Guillaume Dreidemie : « Ça dépend des jours », une poésie du temps

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@ Guillaume Dreidemie

Dans Ça dépend des jours, aux éditions La Rumeur libre Guillaume Dreidemie explore le temps, la mémoire et la fragilité de l’existence.

Guillaume Dreidemie face au temps qui passe dans Ça dépend des jours

Par Parme Ceriset

À la lecture des quatre derniers titres de Guillaume Dreidemie, Ça dépend des jours, Lettres, Le Matin des Pierres, Palingenesia : une poétique de l’éternel retour, le rapport au temps qui s’écoule semble tenir une place centrale dans son œuvre.

Le temps, c’est d’abord, pour l’auteur, ce « cercueil blanc » de notre finitude programmée, ce quelque chose qui, en silence, pourrit, comme les « carottes molles » trouvées un matin dans le bac du frigo.

Guillaume Dreidemie : "Ça dépend des jours", une poésie du temps

Au fil des pages, le poète soulève un questionnement intéressant : chez une grand-mère qui perd la mémoire, la conscience peut s’évaporer au fil des mois, au fil des mots qu’elle a perdus, ceux du temps où elle « était quelqu’un », et que, même si parfois elle croit les avoir au bout de la langue, jamais elle ne retrouvera.

Cette tragédie insidieuse, c’est celle des « souvenirs cloués comme des papillons morts ».

Rien ne revient de cette contrée-là, celle « des jours avec et des jours sans », qui peu à peu ne contient plus que les stigmates d’un vide infiniment triste et oppressant.

Pour la femme, la malade, la patiente, la désorientation est totale, avec l’impression terrifiante que « des fourmis du soir rampent dans son crâne »…

Ce thème particulièrement délicat et difficile de la démence sénile et des maladies dégénératives, Guillaume Dreidemie l’aborde avec sobriété, douceur, humilité, et avec une profonde humanité. La nostalgie est distillée par petites touches, dans sa dimension la plus universelle. Ainsi, les rides d’une mère possèdent-elles quelque chose d’inoubliable, comme un parfum de mirabelle, peut-être celui de l’insouciance perdue.´

René Char le disait, « la lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil »… Guillaume Dreidemie possède aussi cette pleine conscience du caractère profondément éphémère de la vie terrestre : « les choses tombent/ je pose un mot / il tombe / je pose une date / elle tombe aussi / tout ce que je dis / finit au sol. »

C’est ce regard sans concession sur la fragilité de notre existence qui confère toute sa force à ce recueil.

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