers, corollaire de l’ordre cosmique suprême.
« Boire le soleil
et immoler l’ombre »
Voilà deux hyperboles qui, sans doute, nous font penser aux efforts qu’il faut déployer pour se détacher de l’inessentiel, se redéfinir et valider son existence ! Mais encore ne faut-il pas :
« vivre tout en mourant
avant de mourir
pour ne pas disparaître » ?




