Marie Vidal est une photographe qui travaille dans la durée, avec patience et simplicité. Son regard se construit autour du noir et blanc, de la lumière et des lieux qu’elle observe avec attention. Son travail ne cherche pas à impressionner, mais à montrer autrement, avec justesse et sensibilité.
Marie Vidal, photographe : le noir et blanc comme source de lumière
Par Michel Bénard
Marie Vidal ne vient pas directement du monde artistique. Elle fait d’abord des études de comptabilité, puis elle travaille comme livreuse pour un laboratoire photo.
Petit à petit, elle s’intéresse aux images, jusqu’à décider d’en faire son métier. Elle finance elle-même sa formation et obtient un CAP de photographie en 1991.
Ce choix lui a demandé du temps, des efforts et une vraie détermination. En 2004, elle devient finalement photographe professionnelle, après de nombreuses années de travail et de pratique.

Le noir et blanc
Dès le début, Marie Vidal choisit de travailler en noir et blanc. Ce n’est pas seulement un choix esthétique, mais une façon de rendre l’image plus simple et de montrer l’essentiel. En 1987, elle reçoit un premier prix pour une photographie intitulée La Révélation !, ce qui montre déjà que sa manière de photographier et son regard sont valorisés.
Sans la couleur, l’attention se porte sur les formes, les matières et surtout sur la lumière. Celle-ci devient un élément central dans ses images. Elle ne sert pas seulement à éclairer, mais aussi à structurer la photographie et à lui donner du relief.

Photographier les lieux avec attention
Une grande partie du travail de Marie Vidal se concentre sur des lieux, en particulier les églises et les cathédrales. Elle les photographie sans chercher à expliquer ou à analyser. Son regard reste simple, direct, presque naturel. Ce qui l’intéresse avant tout, c’est la lumière. Elle observe comment elle entre dans ces espaces, comment elle touche les pierres, comment elle dessine les formes et transforme les volumes.
Son livre De Cœur et de Lumière, publié en 2010, montre bien cette façon de travailler, basée sur l’observation et sur une attention très fine à la lumière.

Un travail simple et régulier
Depuis 1993, Marie Vidal développe ses projets et ses expositions avec régularité, en avançant de manière indépendante, sans suivre les tendances. Son travail reste fidèle à son regard, centré sur la lumière et la simplicité. Cette constance est reconnue dès 2001 avec un prix pour L’Aubrac, Terre Lumière, puis en 2016 avec le Prix Charles Ciccione pour l’ensemble de son œuvre. Ses photographies, sans effet ni mise en scène, prennent le temps de s’installer. Elles reposent sur une observation attentive, sur la lumière et sur un cadrage juste. Il en ressort une œuvre simple, sincère, qui invite à regarder plus lentement et qui garde sa force dans la durée.



