Disparu le 16 mai 2022, Noureddine Boujelben laisse derrière lui une œuvre exigeante et un engagement constant au service de la poésie en Tunisie. Figure marquante de la scène littéraire sfaxienne, il a contribué à faire vivre les lieux, les ondes et les institutions dédiés à l’écriture.
Noureddine Boujelben 26 mai 1952 – 16 mai 2022
Par Monia Boulila
Hommage au poète tunisien Noureddine Boujelben
Les amis
O ! Les amis
Prenez mon instant
Et construisez vos demeures
Prenez ma vigne
Et pressez votre vin
Prenez mon étoile
Et illuminez votre nuit.
Prenez ma danse
Et éclairez votre chemin
Prenez mon sourire
Et fabriquez votre joie
Prenez mes yeux…
Prenez tout ce que vous voulez
Grâce à vous les amis
Je retrouverai la vue.
Le poète
Noureddine Boujelben demeure l’un des poètes les plus éminents de Tunisie. Son nom reste associé à une génération qui a œuvré pour redonner à la poésie un espace de réflexion et de partage. Aux côtés de Mohamed Baklouti et de Abderrazzak Nizar, il a participé à la renaissance du Club « Nouvelle et Poésie » à la Maison de la Culture Bab Bahr à Sfax, contribuant à en faire un foyer actif de création et de débat littéraire.
Engagé dans la structuration de la vie culturelle, il fut membre fondateur du district de l’Union des écrivains tunisiens à Sfax, avant d’intégrer le bureau national de cette institution. Son action dépassait le cadre de l’écriture : elle relevait d’une responsabilité collective envers la littérature.
Son œuvre comprend notamment L’incroyable révélation, Le vent d’orange et Le poème en prose et la construction de la poétique, essais et recueils qui témoignent d’une réflexion approfondie sur les formes et les enjeux du poème.
La radio fut également l’un de ses terrains d’expression. Sur Radio Sfax, il participa à des émissions marquantes telles que « Radio scolaire » avec Abdel Wahab Zghdan en 1993, puis « Poésie » aux côtés de Nizar Chakroun en 2006, contribuant à rapprocher la poésie du grand public.
Son départ a laissé un vide certain. Mais son œuvre et son engagement demeurent, comme une présence discrète au cœur de la poésie tunisienne contemporaine.
Poème traduit de l’arabe par Monia Boulila




