Abderrahman Ayoub, un grand nous quitte / Monia Boulila
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Hommage à Si Abderrahman Ayoub 

Quarantième jour de la disparition de notre cher

Si Abderrahman Ayoub

Le 12 août nous a quittés notre cher Si Abderrahman Ayoub  mais jamais nous ne pouvons l’oublier.   Comment oublier l’homme aux multiples facettes ? Comment oublier le maître aux nombreux disciples ? Comment oublier l’auteur ? Comment oublier l’homme de l’art ? Comment oublier l’éditeur ? Et comment oublier surtout l’ami ?

Abdrrahman Ayoub, le passionné du patrimoine culturel immatériel, le chercheur et le créateur dans le domaine de l’art et de la culture en général.

Si Abderraham, le maître qui grâce à sa riche culture et son énorme expérience a pu éveiller des esprits, révéler des talents, influencer des orientations professionnelles, voire même déterminer des fois des choix de vie.

Il  travaillait sans relâche  « arrêter de travailler, de lire et d’écrire, c’est arrêter de vivre » disait-il. Il a travaillé jusqu’à la dernière minute de sa vie, laissant sur son bureau un nouveau livre prêt à être édité ; il a même conçu les petits dessins accompagnant les textes. Perfectionniste est-il resté jusqu’au dernier souffle !

Cher ami Si Abderrahman, je ne sais comment exprimer combien notre amitié fut  précieuse. Une amitié pleine de générosité, de bonté, et surtout de conseils quant à mon parcours de poète.

Je ne peux oublier l’histoire de mon dernier recueil « Ressac de lumière » qui est en même temps le titre d’un poème que nous avons écrit ensemble, tu as écrit la première strophe me demandant de le terminer, tu en as été tellement content  que tu l’avais envoyé à, Claire, ta fille : « Ma fille adorée,

Ce poème est démarré par moi, puis repris par la poétesse Madame Monia Boulila, qui l’ait revu à sa façon. »

« Berbère, je suis

Sur la civière d’océan de ténèbres

Et face au tourbillon de sable,

Téméraire je creuse vers les larmes de fond

Mais la lumière ne vient point.

Et moi, je ne cesse de revendiquer la vie

…..»

Et quand je t’ai proposé de notifier sous le poème  « poème à deux voix » … tu as souri, et tu m’as dit : « Non pas la peine de notifier cela, car comme je te connais, l’enfant en toi ne saura pas garder le secret ! »

Ta joie fut grande quand tu as su que ce recueil sera édité par Les Poètes Français à Paris, une joie empreinte de fierté.

Je n’oublierai jamais ton refus d’éditer mon premier recueil de poèmes ! Un refus écrit à la main avec un stylo pointe fine noire sur une feuille de papier blanc-nacré, en bas de la page un petit cercle doré dans le quel est écrit « L’or du temps » !  Un élégant refus accompagné de conseils qui m’ont aidé à être ce que je suis. Tu souriais chaque fois que je parle de ce  refus !

Cher ami, que de souvenirs et d’images inamovibles :

Tu aimais la mer au point de la simuler dans ses flux et reflux.

Tu aimais ton île Kerkena au point d’en être boussole

Tu aimais les mots au point d’en faire des étoiles

Tu aimais la beauté, tu ne cessais de l’affabuler…

Tu aimais Jamila, quand tu parlais d’elle, le monde devenait beau !

Tu aimais claire, quand tu parlais d’elle, tu devenais lumière !

Cher ami,

De toi il restera les rayons de ton esprit, de tes écrits et de tes étoiles

De toi il restera la mer du savoir

De toi il restera les flux et reflux de l’amitié et de l’amour

De toi il restera le petit sourire

Non cher ami, tu ne nous quitteras jamais, ta mémoire nous habitera pour toujours

Repose en paix si Abderrahman

Épitaphe

De la triste nuée du cœur

tombe un flot de mots

sur la pierre de la tombe

et l’orne d’une stance

qu’aucune brise n’efface

« Celui qui dort ici

est dépouillé de son souffle

mais pas de ses étoiles »

 

Monia Boulila

Le 21 septembre 2021

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