Amar Benhamouche : « Bain de vin sous l’olivier », un recueil bilingue engagé

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Avec Bain de vin sous l’olivier, Amar Benhamouche signe un recueil bilingue fort, porté par l’amour, l’exil et la révolte. Le texte est traduit par Arwa Ben Dhia et publié aux Éditions du Cygne.

Bain de vin sous l’olivier d’Amar Benhamouche : une poésie d’amour, d’exil et de liberté

Par Monia Boulila

Bain de vin sous l’olivier / حمام خمر تحت الزيتونة  est un recueil d’Amar Benhamouche, écrit en arabe et traduit en français. Cette double langue accompagne une écriture marquée par le déplacement, entre deux rives et entre deux mondes.

Amar Benhamouche : Bain de vin sous l’olivier, un recueil bilingue engagé

Dans ses poèmes, il aborde des sujets courants de la vie : l’amour, la tristesse des pertes, ses origines et le besoin de liberté. Le fait d’être loin de chez soi (l’exil) est un thème principal du livre, avec cette impression de toujours être entre deux lieux, sans appartenir totalement à l’un ou à l’autre
L’image de l’olivier revient souvent. Elle représente les racines, mais aussi la résistance. Grâce à cet arbre, le poète garde un lien avec sa terre, même s’il en est éloigné.
Sa poésie est directe et claire. Parfois, elle devient plus ferme ou plus engagée. Elle parle des inégalités, de l’agressivité et des déséquilibres du monde. Mais elle ne tombe jamais dans la tristesse sans issue. L’amour reste une énergie essentielle, presque une manière de tenir debout.
Une présence féminine est constante dans tout le recueil. Il peut s’agir d’une femme aimée, mais aussi d’une image plus large : celle du pays, de la liberté ou de l’espoir.

Le travail de Arwa Ben Dhia permet de faire passer cette voix d’une langue à l’autre de manière fluide et fidèle. L’édition aux Éditions du Cygne ouvre ainsi le texte à un public francophone plus large.
Avec ce livre, le poète propose une poésie accessible, sensible et ancrée dans le réel, qui parle du monde sans détour.

Poèmes choisis

Je ne suis pas un citoyen
(p. 17)

Je n’achète pas ma liberté !
Je n’achète pas ma dignité !
Je ne vends pas mon honneur !
Je ne vends pas ma cause !

Et j’avance vers la gare,
pour déclarer que je ne suis pas citoyen,
je ne suis qu’un passant…

Une goutte d’eau
(p. 57)

Je veux être goutte d’eau dans ta baignoire,
afin de caresser ton corps gracile.

Je veux être larme que tes yeux embrassent
afin d’accompagner l’écoulement de ta tristesse.

Je veux être souverain
pour faire de toi la religion d’un pays…

Sur la plage
(p. 27)

Sur la plage,
Je tiens compagnie à ma solitude.

Je contemple les vagues,
et je m’envole au loin
avec mes pensées d’oiseau errant.

Un rêve brisé et détruit,
ainsi est la vie.

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Poète, traductrice et rédactrice web. Déléguée de la Société des Poètes Français.